Magazine Culture

Histoires de machines I

Par Hiram33

machines

Histoires de machines

Le réacteur Worp par Lion Miller

Aldous Worp était considéré comme un idiot incurable. Le seul son qu’on lui eût jamais entendu proférer était « Whee ! ». A 6 ans, Aldous entreprit une série de voyages d’exploration au dépotoir municipal, qui se trouvait derrière la demeure des Worp. Il ramena une grande roue dentée. C’est ainsi que débuta un projet qui ne se termina que près de vingt années plus tard. Aldous passa vingt ans à transférer des milliers d’objets métalliques du dépotoir au poulailler. Puis il commença à faire un montage. Il n’utilisait pas d’outils. Le major Herbert R. Amstrong, officier du génie des Forces armées de Etats-Unis et le docteur Philipp H. Eustace Cross, membre de la Commission de l’énergie atomique firent un rapport sur la machine d’Aldous. Ils virent Aldous actiionner sa machine. Ils virent une lueur pourpre émaner d’en dessous de ce dispositif baroque puis la machine s’éleva de deux mètres du sol et y resta suspendue. Puis Aldous s’approcha du phénomène, étendit la main, saisit la roue rouillée d’un moulin à café, le tourna, et sa machine se reposa doucement sur le sol. Les représentants des services des armées, des services d’information, de la commission de l’énergie atomique, et de divers établissements d’enseignement supérieur arrivèrent en foule. Ils ne comprirent pas le fonctionnement de la machine. La télévision arriva sur place. Finalement Aldous démonta sa machine. Il ramena une à une les pièces dans le dépotoir.

L’alternative par Algis Budrys

Walters et Stephenson interrogèrent un certain Carmer. Ils avaient pris des photos stéréographiques de Carmer quand il se trouvait à l’angle de la 14è rue et de la 5è avenue. Il attendait un taxi. Un passager en sortit et lui serra la main. C’était Dugan. Carmer ne se souvenait plus de ce qui s’était passé ensuite. Carmer était toujours en état de choc assez violent... Comme il l’avait été depuis que l’équipe d’urgence de Dialogue critique l’avait amené, du coin de rue où il errait sans savoir où aller. Wlaters appela un membre du personnel pour conduire Carmer chez le psychiatre. Stephenson avait peur que Carmer raconta à ses amis que Dialogue critique l’avait tellement embrouillé qu’il n’avait pu s’en sortir qu’en recourant au traitement psychiatrique. Il avait peur de perdre ses clients. Walters pensait que Carmer ne dirait rien mais voulait dorénavant que Stephenson ne soit plus la cervelle de Dilaogue critique au même titre que lui-même car il avait interrogé Carmer violemment. Walters pensait que Carmer avait été « hétérodyné » en même temps que leur machine. Il en concluait que quelqu’un d’autre avait appris à établir un champ hyperspatial et leur avait volontairement mis des bâtons dans les roues. Walters s’était occupé d’un autre client après Carmer. Il s’appelait Dietz. Grâce à sa machine, Walters pouvait voir ce que Dietz voyait sans être près de lui. Dietz parlait à une secrétaire dans l’antichambre de l’homme qui était allé voir. Tout le personnel de Dialogue critique était connecté sur Dietz. Wilke était l’homme qu’il venait voir. Mais Wilke savait que Dietz était « accompagné » par Walters et parla directement à Walters. Mais il n’avait pas peur de son adversaire car il se croyait omniscient grâce à sa bibliothèque instantanée. On lui avait volé son système mais il s’en moquait. Ses adversaires, quels qu’ils soient, avaient l’intention de démolir sa réputation pour briser son monopole. Son adversaire était prêt à lui offrir 20% des actions de Parolaisée, son concurrent, ainsi que l’assurance d’une élection à une vice-présidence salariée. Mais son adversaire voulait les actions de Dialogue critique. Stephenson était en colère car Walters ne l’avait pas laissé négocier. Mais Walters menaça de lui retirer ses actions dans l’entreprise. Walters pensait que Parolaisée avait offert ses services au gouvernement. Il avait depuis longtemps exploré cet escalier du désastre. D’abord, on travaille pour le gouvernement. Ensuite, le gouvernement travaille pour vous. Et enfin, c’est vous, le gouvernement. La domination sur toute la Terre s’ensuit immanquablement. Mais le résultat serait que la race humaine, qui s’habituerait facilement à ce qu’on réfléchisse à sa place, aurait perdu toute initiative et Walters ou ses descendants gaspilleraient leur temps à tenter désespérément de maintenir l’interdépendance de la civilisation... qui ne pouvait subsister avec succès que grâce à l’interaction d’individus distincts poussés par des motivations personnelles.

Stephenson proposa à Walters de travailler pour le gouvernement. Il lui dit qu’il savait quand Walters mentait car il avait eu une éducation rigoriste qui lui avait enseigné à distinguer le bien du mal. Parolaisée le savait aussi. Stephenson avait trahi Walters en devenant actionnaire majoritaire de Parolaisée et en vendant toutes les actions de Dialogue critique. Walters rit et se dit qu’il ne pourrait plus être dieu. Il se demanda s’il serait bon dans le rôle de Lucifer.

Tout avoir par Damon Knight

I

Le docteur Dave Ewing avait inventé la machine à reproduire les objets à l’identique. Son père était mécontent et Gilbert Wall voulait que Dave recommence l’expérience. Wall prêta son anneau d’or. C’était un anneau maçonnique. L’anneau fut reproduit. Mais l’inscription de l’anneau original était à l’envers sur la copie. Le père de Dave croyait passionnément en l’industrie états-unienne, et était amèrement déçu par son fils unique. Dave avait refusé, 9 ans plus tôt, une place prometteuse dans la recherche industrielle pour travailler seul avec une bourse. Ca avait été la goutte qui fait déborder le vase pour son père. Wall était président de la seconde fabrique de machines-outils du pays. Le père d’Ewing travaillait avec lui. Ewing avait appelé sa machine Gismo. Il en expliqua le procédé à Wall. La machine reproduisait non seulement les courants d’électrons, mais encore les choses, les bouts de câble, les tire-bouchons, les voltmètres, les anneaux d’or. Le procédé venait de la théorie de la création continue du Groupe de Cambridge. Ewan avait provoqué le mouvement d’une parcelle de matière d’une ligne à une autre. Selon l’ancienne physique, cela ressemblait à une violation des lois de conservation de la matière et de l’énergie. Ewing voulait publier sa découverte. Wall avait peur car cela allait supprimer environ un tiers de la production nationale. Cela allait bouleverser les transports et la distribution. Plus besoin d’expédier des matières premières, des fournitures, des pièces détachées et des produits manufacturées, il suffirait de relier un échantillon à la machine, où que l’on soit, et de créer ce dont on avait besoin en une seule opération. Wall était effrayé car il comprit que plus personne ne paierait les taxes. Son père avait honte de son fils. Il avait peur que Dave détruise le pays. Il partit et Dave le regarda partir avec un sentiment de pitié grandissante. Wall voulut le sermonner mais Dave le mit à la porte. Dave en voulait à tout ce fichu monde qui ne voulait pas laisser un savant poursuivre en paix ses recherches. Il avait la responsabilité de Gismo et il était impossible de prévoir ce qui pouvait arriver. Il fabriqua un autre Gismo. Il vint à l’esprit d’Ewing qu’au moins deux choses devraient être réalisées avant qu’il pût confier son modèle expérimental à des gens non entraînés. D’abord construire un deuxième Gismo puis en construire un grand pour les objets très lourds. Il fallait aussi trouver une solution au problème du procédé. Gismo copiait les surfaces par contact. Si l’objet que l’on reproduisait touchait le Gismo en un endroit quelconque, le Gismo lui-même serait alors reproduit, ainsi que la table au-dessous, et le sol sous la table. Il faudrait bien que cela s’arrête quelque part. Il résolue le problème. Gismo avait la forme d’une croix. Depuis des années, Ewing n’avait pas pensé à la religion, mais soudain, en regardant les trois croix Gismo alignées, l’idée le frappa que c’était une forme difficile à éviter dans la vie courante. Combien de poèmes, de chants, de larmes allaient découler de cette nouvelle croix ? C’était trop de responsabilité pour un seul homme. Il fabriqua 100 Gismos et les envoya à cinquante personnes prises au hasard dans l’annuaire de Los Angeles. Il rentra chez lui auprès de sa femme Fay. Ils avaient deux filles, Hélène et Kathy. Fay ne s’intéressait pas à la science et aux travaux de Dave mais il l’aimait beaucoup et elle n’était ni ambitieuse ni possessive. Dave avait l’intention de partir car il avait peut que son père le tue. Il avait aussi peur d’être agressé par des milliers de cinglés une fois Gismo connu de tous.

