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Bernard Lavilliers au Cirque Royal, Bruxelles, le 16 avril 2011

Publié le 16 avril 2011 par Concerts-Review

Belle journée printanière que ce samedi 16 avril.
Le public s'est donné rendez-vous à quelques pas du Soldat Inconnu pour remplir en masse le  Cirque Royal où va se produire, ce soir,  Bernard Lavilliers.edit_preview.php-copie-1.jpg
A plus de soixante ans, Nanar vieillit bien et tient la grande forme physiquement et musicalement comme en témoigne son dernier album " Causes perdues et musiques tropicales". Un grand cru que je suis impatient de découvrir en live.
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Mais avant cela, en 1ère partie, nous découvrons Jali ou plutôt le Capitaine Jali qui nous embarque à bord de l'Espanola pour voguer aux quatre vents. Jali ( from Belgium) , sorte de griot perpétuant la tradition de l'Afrique noire possède un chant rayonnant et un sens de l'humour évident qui lui fera gagner très vite la sympathie du public. Casquette vissée sur la tête et guitare en bandoulière, épaulé par un percussionniste et un 2e guitariste, il nous livre quelques titres qui figureront sans doute sur son premier album, actuellement en préparation, comme "21 grammes", "Des Ailes"," Et si.." et "Espanola" qui clôture un set de 30 minutes pendant lequel on ne s'est pas ennuyé une seconde. Bravo !


Une petite dizaine de minutes de patience et c'est au tour de  Bernard Lavilliers de fouler les planches de la scène qui baigne dans un halo orangé. Derrière lui des persiennes illuminées par des lumières aux tons ocres; tout cela sent déjà la chaleur et la moiteur propres à son univers de baroudeur au grand coeur.
Place donc à un répertoire qui au fil des années s'étoffe et reste d'une qualité constante.
Des percussions sur des bidons en fer style Tambours du Bronx, 2 batteurs déchaînés, Bernard attaque avec "Je cours" et d'emblée ça démarre très rock.

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Le band, au sein duquel officie l'inamovible bassiste Thierry Fanfan, semble excellent et tout cela augure d'un concert qui cette année mettra encore la barre plus haut qu'à l'accoutumée.
Je ne détaillerai pas tous les titres mais il me faut en souligner quelques uns :
" Pigalle la Blanche"précède "Causes perdues et musiques tropicales"...
"En Belgique vous connaissez ça, les causes perdues... avec votre absence de gouvernement...même si chez vous tout s'arrange toujours...même mal ! " Bien vu, Bernard !
Ensuite viendront "l'Exilé" tiré du dernier album et un retour dans les 70's avec "St Etienne", titre accueilli avec enthousiasme par la foule et pour lequel Bernard Lavilliers empoigne une guitare électrique.
"On n'est pas d'un pays mais on est d'une ville Où la rue artérielle limite le décor Les cheminées d'usine hululent à la mort La lampe du gardien rigole de mon style La misère écrasant son mégot sur mon coeur
A laissé dans mon sang la trace indélébile
Qui a le même son et la même couleur
Que la suie des crassiers du charbon inutile"
Edifiant.
Suivra "La grande marée" dans une version réellement formidable.
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Bernard nous contera aussi avec cynisme les aventures d'un billet de banque, avant de nous emmener dans le "Trafic" craché par le band de manière apocalyptique avec retour des fûts de percussion et à grand renfort de riffs hard rock. Terrible !
Grand moment d'émotion ensuite avec "Betty", interprétée seul à la guitare acoustique.
Moment de grâce incontournable.
Viendront ensuite des titres comme "Noir et Blanc", "Travailler encore" , dédié à ceux qui ont travaillé dans les laminoirs, "Identité Nationale" "..qui s'adresse au président Sarkozy ! "et "Melody Tempo Harmony" qui mettra tout le Cirque en émoi avant que le band ne porte l'estocade avec une dernière salsa endiablée.
En premier rappel Bernard nous offrira" Marin", titre magnifique:
"A l'intérieur, le soleil cogne Comme un boxeur devenu fou La pluie viendra laver les hommes Et fera pousser les cajous En attendant le vent du large
Je vais dans le bal du faubourg
Boire de la bière et de la cachaça
Danser la nuit, dormir le jour
E marinheiro, ele e artista
Vive nos portos, onde estara
Cheio de amor, vive a cantar
Nao fique triste, ele vai volar
Je suis marin, un peu artiste
J'aime les ports que tu aimas
J'aime l'amour et la musique
Ne sois pas triste, on se reverra
Je suis marin, ele e artista
J'aime les ports, onde estara
E marinheiro, ele e artista
Vive nos portos, onde estara
Cheio de amor, vive a cantar
Ne sois pas triste, on se reverra.."
...avant d'enchaîner avec "la Salsa" prétexte à une promenade jusqu'aux balcons, accompagné de ses musiciens et qui mettra littéralement le feu au Cirque Royal.
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Retour sur scène plus conventionnel pour "Stand the Ghetto", version agrémentée d'une fin a-capella à plusieurs voix, d'une grande harmonie.
Superbe.
Le public déchaîné rappelle une 2e fois l'artiste qui reviendra interpréter le superbe " Attention Fragile" en voix-guitare.
Un dernier baiser lancé vers son public et le Stéphanois disparait définitivement en coulisses.
Un "immense" Lavilliers qui ne nous donne qu'une seule envie au sortir de son concert : le revoir sur scène au plus vite dans d'autres aventures dont il a le secret.


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