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Souvenir... Mes débuts de spectateur aux Halles avec Kurt Russell et Steven Seagal

Par Tred @limpossibleblog
Souvenir... Mes débuts de spectateur aux Halles avec Kurt Russell et Steven SeagalLe Colisée de Villeparisis, Le Jacques Tati de Tremblay en France, le Ciné 104 de Pantin… à chaque période de la vie correspond un cinéma, bien souvent de quartier, dans lequel j’ai aimé poser mes yeux de rêveur sur un grand écran. Depuis que j’habite Paris, mon cinéma de quartier est devenu le premier cinéma d’Europe. Étrange pour un cinéma de quartier, je sais. Mais il faut dire que je fréquentais l’UGC Ciné Cité Les Halles bien avant de m’installer dans le coin. En fait, pour être plus précis, dans quelques jours, cela fera quinze ans exactement que je suis un habitué des lieux. Depuis un certain jour de mai 1996.
Le multiplexe parisien, seulement quinze salles à l’époque (tout de même, me direz-vous !, mais aujourd’hui il en compte 19), était ouvert depuis bientôt un an. A l’époque j’habitais la banlieue, et 95% des films que je voyais, je les voyais en banlieue, soit au Ciné 104 de Pantin, le cinéma art & essai de quartier, soit à l’Artel de Rosny-sous-Bois qui passait les films hollywoodiens dès leur sortie et où ma mère nous emmenait en voiture ma sœur et moi - quand je n’y allais pas en bus. Donc les films que je voyais au cinéma à Paris étaient finalement assez rares, et peut-être est-ce pour cela qu’il m’aura fallu près d’un an pour aller découvrir à quoi ressemblait ce complexe immense (aujourd'hui, on est blasé par un cinéma de 15 salles...).
Aujourd’hui encore, je m’étonne que le premier film que j’ai vu aux Halles soit… Ultime Décision. Mais si, vous savez, ce film d’action avec Kurt Russell et Steven Seagal qui se passe dans un avion… Voilà, celui avec Halle Berry en hôtesse de l’air courageuse. Je ne sais par quel miracle ma mère nous avait emmenés voir un tel film, elle que j’imagine si mal décider d’aller voir un film d’action avec Seagal. Mince alors, je devais être très persuasif à l’époque pour l’avoir convaincu de voir ça… à moins que le film n’ait eu une bonne critique dans Télérama, ce qui aurait aidé. Toujours est-il que je me souviens parfaitement que c’est ce film qui m’a le premier attiré dans l’antre de l’UGC Ciné Cité Les Halles. Je n’arrive plus à me souvenir si le film était projeté dans la salle 2 ou la salle 3. Pour qui a déjà été aux Halles, les deux salles sont jumelles, et les quinze années écoulées ont effacé cette certitude dans mon esprit. Je me revois plutôt faire la queue devant la salle 3, mais la mémoire peut être traître… Et puis après tout ce détail ne titille que moi, n'est-ce pas ?
Souvenir... Mes débuts de spectateur aux Halles avec Kurt Russell et Steven SeagalQu’il est étrange qu’entre les centaines de films que j’ai vus aux Halles, le premier soit ce film hollywoodien de Stuart Baird. Les plaisirs coupables, vous savez ce que c’est ? Ces films que l’on adore et que l’on pourrait regarder encore et encore alors même que l’on sait au fond de nous qu’ils ne sont pas de grands films. Qu’ils ne sont pas reconnus comme étant du cinéma de qualité. On en a tous des films comme ça, des films que l’on ne peut s’empêcher de regarder à chaque fois qu’ils passent à la télé, des films que la plupart des gens dédaignent, ignorent, détestent. Mais pas vous. Des films que l’on devrait regarder en disant « Mouais, pas génial », mais que l’on se surprend à adorer, quoi que les autres en pensent. Eh bien moi, un de mes grands plaisirs coupables, c’est Ultime Décision.
Ce film exerce sur moi un pouvoir d’attraction exceptionnel, pour un film du genre. Je me souviens que quelques mois après sa sortie en salles, ma mère s’était inscrite au vidéoclub du coin dans ma banlieue, et que le jour où elle s’est inscrite, j’avais fait des pieds et des mains pour qu’on loue le film. Ce jour-là j’avais perdu parce qu’Au nom du père passait à la télé le soir même et qu’elle tenait à le voir. Elle a bien fait de me le faire regarder, le film de Jim Sheridan, pas de doute, d’autant que le lendemain, on est retourné au vidéoclub, et on a loué Ultime Décision ! Depuis, j’ai bien dû voir le film trois ou quatre fois supplémentaires à la télévision où il est régulièrement diffusé, surtout depuis que la TNT a débarqué.
Je ne me lasse jamais de voir Kurt Russell en analyste n'ayant pas l'habitude de quitter son bureau (si ce n’est pour participer à des cocktails et des réunions) qui se trouve propulsé à la tête d’un commando tentant de neutraliser un groupe de terroristes ayant pris en otage un avion de ligne, et menaçant de le faire écraser sur Washington avec à son bord de quoi faire disparaître toute la côte est Américaine. Il n’y a rien à faire, ça m’éclate. J’aime le fait que Steven Seagal meurt avant la fin de la première demi-heure alors que l’on s’attend à ce qu’il joue au héros (bon ok, il joue au héros en se sacrifiant). J’aime David Suchet, que je regardais à l’époque jouer Hercule Poirot à la télé, interprétant le chef des terroristes. J’aime Oliver Platt, Joe Morton, John Leguizamo, Halle Berry et feu J.T. Walsh qui forment ce casting d’enfer. J’aime cet humour parcourant le film tout du long, mais jamais au détriment d’une tension parfaite, d’un suspense de tous les instants.
Souvenir... Mes débuts de spectateur aux Halles avec Kurt Russell et Steven SeagalCe film qui a tout d’une série B mineure, je n’y peux rien, je l’adore. Des plaisirs coupables, j’en ai quelques uns (un jour il faudrait que je vous fasse la liste), mais je crois bien que celui-ci est mon préféré. Au moment où j’écris ces mot, je me souviens même, à l’instant, que j’avais à l’époque une immense affiche du film tapissant l’un des murs de ma chambre. Si aujourd’hui j’ai une affection particulière pour Ultime Décision, il faut croire que c’est une réminiscence de mon adolescence. J’ai eu tellement d’affiches recouvrant les murs de ma chambre à l’époque que j’en avais oublié celle-là.
Quelques semaines après cette première expérience, je retournais aux Halles du haut de mes 14 ans pour tenter de voir Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez malgré l’interdiction aux moins de 16 ans (et j’ai échoué). J’y suis allé de plus en plus, jusqu’à ce que ce cinéma devienne donc mon terrain de jeux cinéphiles de prédilection. J’y ai vu des centaines de films. Mais le premier sera toujours Ultime Décision.

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