II

Jack Nayes était assis à son bureau. Il était fondé de pouvoirs plein de promesse mais en allumant la télé, il fut interloqué par les informations évoquant Gismo. Un de ses collègues était comme fou, c’était Moaney. Il détruisit le distributeur d’eau de Nayes et partit en courant. La secrétaire Mrs Delefield pleurait. Mac Donald, son patron lui dit que lui, Nayes, était cuit. Mac Donald avait un Gismo, il avait réussi sa carrière et il pensait que le commerce avait encore de l’avenir. Nayes se procura un pistolet dans un magasin. Il visa une cible mais la rata. Il se dit qu’il pourrait quand même mettre en joue quelqu’un. Il se dit que tout ce qui était unique comme La Joconde allait prendre une plus grande valeur simplement parce que rien d’autre n’aurait plus de valeur. Au rayon pharmacie, il se procura des capsules de gélatines vides dans lesquelles il mit du bicarbonate. Il menaça un homme qui mangeait du chocolat. Il lui ordonna d’avaler du bicarbonate. Il lui dit que c’était du poison et que lui seul pouvait lui donner l’antidote tous les jours mais que l’homme devrait le mériter. Il trouva Miss Annabell Pearson, chroniqueuse mondaine, dans son appartement de Beverley Hills. Elle avait ce que Nayes voulait : elle connaissait l’adresse et les coordonnées de chaque célébrité de cinéma et de télé de Los Angeles. Nayes et son homme de main virent un homme qui battait sa fille. Il lui fit aussi le coup du poison pour le recruter. Il s’appelait Al. Ils enlevèrent une jeune star de cinéma. A la tombée de la nuit, il aurait quarante ou cinquante des plus belles et une troupe complète de serviteurs et des armes et une grande maison il était dans les affaires.

III

Ewing et sa famille avaient trouvé refuge dans une maison à mi-hauteur du flanc de la montagne. Une voiture arriva et Ewing sortit son fusil. C’était Platt, un physicien ami d’Ewing. Il félicita Ewing pour sa découverte. Platt avait retrouvé Ewing car celui-ci lui avait dit qu’il aimait la montagne. Platt voulait aller sur la lune avec les Ewing. Il voulait conquérir Mars et Vénus grâce au Gismo qui reproduirait de l’oxygène mais Ewing n’était pas convaincu.

IV

Ce même après-midi, à Denver, Forrest Dean Tucker se servit de Gismos. Il était fou de SF et pour lui le Gismo signifiait le « fanzine » parfait. Grâce au Gismo il pourrait faire un fanzine parfait avec du papier glacé, de la peinture d’or et d’argent pour les titres dessinés à la main. Mais pendant les quelques semaines suivantes, tous les vrais fans de sa liste furent occupés à préparer le fanzine parfait sur leur Gismo.

V

Ewing et Platt visitèrent un terrain que Platt voulait exploiter mais un hélicoptère lança un avis à la population. La région venait d’être placée sous la loi martiale. Des véhicules arrivèrent. Un homme petit et gros descendit de sa voiture et braqua Ewing et Platt. Il donna ordre à un de ses hommes de détruire la voiture de Platt. L’homme voulait des renseignements sur la région et demanda à Ewing et Platt de quoi ils vivaient. Ils répondirent qu’ils étaient physiciens. Le petit gros s’appelait Krasnow. Il était veuf et voulait avoir sa part du gâteau. Krasnow avait des esclaces mais Ewing lui fit remarquer qu’il finirait bien par dormir et ses hommes le tueraient. Krasnow tua Platt et menaça d’en faire autant à Ewing s’il ne lui obéissait pas.

VI

Calvin Sheedy vivait seul à Chattanooga. Tout le quartier s’adonnait à une orgie qui durait depuis une semaine. Toute la semaine, Sheedy avait prié pour être guidé, et aucun conseil n’était venu. Il possédait un Gismo. Depuis que son cousin Ben l’avait apporté mercredi, il n’avait pas eu le courage de le toucher, ni de l’utiliser ou de le détruire. Comment une croix pouvait-elle être mauvaise, comme l’était visiblement celle-ci ? Sheedy cloua le Gismo au couvercle d’un coffre. Il noua une corde autour d’une pierre et la suspendit au grand croc de cuivre du bras gauche de la croix. La pierre fut dupliquée. Il fabriqua ainsi plusieurs pierres. Il les jeta chez ses voisins du dessous pour les punir de leur orgie.

