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Comptoir des Mots

Par Thomz

Après avoir parcouru presque tout Paris à pied ce jour là (Alesia-Pyramides/Pyramides-Gambetta), j’arrivais quelque peu en avance au Comptoir des Mots, en ce jour honni de grève. Un demi rapidement avalé pour se remettre de ces émotions, une salutation à Claro en pleine préparation pour la suite et puis après la fin du verre, je me dirige vers la librairie située de l’autre côté de la rue. Là je parcourais avidement la table mis en place, réunissant les plus fines traductions de nos deux hôtes de la soirée, Claro et Hoepfner, qui justement parcourait le rayon du regard. Vous vous souvenez peut être, vous qui étiez là, quand H. (c’est plus simple comme cela) indiqua que quelqu’un lui avait demandé par quoi il devait commencer son exploration de Sorrentino. Votre serviteur se chargea de cette tarte à la crème, quoiqu’elle me sembla beaucoup plus digeste au moment où je la lançais en pleine figure. Ce fut plus d’ailleurs un prétexte pour engager la discussion qui divergea rapidement, le sieur H commençant en solo le numéro de duettiste qui allait rythmer de la soirée. Soit deux motifs entrelacés avec humour, entre deux gorgées de bière et une part de quiche, c'est-à-dire que selon H, Claro ne traduirait que des auteurs faciles, voir superficiels, et que selon Claro, H tuerait ses auteurs une fois traduits. Pour le deuxième, cela s’est malheureusement vérifié par plusieurs fois. De là à décider quelque chose, que le fantôme de Borges me touche !

Bref, une cigarette et quelques échanges plus tard il était temps de commencer, et je m’installai avec Pedro au fond de la librairie, dans un confortable fauteuil à accoudoir.

Et c’est là que la difficulté de raconter commence. Le plat fut copieux et l’on en redemanda. Encore, et encore. Jamais rassasié. Ce fut l’occasion d’entendre deux vrais hommes de lettres, deux individualités que tous les amoureux de littérature américaine auraient du avoir pour profs, ou du moins pour guide. L’humour en plus. Les vacheries décanillés à la vitesse de la lumière furent de grands moments, pourtant souvent emprunts de sérieux. Ce fut pour moi l’occasionde découvrir plus en détail l’œuvre de Sorrentino que je n’avais pour le moment vue que de loin en loin. Les lectures qu’en fit Julie Mouly eurent plus de contenu que n’importe quel exposé. Le texte ne fait sens que lorsqu’il est dit. Flaubert, encore et toujours.

Ces lectures furent aussi le moment d’hébètement au moment d’aborder O Révolutions. Claro commença sans s’en rendre véritablement compte la partie de Hailey normalement dévolue à Julie, et inversement. Il y a des hasards qu’on ne crée pas. Celui-ci en fut un heureux. Là aussi, pour un autre, on est preneur.

Je ne sais pas rentrer dans les détails, pour cela, il faudra peut être attendre que tout ressurgisse au fur et à mesure, même si je n’ai rien oublié.

Ce qui m’a frappé par son évidence, par sa Lumière : traduire et écrire, c’est exactement la même chose. Dans les deux cas, on écrit en français. Un seul et même acte. Traduction et version. La littérature se pare de nuances qui font toute la différence entre l’art et la répétition. Entre la beauté et le reste.

Depuis, Ulysses est en bonne place sur ma table de chevet. Je me suis remis à Vollmann, me prépare pour le Pynch, me suis procuré du Toby Olson, vais aller voir le gars Coover. Et puis tous ceux que j’oublie là, maintenant.

Enfin, last but not least. Cette soirée fut l’occasion d’enfin rencontrer Antonio (Dernière Marge), que nous avons cordialement dévalisé, avec Pedro et d’autres, de tout son stock de miniatures, adorées lues, annotées mentalement pour pouvoir y revenir plus tard.

A quand les autres ?

Et puis comme chez Pedro, salutations à toi, lecteur inconnu ! Tu te reconnaîtras dans tout ce mælstrom je l’espère.

Merci à Claro, à Hoepfner, à Julie Mouly, pour la soirée. Au comptoir des mots, où je ne vais pas tarder à aller remettre les pieds. Voilà un endroit où l’on vous fait croire en la littérature, en le livre. Doux havres de paix en voie de disparition, que nous chérissons par-dessus tout.

Encore une fois, pardon à ceux qui attendaient un récit circonstancié. J’ai préféré écouter plutôt que noter. Je n’ai rien oublié ou presque (à mon âge voilà qui est rassurant).

Je vous l’ai dit, cela ressurgira à un moment où un autre.

En attendant la prochaine…

PS : Bon en fait je crois que le Franzen pour le moment je vais m’abstenir d’en parler. Il y a de très bonnes choses mais trop peu à mon goût. Va falloir se bouger un peu hein. Enfin, je dis ça. I still have not given up on you.

Pour ceux que ça intéresse : le site de l’agent littéraire d’Ellroy référence une prochaine parution de celui-ci sous le titre de « Blood’s a Rover ». Cela ne peut être que la fin d’Underworld USA. Pour quand ? Nul ne le sait…

Sinon, Roger Nimier les enfants, Roger Nimier….


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