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Un pont trop loin

Publié le 05 avril 2011 par Paulo Lobo
Un pont trop loinA force de chercher les échos du passé, les oiseaux tournent en rond dans le ciel ébloui. Nous faisons des images qui seront perdues toute façon. J'ai lu un commentaire sur YouTube qui exprimait une grande préoccupation. Que léguerons-nous aux générations futures? Quelles cultures, quelles créations, quelles musiques, quels films, quelles images? Il me semble que tout ce que nous produisons est, dans l'immédiat, consommé et effacé. Une image sur Facebook, à quoi ça sert? Une image, deux images, trois images, une pensée, une discussion, une révolte? Pas plus que des conversations de café... Personne ne sait vraiment ce qui nous attend. Nous sommes pris au piège de la communication instantanée et jetable. Terrible sentiment de vide existentiel et cosmique. A force de tourner en rond afin de tromper notre ennui, on finit par acheter un p'tit quelque chose ou un équipement plus grand. Pour oublier l'horloge, on conmence à meubler les pièces, ensuite on se prend à modifier l'emplacement des tables, fauteuils et armoires. Et puis il y a les choses essentielles qu'on apprend à dissimuler, le fils, le père, la mère. L'amour. L'amitié. Je cherche ton regard, je le trouve, j'en fais quoi, le pont est-il réel ou est-il trop loin? Le face-à-face n'est qu'un leurre, un pis-aller. Il faut chercher plus en profondeur, se poser des questions, refuser les cajoleries, affronter les brigands aux idéaux perdus.
De plus en plus, nous perdrons la capacité du partage. Les technologies nous feront défaut.
L'électricité est un vilain défaut et un faux ami. Tu lui tournes le dos, et elle te poignarde. Accumule ta charge, et ça t'explosera à la figure. Pourquoi veux-tu être célèbre? Pour exister, pour qu'on te rassure, pour avoir envie de vivre? D'autres l'ont fait avant toi et d'autres viendront après toi.
Tu lis, tu ris, tu écris, tu cries, tu pries. C'est peut-être ce qu'il te reste de mieux à faire, prier. Parce que tu sais fort bien que tu n'es rien, tu n'as aucune valeur réelle, dans le sens absolu, tu n'es qu'un agglomérat de poussière et tu t'envoleras au souffle de la première tempête. Tu ne veux pas te battre, mais cela ne change rien, tu seras impuissant, tu seras léger comme une plume, tu seras inexistant, tu seras celui qu'on ne cherchera pas, tu ne seras pas là.
Il y a encore la possibilité de se mettre à la fenêtre. Ne plus bouger du tout, écarter les rideaux et regarder les gens passer...

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