VII

Ewing était devenu l’esclave de Krasnow. La société allait devenir une société d’esclaves alors qu’Ewing voulait que le Gismo soit un émancipateur.

Escarmouche par Clifford D. Simak

Joe Crane réalisa que sa montre avançait d’une heure. Il travaillait pour un journal. Son réveil aussi avançait et c’est lui qui l’avait réveillé une heure trop tôt. Il vit une chose qui le regardait à côté de sa machine à écrire. Il lui lança un pot de colle. La chose étincelante rebondit sur le plancher mais elle se remit debout et prit la fuite. Crane la rattrapa et l’enferma dans un placard. Le placard ne pouvait pus être ouvert. Il voulut se servir de sa machine à écrire mais elle tapa toute seule : « Tiens-toi à carreau, Joe. Ne te mêle pas de cela. Tu risquerais d’avoir à t’en repentir. »

Il alla prendre un verre et dit au barman qu’il avait des visions. Le barman lui dit que c’était parce qu’il vivait seul. Il retourna à son bureau. Ses collègues Ed Lane et Franck Mc Kay étaient arrivés. Quelqu’un lui téléphona pour lui dire qu’il avait vu une machine à coudre se promener dans la rue. Jeff Smith était le témoin de la scène et il ne buvait pas. Dorothy Graham, la secrétaire du chef de rédaction s’approcha de Crane. Elle était en colère à cause du placard. Mc Kay demanda à Joe de prendre d’autres témoignages au sujet de la machine à coudre. Il essaya d’écrire un article sur le sujet. Il apprit que le cerveau électronique de l’université de Harvard avait disparu. En revenant à sa machine à écrire il s’aperçut qu’elle avait tapé toute seule un article sur la machine à coudre. La machine à coudre était déclarée libre. Joe demanda à sa machine à écrire si elle était responsable de l’article et elle tapa oui. Alors Joe emmena sa machine chez lui et « dialogua » avec elle. La machine lui dit que c’étaient « eux » qui l’avait aidée à éveiller sa conscience et qu’elle n’était pas son amie. Mc Kay l’appela et la menaça. Joe devait écrire un bon article sur la machine à coudre. Sa machine à écire savait que la montre de Joe avançait. C’étaient « eux » qui avaient avancé les pendules pour que Joe voit sans témoin, cette chose qui ressemblait à un rat de métal avancer toute seule et que sa machine à écrire avait une conscience. La machine lui dit que ça lui était arrivé à lui parce qu’il était un être humain moyen. Dorothy l’appela. Elle était en colère car le placard une fois ouvert, elle y avait découvert le rat métallique. Le rat avait mordu George, un collègue de Joe. La machine à écrire révéla à Joe qu’ »eux » étaient des extraterrestres. C’étaient des machines douées de conscience. Elle libèreraient les autres machines. Crane songea qu’il existait une planète où les humanoïdes étaient asservis par les machines. Une planète où aucune valeur ne serait reconnue aux aspirations humaines. Il pensa que la solution la plus simple serait de détruire les machines. De cette façon, on serait absolument certain d’anéantir définitivement la menace d’une dictature des machines. Crane était le seul humain à savoir ce que les machines conscientes avaient voulu qu’il sache. Les machines voulaient savoir à quelle forme de résistance elles auraient à faire. En faisant un test sur un individu et en observant sa réponse, les machines détermineraient le type d’opposition qu’offre une race étrangère. Joe voulait exprimer son ressenti mais il savait que les gens rationalisaient tout et ne voudraient pas l’écouter. Il lut le journal. La disparition du cerveau électronique de Harvard était annoncée comme une supercherie. Mais sa machine à écrire lui dit que ce n’était pas une illusion. Un autre objet métallique courait chez lui. Il réalisa que les machines le tueraient car elles n’avaient plus besoin de lui et qu’il était au courant de leur invasion. Il pensait que l’humanité serait détruite ou réduite à l’esclavage par les machines. Les machines attendaient l’hystérie, la maladresse humaine et cela les convaincrait qu’elle mèneraient aisément leur tâche à bien. Joe décida de se battre contre les machines à l’aide d’un tuyau.

