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Radiohead ‘ Supercollider/The Butcher

Publié le 02 mai 2011 par Heepro @heepro

Radiohead ‘ Supercollider/The ButcherTout a été dit sur le quintet d’Oxford, notamment depuis 1995, et avec plus d‘ampleur dès 1997, cela, sans que cela ne cesse plus un instant. Pire encore, l’Internet a vampirisé toute la rhétorique des fans d’un côté, des détracteurs de l’autre. Car, oui, s’il est une chose qui est certaine, c’est que Radiohead, ou sa musique, ne laisse personne indifférent.
Pour ma part, si je ne fais évidemment pas partie des seconds, m’avouer « fan » serait une exagération. Tout d’abord, parce que je vais faire hurler beaucoup de monde en annonçant que OK Computer n’est pas un disque dont j’apprécie l’écoute ; bien sûr, nombre de titres sont époustouflants : par exemple « Airbag » ou « Let down », ou plus simplement les six premiers titres avant la coupure « Fitter happier ». Après, ça tombe. Je ne saurai l’expliquer, c’est une simple question de ressenti, d’émotions, donc tout cela est subjectif.
À l’inverse, je suis d’accord que Kid A est un monstre sacré, ce fut d’ailleurs une claque énorme pour moi au moment de sa sortie ! Pendant longtemps, Radiohead se sera essentiellement résumé pour moi à ce disque et à The Bends (que j’ai adoré de tout mon cœur).
Quand Hail To The Thief sorti en 2003, j’en attendais beaucoup, et fut déçu. À raison, ou à tort à cause, justement, des mes trop grandes attentes. Il m’aura fallu attendre près d’un an après la sorti de In Rainbows pour écouter le, alors, dernier album de Radiohead, et je fus stupéfait et absolument comblé par ce très beau disque, parfaite synthèse à mes yeux (et oreilles) de la plume caractéristique du groupe, à mi-chemin entre pop-rock et musique électronique.
Radiohead n’a jamais été mon groupe culte ou fétiche, et ne le sera sûrement jamais. Par contre, j’aurai toujours le plus grand respect pour leur œuvre qui ne vise absolument pas la grandiloquence : tout l’important chez ces cinq Anglais réside dans la musique, toute la musique, rien que la musique.
Tergiverser sur les propos de fans ou détracteurs, simples auditeurs ou journalistes, n’a aucun véritable intérêt.
Cette année, après la révolution musicale et commerciale de In Rainbows (pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle : connaissez-vous déjà Internet en 2007 ?), ils rééditent en terme de publication. Si un album était prévu pour cette année, aucune date n’était connue. Et celle-ci fut annoncée cinq jours seulement avant la sortie officielle et en ligne de The King Of Limbs. Et encore, la date fut rapprochée d’une journée, comme pour tout contrecarrer. Si les membres de Radiohead semble se moquer – pour rester poli – des circuits traditionnels et des Majors, ils ne se moquent pas de nous, auditeurs.
Un tout petit album de huit titres (après le déjà bref In Rainbows, lui en dix titres dans sa version simple) qui vient donc être rallongé car suivi d’un vynil collector de deux titres : « Supercollider » et « The butcher ».
Si le dernier album est loin d’être parfait, il possède tout de même de très bons titres, voire de véritables perles (telles le magistrale « Codex », qui pourrait peut-être même figurer parmi les meilleures compositions du groupe depuis leur formation). Le manque d’homogénéité ne sera pas le problème ici de cet EP, qui aurait pu ou dû figurer sur l’album : oui, pourquoi ne pas avoir retenu ces titres issus des mêmes sessions d’enregistrement ?!
« Supercollider » est un titre de sept minutes, ce qui est déjà en soit quelque chose d’assez rare chez Radiohead, d’autant plus qu’ils étaient revenus à des formats plus classiques, que ce soit pour la durée des chansons ou pour celle des albums. Batterie, guitares, bidouilleries électroniques, ce titre prend son temps pour imposer son tempo, le chant de Thom Yorke donnant dans le simple et l’efficace. On se rend compte, encore une fois, que le groupe a trouvé sa ligne directrice depuis un moment et la suit, en sachant que cette ligne des chemins sinueux dans lesquels ils puisent de tout ce qui les inspirent, comme le montre « The butcher » et son rythme martelé, électronique (la batterie et les autres instruments classiques ont laissé leur place). Si « Collider » me semble parfaitement entrer dans l’ensemble de The King Of Limbs, « The butcher » scintille de mille feux, et aurait assurément constitué un autre sommet au côté de « Codex ».
En somme, Radiohead n’a peut-être pas sortit de nouveau chef-d’œuvre, mais ils montrent que le potentiel pour en refaire un est toujours présent. Et même s’ils n’en ressortaient plus, ils continuent et continueront de nous offrir (gratuitement ou non) de superbes compositions qui font de ce groupe l’un des plus intéressant des vingt dernières années. Indiscutablement.


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