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PINA de WIM WENDERS

Par Abarguillet

PINA de WIM WENDERS   VIDEO

Au premier plan, quelques sièges vacants invitent, par la magie du cinéma, le spectateur à se glisser dans la salle du ­Tanztheater endormi. Au fond du plateau vide, une photo. Pina Bausch, le regard bleu, le sourire doux et son éternelle cigarette à la main.
Sur l’écran, quelques mots en guise de préambule : « Pour Pina, de notre part à tous. » Soudain, échappée de l’univers de la chorégraphe, une femme surgit. Sa nudité n’est cachée que par un accordéon. Bientôt, une autre apparition : un cortège d’hommes et de femmes en tenue de soirée serpente à travers de grands voilages tendus sur la scène du théâtre de Pina Bausch en Allemagne.
En quelques minutes à peine, le spectateur est conquis par ces images à la beauté singulière. Ici, la 3D, utilisée pour la première fois dans un film art et essai, se situe aux antipodes des tapageuses productions hollywoodiennes.

Une quête de plus de vingt-cinq ans

ette technique, le réalisateur des Ailes du désir a inventé une façon brillante de donner corps à la danse au cinéma.
Sa quête aura duré plus de vingt-cinq ans, depuis que Pina et lui, dès le début de leur amitié, ont commencé à rêver ensemble ce film sur la danse. En 2007 enfin, Wim Wenders découvre avec la 3D la possibilité de concrétiser leur projet.
Sa compatriote choisit pour fil conducteur quatre de ses pièces : Le Sacre du printemps, Café Müller, Kontakhof et Vollmond. Les répétitions sont en cours et le matériel arrivé à Wuppertal lorsque Pina Bausch meurt brutalement le 30 juin 2009. Wim Wenders abandonne le tournage avant de se raviser deux mois plus tard, encouragé par les danseurs orphelins.

La 3D supprime la barrière entre le public et la danse

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L'oeuvre collective d'une troupe

Porté par Wim Wenders, Pina est aussi l’œuvre collective de la troupe du ­Tanztheater de Wuppertal. Un à un, les danseurs s’install le message du groupe. Les visages apparaissent muets, songeurs, souriants ou mélancoliques.
Leurs mots enregistrés en parallèle accompagnent avec délicatesse, il donne accès à une touchante intimité, cette même intériorité que la chorégraphe recherchait dans ses créations.
Dans leurs paroles, il est beaucoup question du regard de Pina Bausch, infatigable scrutatrice de l’âme humaine. Un regard perçant, impressionnant parfois, et surtout révélateur du meilleur d’eux-mêmes. Ils évoquent aussi ses mots, si rares mais toujours précis et puissants.
Pina Bausch s’était choisi la danse comme langage et c’est par leur corps que les danseurs livrent leur témoignage le plus juste. Le film est émaillé de menues formes chorégraphiques imaginées, non sans humour, par les membres de la troupe à partir de leurs souvenirs. Autant d’hommages individuels qui dessinent par petites touches un portrait sensible de la célèbre chorégraphe.

La danse s'invite partout

Wuppertal, sa ville depuis 1973, et ses environs servent de décor à ce joli tableau. Portée par une bande sonore bigarrée, la danse s’invite partout : dans le métro suspendu, à la piscine, au parc, dans une usine désaffectée, dans une carrière désertique…
Cheveux au vent, pieds nus sur le bitume ou dans l’herbe fraîc que savait si bien peindre Pina Bausch. Le cadeau des danseurs à leur chorégraphe, et à ceux qui l’ont aimée, est magnifique.
Café Müller.
Sa présence visible reste parcimonieuse. Son regard, lui, illumine l’ensemble de cette extraordinaire rencontre entre la danse et le cinéma, une conjonction entre deux immenses talents que même la mort n’aura pas pu contrarier.

Marie-Valentine CHAUDON


Les Films du Losange

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