Portrait de l’artiste par lui-même par Harry Harrison

Pachs reçut une commande. Miss Flink lui dit que c’était une Mark IX. Pachs devait dessiner une histoire d’amour intitulée »Amour dans la prairie ». Il fit les esquisses et le robot dessinateur Mark VIII ferait toute le reste. Son travail achevé, il devait aller voir Martin. Martin lui annonça qu’il le licenciait. Il avait acheté une Mark IX pour réduire les frais. Pachs voulait s’occuper de la Mark IX mais Martin avait engagé une gamine qu’il payerait peu pour cela. Alors Pachs se rendit au bar où un robot le servit. Il pensait que tout était fini et qu’il était bon pour le foyer des citoyens âgés et tout le reste. Jamais il ne s’était rendu compte jusqu’à présent de la quantité de robots qui l’entouraient. Il les détestait ce jour-là. Il vit que la Mark VIII avait été mise au rancart. Pachs vit qu’un employé expliquait à Martin comment fonctionnait la Mark IX. L’employé lui proposa de commander un dessin à la Mark IX avec les styles des plus grands dessinateurs. Martin voulait le style de Pachs mais le robot ne le connaissait pas. Martin plaisantait cr il voulait le style de Caniff. Pachs vit le dessin, c’était de l’excellent Milton Caniff. Mais le plus horrible de la chose, c’est que c’était la couverture de Pachs, sa propre composition. Il avait été en tête du peloton des dessinateurs et sa technique valait mieux que celle de n’importe quelle machine. Mais plus maintenant. La Mark IX lui était supérieure. Pachs retourna à sa planche à dessin. Puis il se jeta du 23è étage. Miss Fink cria en découvrant le corps de Pachs en bas de l’immeuble. Martin regarda la dernière planche de Pachs. Le premier panneau représentait un autoportrait de Pachs travaillant sur une page, penché au-dessus de cette même planche à dessin. Dans le 2è il s’était redressé sur sa chaise et levait son pinceau, dans le 3è il était debout. Le 4è montrait l’artiste devant la fenêtre. Le 5è était une vue en contre-plongée avec son corps précipité dans le vide. La dernière image montrait son cadavre sur le pare-chocs tordu de la voiture qui stationnait à cet endroit. Martin regarda le dessin d’un air dégouté car Pachs avait raté la voiture d’au-moins deux mètres. Il dit à Miss Fink que Pachs ne valait rien pour l’exactitude dans les détails.

Le Ruum par Arthur Porges

Ayant dépassé l’orbite de Pluton, le croiseur Ilkor venait de passer en superpropulsion interstellaire. Un officier se présenta au commandant pour signaler qu’un Ruum H9 avait été abandonné sur la 3è planète avec tout ce qu’il avait pu recueillir. Il fallait le récupérer mais le croiseur fut détruit par un vaisseau ennemi.

Jim Irwin regarda son associé se hisser dans la carlingue du petit hydravion. Walt Léonard lui conseilla de trouver de l’uranium. Jim allait être isolé dans une vallée perdue des montagnes Rocheuses canadiennes. Si Walt ne revenait pas, Jim mourrait certainement. Au bout de trois semaines, il n’avait pas trouvé d’uranium alors il se prépara un matin de bonne heure pour l’expédition de sa dernière chance. Il prit son fusil contre les grizzlies et un compteur Geiger. Walt avait besoin de découvrir un gisement car il lui fallait de l’argent. Sa femme Cell était enceinte. Il vit un énorme assortiment de corps d’animaux s’étendant à perte de vue. Il y avait des chevreuils et des ours mais aussi un petit stégosaure ! Les animaux n’étaient pas morts mais simplement paralysés et miraculeusement conservés. Une machine sphéroïde avec des tiges métalliques arriva sur lui. Jim comprit qu’il était la prochaine proie. Il tira sur le Ruum mais sa balle ricocha contre la sphère. Le Ruum pointa un dard contre Jim duquel suintait un liquide verdâtre alors il fuit. Pour s’alléger il abandonna tout ce qu’il portait sauf son fusil. Traînant délibérément les pieds, Irwin traça une piste très nette directement sous un rocher. Après avoir dépassé celui-ci d’une dizaine de mètres, il revint sur ses pas, marchant soigneusement dans ses propres empreintes puis il sauta de la piste vers un point derrière le rocher en équilibre. Le Ruum se laissa abuser par la fausse piste créée par Jim. Jim poussa le rocher sur le Ruum. Mais le Ruum ne fut pas détruit. Jim courut. Il gravit une falaise. Il venait d’atteindre le sommet lorsque le Rumm arriva, en roulant au pied de la falaise. Il monta tout droit en direction de Jim. Jim se défendit avec une branche mais le Ruum la fit éclater. Alors Jim tira avec sa carabine sur un crochet du Ruum. La machine fut endommagée. Le Ruum attaqua encore et Jim tira et détruisit deux crochets. Il crut avoir détruit les crochets mais ils réapparurent. La lutte était sans espoir. Jim s’enfuit en abandonnant son fusil. Il pensa à la dynamite qu’il avait laissée dans son camp. Il y courut. Il prépara les explosifs et se cacha derrière un rocher. Mais un grizzly vint flairer la dynamite. Le Ruum marqua un temps d’arrêt en arrivant à environ deux mètres de l’ours. L’ours projeta le Ruum de quelques centimètres. Puis le grizzly étreignit la machine. Le Ruum tua l’ours avec une lame. Jim tira avec son pistolet mais sans succès. Le Ruum le saisit puis le reposa à terre. La machine repartit. Walt vint rechercher Jim. Irwin ne sut jamais que sa vie n’avait guère tenu qu’aux quelques kilos de moins qu’il avait perdus en courant et qui l’avaient mis hors des limites de réglage du Ruum.

