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Anthologie permanente : Alejandra Pizarnik

Par Florence Trocmé

Imminence 
 
Et le quai gris, les maisons rouges. Et ce n’est pas encore la solitude. Et les yeux voient un 
carré noir avec, au centre, un cercle de musique lilas. Et le jardin des délices n’existe qu’hors 
des jardins. Et la solitude c’est de ne pouvoir le dire. Et le quai gris, les maisons rouges. 
 
 
En un automne ancien 
 
Comment s’appelle le nom ? 
 
Une couleur comme un cercueil, une transparence que tu ne traverseras pas. 
 
Et comment est-il possible d’autant ne pas savoir ? 
 
 
Continuité 
 
Ne pas nommer les choses par leurs noms. Les choses ont des bords dentelés, une végétation 
lascive. Mais qui parle dans la chambre pleine d’yeux ? Qui mordille d’une bouche de 
papier ? Noms qui s’approchent, ombres avec masques. Soigne-moi du vide – me dis-je. (La 
lumière s’aimait dans mon obscurité. Je sus qu’il n’y en avait pas quand je me surpris à dire : 
c’est moi.) Soigne-moi – dis-je. 
 
Alejandra Pizarnik, L’autre rive, traduit de l’espagnol et préfacé par Jacques Ancet, Editions Unes 1983 
 
 
[Claude Mouchard] 
 
Alejandra Pizarnik dans Poezibao :  
Bio-bibliographie, extrait 1, extrait 2, extrait 3, extrait 4, Journaux 1959-1971 
 
 
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