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On en parle - Les ravages des faux souvenirs, ou la mémoire manipulée, de Brigitte Axelrad

Par Benard

Une autre invention psychanalytique : les personnalités multiples

par Brigitte Axelrad - SPS n° 293, hors-série Psychanalyse, décembre 2010

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Brigitte Axelrad est professeur honoraire de philosophie et de psychosociologie, et membre du comité de rédaction deScience et pseudo-sciences. Elle vient récemment de publierLes ravages des faux souvenirs, ou la mémoire manipulée, aux éditions book-e-book.

« La psychanalyse est cette maladie de l’esprit dont elle se considère comme le remède »

Karl Krauss, cité par Mikkel Borch-Jacobsen [1]

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En 2008, un article paru dansCerveau & Psycho, « La mémoire violée » [2], rapporta le cas de Sheri Storm [3], une jeune Américaine qui présentait, selon son psychiatre, un syndrome de personnalité multiple. Sheri Storm avait découvert un matin de février 1997, en ouvrant son journal, qu’une patiente, Nadean Cool, intentait un procès contre son psychiatre pour avoir « implanté » des faux souvenirs dans son esprit. Il s’agissait de Kenneth Olson, son propre psychiatre.

Sheri Storm était entrée en psychothérapie pour soigner insomnie et anxiété liées à son divorce et à sa nouvelle carrière. [4] Le psychisme de Sheri s’était fragmenté en deux cents personnalités différentes. Elle comprit alors que son trouble de personnalité multiple était « iatrogène », c’est-à-dire produit par sa thérapie. Elle intenta à son tour un procès à son thérapeute. En 2007, elle attendait toujours que son cas soit jugé.

Le trouble de personnalité multiple

Le trouble de personnalité multiple serait un éclatement du moi causé par des abus sexuels répétés dans l’enfance, refoulés et qui ressurgiraient dans l’une ou l’autre des personnalités. La personnalité principale est la personnalité hôte, souvent introvertie et dépressive. Les « alters » (personnalités secondaires) peuvent être d’âge, de caractère, de sexe, voire d’espèces différentes. Le patient peut devenir successivement un enfant avec un comportement et une voix d’enfant, une femme alors qu’il est un homme… Certains alters peuvent être boulimiques, alors que d’autres sont anorexiques, ils peuvent ne pas tous parler la même langue, les uns ont besoin de lunettes et les autres non, l’un est alcoolique, l’autre est toxicomane… Lorsque le patient fait le récit de sa vie au thérapeute, celui-ci remarque que la trame narrative n’est pas complète, qu’il a des « périodes de temps perdu ». On est surpris par le côté répétitif de ces scénarios, leur ressemblance et, en fin de compte, le conformisme manifesté.

Lire la suite :  http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1550


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