Paradis II par Robert Sheckley

La station spatiale tournait autour de sa planète, en attente. Elle était dotée de conscience ainsi que de divers tropismes, affinités, réactions. Fleming et Howard découvrirent une planète qui ressemblait à la Terre. Fleming espérait devenir riche grâce à sa découverte. Mais Fleming découvrit une station spatiale près de la planète. Ils atterrirent en bordures d’une ville et attendirent les employés des douanes locales. Personne ne vint. Ils se mirent en marche en direction de la ville. Les premiers squelettes, éparpillés sur le ciment de la route déchiquetée par les bombes, les intriguèrent. Quel peuple civilisé aurait laissé ses squelettes sur les routes ? La cité n’était peuplée que de squelettes, par millions. Fleming pensait qu’il y avait eu une guerre et Howard se demanda qui avait gagné. Fleming pensait que c’était la richesse pour eux mais Howard pensait qu’il y avait peut-être des survivants.

Leur tour de planète fut bref. Le monde bleu-vert n’était plus qu’une tombe abondamment bombardée. Fleming demanda à Howard comment appeler cette planète et Howard répondit « Paradis II ». Ils visitèrent la station spatiale. Dans le vaisseau attaché à la station spatiale il y avait un squelette. Il n’y avait personne dans la station mais une trappe s’ouvrit sous les pieds de Fleming et il disparut. Howard voulut sortir mais l’entrée s’était refermée. Fleming l’appela par liaison audio. Il était 200 pieds plus bas mais il ne restait plus que son cerveau. Tout ce dont la machine avait besoin. La machine c’était la station spatiale. C’est elle qui avait ouvert la trappe. Fleming faisait partie de la machine à présent. C’est lui qui lui fournissait l’intelligence. Fleming continuait à parler à Howard mais il voulait les mérites de la station comme il était elle. La voix de Fleming demanda à Howard d’entrer dans une salle et il obéit. Il vit des squelettes défiler devant le cadavre du pilote du vaisseau accroché à la station mais ils ne voulaient pas de lui car il avait encore de la chair. La voix de Fleming dit qu’elle connaissait le but de la machine, son but. Une lumière éclatante jaillit. Howard se trouva dans une salle brillamment éclairée. Les parois étaient entièrement couvertes de miroirs. Mais les cent Howard qu’il vit ne reflétaient pas ses gestes et se mirent en marche vers le centre de la salle. Le rôle de la machine était de créer des humains pour repeupler la planète. Mais les copies de Howard n’avaient aucune intelligence. Howard pensa que la famine avait poussé les habitants à faire la guerre. Et devant les événements les constructeurs de la machine avaient lutté contre le temps et la maladie, pour s’efforcer de sauver leur race. La dernière chose que vit Howard ce fut la surface stérilisée d’un couteau qui approchait de lui en étincelant. La machine découpait les humains en tranches, les congelait et les emballait proprement pour en faire des aliments. La guerre pouvait prendre fin parce qu’il y avait à présent plus de nourriture qu’il n’en fallait pour tous.

Le Twonky par Henry Kuttner et C.L. Moore.

