Magazine Cinéma

A bout portant

Publié le 09 mai 2011 par Flow

A bout portant. (réalisé par Fred Cavayé)

Symptomatique.

 

 

Comment être honnête avec le cinéma français? Cette question est présente dans mon esprit à chaque fois que je vois un film bien de chez nous. Je me demande encore si j'en suis capable tant je ne l'apprécie guère. Et ce n'est pas avec ce long-métrage que je vais trouver une réponse.

 

19537329_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20101011_031401.jpg

 

Un aide-soignant sans histoires est embarqué dans un imbroglio criminelo-policier. Sa femme est kidnappée et il tente tout pour la sauver. D'autant qu'elle est enceinte jusqu'au cou. Dure la vie du français moyen...

Travail honnête...

Il n'y a pas grand chose à dire sur le film. Le réalisateur de Pour Elle fait son job. L'intrigue reste proche mais ce n'est pas gênant. Les acteurs sont convaincants et leurs personnages bien dégrossis. On n'est jamais réellement pris dans la frénésie de l'action (car elle n'est pas frénétique justement) mais on suit le film sans déplaisir. C'est basique mais efficace et ce, même si les invraisemblances émaillant le récit empêchent une implication totale. Au niveau du scénario, cette histoire d'enlèvement qui se révèle être en fait une affaire de flics ripoux ne tient pas toutes ses promesses. Si le personnage de Lellouche est, en effet, prêt à tous les sacrifices pour sauver sa belle, le suspense s'évente au bout de quinze minutes lorsqu'on comprend qu'elle est en fait aux mains des gentils. On rencontre alors les vrais bad guy, les ripoux, ce qui entraîne une sorte de transfert. Le ressort principal -l'enlèvement- laissant sa place à la vengeance contre les flics corrompus. Le film peine ensuite à se recentrer sur la femme disparue... Un travail honnête mais dispensable en somme.

Symptomatique.

En fin de compte, le film vaut plus pour ce qu'il révèle. Il prouve que le cinéma français ne parvient pas à se démarquer de son grand frère hollywoodien. Ce canevas, bien connu, du mec normal entraîné dans une histoire extra-ordinaire est typique du cinéma de l'oncle Sam. De Tony Scott et ses navrants Unstoppable et Ennemi d’État, aux productions Bruckeimer hautement débilisantes (Rock, Les ailes de l'enfer), c'est tout un pan du cinéma hollywoodien mainstream que l'on retrouve ici. Et je pense malheureux que notre cinéma d'action n'est rien de mieux à offrir que des rescuées des pires manifestations de son modèle américain. Notons tout de même une différence. La représentation des forces de l'ordre n'a pas droit à tout l'honneur que les films US réservent à la profession de protecteur de la loi. Une incompatibilité culturelle.

Le film est honnête, et (presque) efficace mais ce n'est pas suffisant. Il reste accroché au modèle américain alors qu'il devrait être une alternative crédible. Dommage.

Les +:

- Gilles Lellouche énergique (pour toi Bro :)

- Assez efficace

- Honnête.

Les -:

- Banal.

- Problèmes structurels.

- Symptomatique d'un cinéma français sans identité propre.

 

Note:

1


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Flow 261 partages Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines