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La ballade de Gueule-tranchée de Glenn Taylor

Par Sylvie

ETATS-UNIS (Premier roman)

 

La ballade de Gueule-tranchée de Glenn Taylor

Editions Grasset, 2011

 

Ce premier roman picaresque d'un jeune auteur originaire de Virginie aurait pu être un véritable chef d'oeuvre. Le Guardian le considère comme un héritier de Faulkner, Twain ou encore McCullers. C'est un peu trop !

Tout démarre sublimement....

 

Un nourrisson est jeté dans la rivière par sa mère dément, persuadée qu'il est enfant de Satan. Early Taggart est recueilli par une bouilleuse de crue clandestine qui l'élève comme son propre fils. Mais il est à jamais marqué par les conséquences de sa chute dans l'eau glacée qui lui a causé une infection des gencives. On le surnomme "Gueule tranchée". D'une force invincible, il devient chasseur d'ours  puis charmeur de serpent dans une drôle d'église méthodiste, puis "cunnilungiste réputé" ! puis héros de la révolte des mineurs de Virginie occidentale dans les années 20. Il tue alors plusieurs personnes représentantes de la loi et de la compagnie des mines et devient ainsi un hors-la-loi.

 

Tout ça brillamment raconté sur 160 pages, un conte picaresque bien rythmé, drôle et tragique en même temps. Puis, tout à coup, tout s'accélère !

 

Les différentes facettes du personnage haut en couleur se succèdent à la vitesse grand V : il devient un vrai sauvage dans la forêt, puis un bluesman, puis participe à la campagne de Kennedy, puis devient journaliste et obtient le Prix Pulitzer.

 

108 ans d'une vie bien remplie racontée en 350 pages ! C'est trop peu ! Pourtant, il y avait dans ce roman tous les ingrédients délicieux du grand récit américain : une grande fresque qui brasse les grands thèmes de la société de ce pays : lutte pour la démocratie et la justice sociale, défense de l'environnement, histoire du blues, légendes des parias et des hors-la-loi.

 

Il aurait fallu une grande épopée à la Don DeLillo de 500 à 1000 pages. Nous nous retrouvons avec une épopée hachée en tous petits épisodes.

 

Ne soyons pas trop sévères : c'est un premier roman, il y a de très bonnes bases pour les prochains opus. Attendons-les donc !


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