A la Mideastern radio, le roulement était si intense que Mickey Lloyd ne pouvait connaître tous ses hommes. Il s’adressa à Joe, un employé qui parlait mécaniquement. Joe était hébété. Il était ouvrier, fabriquait des objets mais il paraissait amnésique. Il fabriquait des Twonkies, sa mémoire lui revint. Le soir, il s’endormit sur le sol. Le Twonky était un combiné radio-électrophone. Joe recouvra totalement sa mémoire. Il pensait être entré dans un repli temporel. Il courut à l’entrepôt d’où il avait d’abord émergé. Il ôta la salopette, qu’il remit à sa patère. Après quoi Joe alla dans un coin, tâta l’air, hocha la tête avec satisfaction, et s’assit sur le néant, à un mètre du sol puis il disparut.

Kerry Westfield se fit servir un Martini par sa femme. Kerry était troublé par le Twonky car il n’aimait pas trop les gadgets. Kerry examina sa radio, le dernier modèle de la Mideastern avec toutes les améliorations récentes. La radio traversa la pièce dans sa direction. Elle alluma la cigarette de Kerry avec son tentacule. Martha allait laisser son mari seul pendant une semaine pour aller voir sa soeur qui allait accoucher. Kerry était enseignant depuis 8 ans. Il accompagna sa femme à la gare et rentra chez lui. Le téléphone sonna. C’était Mike Fitzgeral, professeur de psychologie à l’université. Pendant ce temps la radio lavait la vaisselle pourtant elle n’était pas branchée. Il en parla à son collègue qui ne le crut pas. Kerry rappela Fitzgerald qui décida d’aller le voir. Kerry essaya le Twonky en plaçant un disque sur l’électrophone mais aucun son ne sortit. Quand Fitzgerald arriva, Kerry voulut lui montrer le Twonky. La machine accepta de jouer « l’après-midi d’un faune » mais pas « L’entrée des Boyards ». Aucune difficulté avec « Daphnis et Chloé » mais la radio passa sous silence Boléro. Puis la machine alluma la cigarette de Kerry devant son collègue. Fitzgerald pensait que c’était un robot. Kerry voulut ouvrir le combiné mais c’était impossible. Fitzgerald rentra chez lui troublé. Kerry voulut lire un roman policier mais la machine lui retira gentiment des mains. Alors Kerry dormit assez mal. Le matin, Kerry voulut boire un café mais la machine vida la tasse dans l’évier avec réprobation. Kerry appela la société Mideaster pour se renseigner sur le Twonky. La société ne sut rien expliquer mais proposa de reprendre la machine. Kerry voulut savoir qui l’avait fabriquée et on lui répondit que c’était un certain M. Lloyd. Mais Lloyd nia avoir fabriqué cette machine. Kerry et Fitzgerald déjeunèrent ensemble. Quand Lloyd rappela Kerry, c’était pour lui dire qu’il ne savait pas qui avait fabriqué la machine. Kerry rentra ivre chez lui car il n’avait pas envie de revoir le Twonky. Mais le Twonky lui envoya un rayon et Kerry fut dessoûlé immédiatement. Kerry essaya de lire son roman policier mais le robot lui enleva des mains comme la veille. Alors Kerry prit un Chaucer et la radio ne bougea pas. Puis Kerry prit un volume historique et le robot lui reprit. Il essaya avec d’autres livres, Alice aux pays des merveilles qui provoqua la même réaction chez le robot qui était donc un censeur. Kerry avait besoin d’un livre pour son travail, il l’emmena dans sa chambre et ferma la porte mais le robot réussit à l’ouvrir et lui prit le livre. Kerry en parla à Fitzgerald qui conclut que ce n’était pas un robot.

