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Bertrand de Saint Vincent vous ouvre le Tout Paris

Par Bscnews
Bertrand de Saint Vincent vous ouvre le Tout Paris Par Emmanuelle De Boysson - BSCNEWS.FR / Le tout Paris ! Bertrand de Saint-Vincent est de toutes les soirées, vernissages, cocktails, dîners, galas, premières, générales. Ses chroniques au Figaro, ironiques, légères, Fiztgeraldiennes, décrivent la comédie humaine chez les puissants. Un régal, un style subtil : Saint-Vincent, le magnifique.
Comment êtes-vous devenu chroniqueur au Figaro des soirées parisiennes ? Est-ce un choix ? Une manière de décrire l’histoire de France, comme vous le dites ?
Je souhaitais tenir une chronique quotidienne au Figaro. L’arrivée à la direction d’Etienne Mougeotte, et le désir de Sébastien le Fol et d’Anne-Sophie von Claer, qui dirigent le cahier « Et vous », de le dynamiser ont permis qu’elle voit le jour. C’est une manière de raconter, sur le vif, par le biais d’événements ayant trait à la culture ou à l’art de vivre, l’Histoire de France ; et surtout de décrire ce dont je ne me lasse pas, la comédie humaine, à travers le prisme d’un échantillon parisien représentatif de l’air du temps. J’ai la chance d’avoir une grande liberté, c'est-à-dire de pouvoir choisir mes sujets et bien sûr, mon ton. Cela me permet de mettre en pratique ce sain précepte de Beaumarchais : Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur.
N’est-ce pas contraignant de sortir tous les soirs ? Dans quel état d’esprit vous y rendez-vous ? Comment faites-vous pour restituer une ambiance ? Etes-vous parfois déçu ou agréablement surpris ?

Sortir tous les soirs est une contrainte. Mais à tout prendre, c’est plus enrichissant que de passer la journée devant son ordinateur. Je le prends comme une gymnastique ; tonique. Et une chance. Le décor est magnifique, les événements, et les participants, souvent de qualité. J’y vais avec un minimum d’à-priori. J’aime être surpris. Je flâne, je hume, je discute, j’écoute. Je ne m’ennuie pas. Il y a toujours quelque chose de drôle, d’insolite, de beau. J’essaie de me faire une impression. Et je tente de la restituer. C’est l’esprit des lieux, d’un moment qui m’intéresse. Parfois je suis déçu, parfois enthousiasmé. Je ne triche pas. J’exprime ce que je ressens, avec un brin de distance, voire de détachement. Je crois que c’est ce que les gens apprécient.
Bertrand de Saint Vincent vous ouvre le Tout ParisQuels sont les ingrédients d’une fête réussie ?
Il n’y a pas de recette miracle. A mes yeux, une fête vraiment réussie, originale, doit savoir mélanger les genres. Il ne faut pas se cantonner à regrouper dans un lieu des invités qui se ressemblent. Sinon, c’est une réunion de travail.  L’idéal est qu’ils viennent d’horizons divers et qu’ils soient tous là pour la même chose. Après, entrent en ligne de compte l’organisation, le lieu, la qualité des plats, des événements mis en scène, du champagne, des convives et, nec plus ultra, si c’est un diner, la qualité de vos voisins de table.
« Tous ces personnages tournent sur la scène parisienne comme sur eux-mêmes et donnent le sentiment de jouer dans la même pièce », écrivez-vous.  Que pensez-vous que cet « entre soi » de la bourgeoisie et des affaires ?
Il y a, aujourd’hui comme hier, des codes, des manières d’être, une homogénéité des classes sociales qui se retrouvent. Ce que je regrette parfois, c’est le manque de fantaisie, de liberté, de folie même de ce milieu qui pourrait – et devrait- se le permettre. Un riche aujourd’hui, c’est souvent quelqu’un qui se demande comment le rester. Au fond, ce monde ressemble à l’époque : il a peur. Peur de montrer ce qu’il est, de dire ce qu’il pense. Il n’y a plus de grands seigneurs, de reines du soir, d’aventuriers, d’aristocrates capables de se « moquer » du monde. Les marques, qui détiennent l’argent, ont pris le pouvoir et font régner une sorte de rigidité sur les fêtes. La représentation est assez prévisible, même s’il peut y avoir, ici ou la, des surprises.
Observateur amusé voire mordant, qu’est-ce qui vous intéresse, vous attire le plus dans cette comédie humaine ?
J’aime chez les êtres leur fêlure ; c’est mon coté Fiztgeraldien. Tous ces gens qui ont tout, qu’est-ce qui leur manque ? Ca m’amuse d’essayer de les  comprendre ; je ne les juge pas, je ne suis pas là pour ça. Il y a assez de commentateurs éclairés pour donner leur opinion. Je les observe, je raconte leurs gestes, leurs propos. Il leur arrive de grincer un peu des dents, mais dans l’ensemble, ils jouent le jeu. Ils savent que c’est du théâtre et qu’il importe de ne pas se prendre trop au sérieux.
Vos meilleurs souvenirs ? Vos préférences vont-elles aux cocktails littéraires ? Aux dîners en ville ?
Mes meilleurs souvenirs sont liés à des rencontres, des sourires, des conversations. A l’invitation de Jean-Jacques Aillagon, j’ai par exemple eu le privilège de dîner à Versailles dans l’antichambre du Roi. C’était un moment simple et éblouissant. Il y en a eu d’autres. Les cocktails littéraires sont un peu convenus ; ça manque d’écrivains. Ma préférence va aux diners assis. C’est un petit moment d’Histoire. J’aime les mots. Il y a parfois des convives passionnants et souvent des femmes élégantes. Avec ceux- ou celles- qui ont de l’esprit, je suis au paradis.
Gardez-vous des relations amicales avec certains personnages de ce monde qui se donne en spectacle ?
Oui. En gardant à l’esprit cette recommandation de Stendhal : ne jamais être dupe.

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