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Economie globale, encore une année d’incertitudes

Publié le 11 avril 2011 par Edelit @TransacEDHEC

Les troubles au Moyen-Orient et le cataclysme au Japon ravivent l’incertitude sur les marchés.

2011 était sensée être une année no stress pour l’économie globale. Depuis janvier, la crise financière s’était peu à peu dissoute et la crise de la dette souveraine européenne paraissait moins grave que prévu. L’économie américaine se redressait.  Certains  investisseurs avaient  à nouveau confiance dans les actions et vendaient leurs obligations qu’ils avaient achetées durant la période de troubles de la crise.  La seule crainte était que les pays émergents aient une croissance trop rapide  et que cela implique une hausse des prix des matières premières.

L’année sans crise ne sera pas 2011. Les mouvements dans les pays arabes ont bien fait bouger le pétrole sur les marchés.  Séismes, tsunami et accidents nucléaires sont en train de démolir la troisième économie mondiale.  Quelle sera l’ampleur de la rechute engendrée par ces deux crises ? Comment les instances économiques vont-elles  réagir face à ces évènements (quasi) imprévisibles?

La part Japonaise dans la production mondiale s’effondre depuis des années mais à 9% elle reste suffisamment importante pour impacter l’économie globale.  Le Japon est en effet dans certains cas le seul fournisseur de biens intermédiaires dans l’industrie de l’électronique et de l’automobile. Il fournie par exemple à Apple la vitre de ses iPad ou encore les boites à gants des Volkswagen.  De nombreux constructeurs ont dû ralentir ou arrêter leurs livraisons à cause des routes endommagées, des coupures de courant ou bien même du manque d’approvisionnement de leurs propres fournisseurs. Ces effets se sont répandus bien au-delà du Japon, provoquant des faillites de la Corée du Sud jusqu’à l’Espagne.  On retient davantage les pertes de production mais ces pertes sont généralement  compensées par la reconstruction qui suit ce genre de désastre et qui donne un coup de fouet à la croissance.

Les effets des troubles politiques dans les pays arabes sont difficiles à mesurer parce que le prix du pétrole était déjà en train de monter grâce une reprise apparente de l’économie globale. Néanmoins, un bon quart de l’augmentation du prix de cette année semble dû aux inquiétudes qu’ont fait peser ces troubles sur l’offre. Habituellement,  une augmentation de 10%  du prix du pétrole entaille de 0.2% la croissance mondiale.  Au début de l’année, celle-ci semblait être de 4-4.5%. Une rapide estimation indique que les deux crises ci-dessus vont réduire ce chiffre d’un quart de sa valeur.

Et cela pourrait être pire. Les crises, de part leur nature, créent un nuage d’incertitude. Les entreprises repoussent leurs investissements et leurs recrutements jusqu’à ce que la brume se dissipe. Les investisseurs cherchent de la stabilité des bons du trésor et perdent leur goût pour des produits financiers  plus volatiles.

Les responsables politiques et économiques ne peuvent pas établir la paix entre les dirigeants des pays arabes et leurs peuples ni stabiliser les réacteurs nucléaires du Japon mais ils peuvent minimiser les dommages collatéraux. La banque du Japon supporte un lourd fardeau. Ses efforts pour enrayer la déflation  depuis les 15 dernières années ont souvent été trop timides.  On ne pourrait pas en dire autant de sa réponse aux tsunamis. Le Japon  a versé des liquidités dans le système bancaire en prévention d’un vent de panique.  Il a en outre élargi ses achats de dettes gouvernementales et a investi dans les entreprises afin de les soutenir.  Seul davantage d’assouplissement quantitatif (quantitative easing)  peut empêcher les rendements des obligations de s’envoler alors que le gouvernement emprunte pour la reconstruction et combattre la déflation.

Que devrait faire le reste du monde ? Dans un élan de sympathie, le G7 a soutenu la banque du Japon en vendant le Yen après qu’il ait piqué du nez de manière dramatique. De telles actions devraient pourtant être limitées. Le Japon est trop dépendant des exportations et sa priorité devrait être de stimuler la demande des ménage et d’en finir avec la déflation, pas de brader le Yen. Pour aider le Japon, il serait plus utile de s’assurer que les craintes d’irradiation des produits japonais ne deviennent pas un prétexte de protectionnisme.

JLVH – LVMH ?


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