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Bright Lights, Big City

Par Fibula
Bright Lights, Big City, Jay McInerney, Éditions de l'Olivier / Le Seuil, 1997 (Version originale, 1984)
Bright Lights, Big CityRetour dans le passé pour moi avec ce livre de Jay McInerney au lyrique titre. Bright Lights, Big City, premier ouvrage de l'Américain Jay McInerney, relate les frasques d'un jeune homme de 24 ans, abandonné par sa femme, qui se jette dans la drogue, les sorties, et le suicide professionnel dans un New York branché, au milieu des années 80.Ce livre a propulsé en 1984 Jay McInerney (né en 1955) sur la scène littéraire américaine, avant même Bret Easton Ellis, qui s'est faufilé dans les mêmes voie / voix littéraires que lui en 1985 avec son livre Less Than Zero.
Entièrement écrit au "tu", permettant une identification rapide au personnage principal, nous vivons ses déboires, ses malaises, ses maux de tête, ses deuils en même temps que lui. Bizarrement, j'ai connu Jay McInerney par son dernier roman (il a aussi publié un recueil de nouvelles après), La belle vie, publié en 2007 aux Éditions de l'Olivier, et dont je vous ai parlé ici. Je m'étais bien juré d'y revenir.Bright Lights, Big City est un roman important dans le sens qu'il a initié une certaine littérature, regroupé par certains sous le nom Brat Pack, écrite par des « morveux littéraires ». C'est un roman miroir d'une génération américaine désabusée, génération X dont les idéaux passaient à travers les rails de cocaïne qu'elle était capable de sniffer. Bret Easton Ellis dira de cette période : « Pure poudre aux yeux, j'étais épuisé par tout ce cirque » (Lunar Park, 2005).
En 1986, le livre avait été publié en français sous le titre Journal d'un oiseau de nuit. Celui-ci indique plus clairement le sujet du livre, puisqu'il est en effet question essentiellement des errements du personnage principal dans le milieu de la nuit. La plus grande partie du récit se contente de relater les différents épisodes de la déchéance de notre anti-héros, mais nous assistons progressivement à sa prise de conscience face au deuil qu'il vit après le décès de sa mère. L'avant-dernier chapitre (La relève de la garde) représente en cela une parenthèse, à l'image du titre Bright Lights, Big City, passage lyrique et bouleversant où le jeune homme verbalise finalement avec son frère tout ce qui l'a propulsé dans son malheur et dans son déni.
« Avant d'apprendre la nouvelle, tu n'aurais jamais cru pouvoir survivre à la mort de ta mère. Déchiré comme tu l'étais entre ta conviction de devoir te jeter sur son bûcher funéraire, et son désir à elle, de ne pas être inutilement pleurée, tu ne voyais pas de réaction susceptible de satisfaire à ces deux conditions. Quand elle est morte, il y avait si longtemps que tu l'appréhendais que tu ne savais plus ce que tu éprouvais. Après son enterrement, tu as plongé en toi-même, cherchant des signes vitaux, pour ne trouver que vide et désolation. Tu as attendu que se manifeste ton chagrin. Tu commences à comprendre qu'il a mis neuf mois à éclater - à la faveur du départ d'Amanda. » (p 162)
Un livre choc, aux personnages politiquement incorrects, qui se cherchent et ne se trouvent pas toujours dans la poudre blanche et d'autres plaisirs fugaces. L'histoire pourrait être redondante, mais par sa brièveté (182 pages), elle se lit rapidement, au même rythme que la vie du personnage qui se déroule sous nos yeux. Il s'agit également d'un témoignage foisonnant de nombreux détails relatifs aux années 80.

Bright Lights, Big City a été adapté au cinéma, par l'auteur lui-même, et réalisé par James Bridges en 1988. Le personnage principal était joué par Michael J. Fox. Il est question d'un remake qui devrait sortir en 2013, réalisé par Josh Schwartz, un jeune scénariste et réalisateur américain.
Humeur musicale : Timber Timbre, Creep On Creepin' On (Full Time Hobby/PIAS, 2011)

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