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Interview // The Tellers

Publié le 19 avril 2011 par Letrockruleradio
Interview // The Tellers
Un jeudi soir à Bastille, un jour de grand soleil. Autant dire que les terrasses de cafés étaient pleines à craquer ! C’est dans cette ambiance quasi-estivale que j’ai rencontré Ben, Joos et Fabrice du groupe The Tellers. Après une tournée délirante aux States, nos amis belges étaient à Paris pour faire la promo de Close the Evil Eye, leur très bon 2ème album produit par Gordon Raphaël (producteur des Strokes) ! Une rencontre aussi drôle que touchante…
Vous voilà avec un 2ème album, alors qu'on aurait pu croire à un moment que le groupe allait disparaître suite aux départs de 3 des membres. C'est plutôt une bonne nouvelle non?
Ben: Ouais, c'est un peu inattendu et ça nous fait plaisir. On a réussi à reconstruire le groupe alors qu'à la fin de la tournée européenne en 2009, ça paraissait compromis.
Vous vous présentez donc sous un nouveau lineup. Comment vous connaissiez-vous?
Fabrice: J'avais déjà travaillé avec The Tellers auparavant. Puis j'étais parti travailler sur d'autres trucs. Pendant ce temps là, j'avais déjà envie de retravailler avec Ben mais je ne lui en ai pas parlé. Je voulais que ça se fasse naturellement.
B : Le batteur lui faisait parti d’un groupe de Namur et comme la Belgique est un petit pays où tout le monde se connait plus ou moins, on lui a proposé de venir et il a accepté. Quant à Joos, il a intégré le groupe via un casting.
F : Bien qu’il ait été casté, il s’est parfaitement intégré au projet. Maintenant, il est même devenu un ami. De toute façon, c’est un vrai caméléon, il aurait pu se fondre dans n’importe quel groupe de n’importe quelle nationalité ! (rires) D’ailleurs, il ne parlait pas le français quand il est arrivé.  Aujourd’hui il a bien appris.
B : Enfin, Aurélie nous a rejoint il y a peu de temps.
D’ailleurs, c’est la seule fille du groupe. Elle arrive à se faire entendre ?
F : Oh oui !!! Elle a du caractère, crois moi ! (rires)
Finalement, vous semblez avoir trouvé un bon équilibre…
F : Oui, on se complète très bien. Certains d’entre nous sont plutôt pessimistes, d’autres comme moi sont plutôt enthousiastes… On est un mélange d’énergies qui tirent le groupe vers le haut.
Témoin de cette cohésion, votre 2ème album est très réussi et salué par la critique. On sent que votre musique est plus musclée que ce qu’on a pu entendre auparavant. Qu’en pensez-vous ?
B : C’est vrai. Sur le 1er album, on avait fait des chansons mais on n’avait pas de dynamique de groupe. On les avait enregistrées avec des musiciens professionnels et ça manquait de cohésion. Ce nouvel album est plus musclé car on l’a travaillé ensemble, jusqu’aux arrangements.
On sent aussi une forte présence de la basse. Elle rythme bien dans vos chansons…
F : Pendant les enregistrements, quand ils avaient le dos tourné, j’augmentais le niveau de la basse sur la table de mixage! (rires) A la base, je suis plutôt guitariste. J’aime les mélodies. Du coup, à la basse, je n’avais pas envie de jouer en retrait. Je trouve d’ailleurs que ça apporte un véritable plus à nos chansons. Et puis il faut dire aussi que Gordon Raphaël y a été pour beaucoup dans la qualité de notre son !
J’allais justement y venir. Gordon Raphaël, producteur des Strokes entre autres, a collaboré avec vous sur cet album. Comment l’avez-vous vécu ?
Fab traduit ma question à Joos…
Joos (dans un français maladroit): C’était super !
B : En fait, Gordon voulait garder l’énergie qu’on a sur scène. On a apporté le matos et là, il nous a demandé de partir ! Quand on est revenus, il avait tout organisé à sa manière. Il y avait des câbles dans tous les sens, des amplis branchés d’une façon qu’on n’aurait jamais pensée ! Et là il nous dit « allez-y, jouez les gars ! ». On a joué nos morceaux 4/5 fois, pas plus. Et lui, derrière sa cabine, il préférait à chaque fois la 1ère prise !
F : Et quand il n’aimait pas, on le voyait vite : il commençait à bidouiller son Iphone ! (rires)
L’enregistrement n’a pas du prendre trop de temps…
B : Autant sur les enregistrements on n’y a pas passé beaucoup de temps, autant il pouvait passer beaucoup de temps sur les arrangements, tout seul sur son synthé, à chipoter des trucs pour trouver le bon son. Une fois, il a même passé 2 jours à casser du verre juste pour trouver le son parfait ! (rires)
En même temps, vous étiez en confiance non ? Vous vous disiez que ce mec là ce n’est pas un débutant…
B : Au début, on a eu super peur honnêtement! On s’est même demandé si c’était bel et bien lui…
F : Mais en fait c’est un magicien ! Par exemple, I wish devait durer plus de 8 minutes avec à la fin toute une partie instrumentale. Pour la faire, son seul but était que les couleurs sur son écran soient harmonieuses ! (rires)
En écoutant votre album, j’ai constaté que 2 des 3 morceaux les plus doux sont placés à la fin (I wish et 7 words). Pourquoi ce choix ? Vous ne saviez pas où les caser ?...
F : Ce n’est pas facile de faire la tracklist d’un album. On adore ces 2 chansons, mais toutes ces décisions arrivent en fin de processus, au moment où tu es content de tes chansons mais tu n’as plus le recul nécessaire.
B : Le mastering américain et européen est différent. D’ailleurs, c’est dingue : on n’a pas l’impression d’écouter le même disque ! Dans la version américaine, on rentre tout de suite dans une ambiance plus dynamique.
Tant qu’on est sur la tracklist, votre album est une succession de différentes ambiances tantôt pêchues, tantôt plus folk, voire même carrément douces. J’ai lu à ce sujet quelques critiques sur le net qui disent que vous perdez un peu vos auditeurs. Qu’avez-vous envie de répondre à cela ?
B : La musique est un art. Et quand je me lève le matin et que je me dis « j’ai un morceau », je ne pense pas à faire du folk parce qu’on est un groupe folk, ou du rock…
F : L’idée c’était surtout de ne pas faire la même chose que sur le 1er album. Ce virage, ces changements d’ambiance, c’était voulu ! On peut comprendre que certains fans ne s’y soient pas retrouvés. Ce n’est pas grave. Notre but c’est aussi de se faire plaisir et d’avancer là où on a envie d’aller !
Après la musique, parlons des textes. Qui écrit ?
B : C’est moi qui écris les textes, sauf pour I’ve got a world. Sur ce morceau, Fabrice m’a aidé car les circonstances ont fait qu’il a perdu un ami proche, qui était le batteur de Girls in Hawaï. La chanson partait déjà dans cette idée là, mais on l’a changée en plein studio car on voulait lui faire un clin d’œil.
F : C’est énorme ! Je me souviens... On était en studio et je revenais de l’enterrement. J’avais décroché des enregistrements pendant quelques jours, et j’ai dit à Ben de chanter pour cet ami. Franchement, ça m’a fait du bien, ça m’a aidé à prendre le dessus. On a donc changé les paroles. Et maintenant, cette chanson passe en radio. Ça me fait vraiment plaisir !
Parlons de choses plus gaies… Ça marche plutôt bien pour vous. Vous revenez d’une 2ème tournée aux USA. Comment ça s’est passé ?
B : C’est génial ! On est partis du nord jusqu’au sud, en passant pas Los Angeles, Las Vegas, …
F : On a même fait une pool party. C’est un concert autour de la piscine d’un hôtel et les clients font la fête. Il y a avait quelques personnes qui tournaient aux champignons… On était nous même un peu alcoolisés… (rires) Après, on a fait pas mal de salles avec différents groupes de rock locaux qui marchent bien là bas. Mais il faut savoir qu’aux Etats-Unis, les conditions d’accueil dans les salles sont merdiques. Du coup, les groupes sont de véritables machines de guerre. Ils sont super organisés pour les balances, les changements de plateaux, … La plupart de ces groupes là avaient d’ailleurs un niveau énorme !
Et quel a été le retour des gens là bas ?
F : Les gens étaient assez emballés. Il faut dire qu’on n’avait rien à perdre. Donc on s’est lâchés, on a pris un maximum de plaisir.
Et plus près de nous, il y a pas mal de dates déjà bookées en Europe et en France…
F : La tournée aux Etats-Unis c’était bien, mais on avait envie de revenir ici. On est d’ailleurs super heureux de jouer à Paris demain (ndlr : The Tellers jouaient le 8 avril au Nouveau Casino de Paris).
En n’en a pas encore parlé : vous êtes originaires de Belgique, pays qui regorge de talents (Absynthe Minded, Deus, Puggy, Arno, Ghinzu, Girls in Hawaï, …). Peut-on parler de Belgian Touch?
B: On est tellement entourés de pleins de cultures différentes à cause de notre position géographique ! On a 3 langues différentes. Tout le monde parle anglais. Artistiquement, on pioche un peu partout chez ses voisins.
F : Le rock belge c’est finalement un mélange de rock anglais, américain, français, suédois, … Après, on n’est pas fier d’être belges ! Personne n’est l’est ! Bizarrement, il n’y a pas cette fierté d’appartenir à ce pays comme ça peut être le cas en France par exemple.
B : Mais bon, on est quand même fiers de faire du rock, et que cette musique venue de Belgique fasse le tour de l’Europe, voire du monde…
Pas facile tout ça dans un pays qui n’a plus de gouvernement depuis plusieurs mois…
F : On peut dire que musicalement, il existe une patrie belge. On est là pour en témoigner ! Nous sommes wallons et Joos est flamand !
A bons entendeurs…

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