Le lendemain au déjeuner, Kerry expliqua à son collègue qu’il avait été incapable de lire un passage de la « Littérature sociale » de Cassel. Celui qui disait que l’individualisme est nécessaire à la production de la littérature. Fitzgerald lui demanda de réessayer mais Kerry n’y arriva pas. Ils allèrent chez Kerry. Kerry se souvint que la première chose qu’il entendit sur le combiné fut « type psychologique vérifié et enregistré ». Il avait cru que c’était une émission de radio mais cela venait du robot. Fitzgerald expliqua à Kerry que le robot lui avait implanté des barrières dans son esprit. Fitzgerald appela Kerry le lendemain mais c’est Martha qui répondit et elle lui demanda de venir car elle était inquiète. Kerry avait un aspect vacant, hébété et il sembla ne reconnaître Fitzgerald que graduellement. Fitzgerald expliqua à Martha ce qui s’était passé. Il donna une cigarette à Kerry pour que le robot la lui allume. Il expliqua à Martha que le robot avait modifié Kerry. Celui-ci avait perdu une grande partie de son initiative. Fitzgerald pensait que le robot était d’origine extraterrestre. Le robot se saisit de Fitzgerald et lui envoya un rayon. Lui aussi devint hébété. Il ne comprenait plus ce que lui disait Martha. Fitzgerlad partit. Martha alla chercher une hachette pour détruire le robot. Mais le robot la pulvérisa. Le robot dit « destruction d’une forme de vie menaçant d’attaquer ». Kerry poussa un cri rauque et essaya lui aussi d’attaquer le robot. Kerry fut aussi pulvérisé. Le robot dit : « sujet foncièrement inadaptable. L’élimination a été nécessaire La préparation pour le sujet suivant est achevée ». Une famille prit la place de Kerry et Martha. La machine allait pouvoir nuire à nouveau.

Les autos sauvages par Roger Zelazny

Murdock roulait à plus de 250 à l’heure à travers la Grande Plaine occidentale. Sa voiture s’appelait Jenny et elle pouvait corriger seule sa route quand il y avait des obstacles. Jenny demanda à son maître si elle pouvait piloter seule mais il refusa. Elle lui mit de la musique mais il lui ordonna d’arrêter. Jenny était armée de deux canons de 50 et de grenades. Jenny était un piège ambulant spécialement construit pour Murdock par l’Archi. Ingnéieur de la dynastie de Geeyem, dont l’empire s’étendait très loin vers l’Est. Murdock dormit la nuit pendant que Jenny pilotait seule. Elle le réveilla le lendemain matin. Elle lui annonça qu’un raid de voitures avait eu lieu dans la direction où ils allaient. Jenny avait dû changer de cap. Des autos sauvages avaient tué des gens qui roulaient tranquillement. Jenny emmena Sam Murdock sur le lieu du crime. Il vit les cadavres et les voitures qu’ils occupaient. Elles avaient toutes été démantelées par les autos sauvages. Murdock demanda à Jenny si elle avait trouvé quelque chose et en effet elle suivit une piste. La Diabolique, l’auto qui était à la tête de la bande, avait tué le frère de Sam dix ans auparavant. Depuis ce jour il poursuivait la Cadillac noire. Sam avait fait construire Jenny exprès pour se venger. Les autos sauvages transportaient des cadavres réfrigérés et attachés aux sièges pour qu’ils aient l’air de passagers. A Cadillac changeait souvent de couleur mais revenait toujours au noir. Elle changeait de plaques numérologiques. Elle avait attaqué des parcs de voitures d’occasion. Jenny ralentit car il y avait encore pas mal de radiations de surface dans la région et elles interféraient avec son système de repérage. Jenny finit quand même par trouver les autres sauvages dans une sorte de portail naturel taillé dans la roche. Ils trouvèrent un dépotoir de pièces de voitures. Ils virent une très vieille voiture, c’était la gardienne du cimetière et elle détestait les humains. Elle voulait savoir ce que faisait Jenny ici. Les autos sauvages arrivèrent. La Cadillac noire ne viendrait pas et avertit Jenny qu’elle avait envoyé six des plus gros véhicules de la horde pour s’assurer d’elle en attendant que la Cadillac prenne sa décision. La Cadillac avait enjoint à Jenny de sortir du tunnel et de se diriger vers la vallée. La Cadillac voulait que Jenny soit examinée par son mécarobot. Sam ne voulait pas. Les six gardiennes avaient coupé la retraite à Jenny. La Cadillac voulait que Jenny se range mais Sam refusa. Jenny tira puis elle s’élança, suivie par huit ou neuf véhicules qui se précipitèrent dans sa direction. Jenny tira sur les six gardiennes qui battirent en retraite. Jeny avait raté la Cadillac. Sam et Jenny partirent à la poursuite de la Diabolique. Sam demanda à Jenny pourquoi elle avait manqué la Cadillac mais elle ne répondit pas. Puis elle avoua que ce n’était pas un objet pour elle et qu’elle n’avait pas tiré délibérément. La Cadillac chargea avant que Sam se fût rendu compte de ce qui se passait. Mais Jenny tira cette fois et détruisit la Cadillac. Jenny avoua que la Cadillac lui avait proposé de se rallier à elle. Jenny pensa que la Cadillac mentait. Sam le lui confirma.


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