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Bon à Tirer (Hall Pass)

Publié le 19 avril 2011 par Mg

Les frères Farrelly, héritage des années 90′ (Dumb & Dumber, Fous d’Irène, Mary à Tout Prix…) ayant disparus corps et âmes ces dernières années, ont décidés de reprendre les bases de leur comédie pour revenir sur les écrans. Du coup, nous voici devant un amusement adulte et graveleux, sans aucune raison d’être, mais beaucoup de fun. Loin d’être originaux, mixant les influences des grasses comédies de ces dernières années, ce Bon à Tirer est surtout un Bon à Rire pour le spectateur, plus efficace que leurs dernières tentations sur les écrans mais garantit sans dérapages. Triste.

Rick et Fred sont deux pères de famille, maris aimants et dévoués travailleurs. Sans doute trop, ou pas. Ne pouvant se forcer à ne pas regarder ailleurs, les voici surpris par leurs femmes avec nombre de sentiments refoulés. Désirant elles-aussi se changer les idées, elles leur accordent alors une semaine de bon temps hors mariage. Voilà l’occasion de réellement tester leur fantasme avec toutes obligations maritables désactivées. Problème, entre les orgies à venir, et les imprévus, les ex-Don Juan sont rapidement rattrapés par la dure réalité de leur quarantaine dépassée face à la nostalgie de leurs vertes années. Nous voici dès lors promenés entre leurs mésaventures ponctuées de crasses et de graisses, de nudités partielles et de déjections sur terrain de golf. Revenu à un cinéma de buddy movie infantile et adulescents, les Farrelly se positionnent en héritiers des American Pie (pour le ton), et le rythme d’un Hangover ayant boosté la comédie américaine moderne. On en oublierait presque qu’ils ont été parmi les premiers à imposer ce style…

Ce Bon à Tirer est donc rempli de vannes à deux francs, de galipettes vomitives et de pets de fin de repas, appliqués à des personnages un poil plus âgés que d’habitude. Les idées fusent pour un duo d’acteurs savamment bien choisis, Jason Sudeikis et Owen Wilson n’étant pas les superstars attendus mais deux comédiens anonymes dans leur attitude qui peuvent tout aussi bien se faire passer pour des modèles de père de famille, ou deux ex-ados attardés dans la deuxième moitié du film. Si on rit (ou pas) sur l’enchaînement des grosses vannes, où on retrouve un peu la « patte » (lourde) des Farrelly, difficile de ne pas manquer le final, ode à une normalité régressive et bien pensante, où finalement le happy end existe bel et bien. Maris cochons et femmes sensibles retrouvent leur foyer après avoir appris à leurs dépends qu’ils sont bien heureux dans leur couple. Malgré quelques disgressions, nos amis de quarante ans sont donc définitivement bel et bien perdus pour la cause, leur tentative de prendre une semaine « off » se soldant par un retour à la case départ, fantasmes rangé dans leur chaussette pour mieux crier leur amour véritable, le seul et l’unique, envers le mariage. Devenu donc politiquement trop correct, ce Bon à Tirer reste inviolé, et même si on aurait plus de bêtises, la morale est là, gâchant les dernières minutes d’un film qui se serait voulu totalement décadent, et se révèle trop donneur de leçons pour être honnête. Ce vieux revival du XXe siècle, là où les dernières comédies ont pris un peu plus de libertés de ce point de vue, fait régresser le film comme une bonne vieille comédie des 90′, loin de la modernité d’aujourd’hui. Les Farrelly, incapables de dépasser leur concept? Sans doute.


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