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[Critique cinéma] Le gamin au vélo

Par Gicquel

[Critique cinéma] Le gamin au véloDilemme : comment parler de ce film en ignorant la distinction cannoise ? N’ayant vu à ce jour que «  The tree of life » il m’est difficile de porter un jugement. Intrinsèquement, j’imagine que le Prix du Jury est un brin usurpé, d’autant plus qu’il ignore royalement la fabuleuse composition d’un enfant de douze ans Thomas Doret, qui tient le rôle titre et le film tout entier sur ses épaules.

Bien évidemment, j’imagine que le coup d’œil des frères Dardenne n’est pas étranger à cette interprétation sans reproche. Ils ont su construire un personnage et le mener de bout en bout dans ce quotidien si ordinaire d’un gamin qui ne l’est pas.

Dès les premières images, il nous prend par la main et nous fait partager son obstination à ne pas admettre que son père l’a abandonné.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

C’est dingue comme l’enfance est aveugle, et pleine de tendresse vis-à-vis d’un monde dont elle ignore encore l’essentiel. Mais Cyril va se battre, au propre comme au figuré pour revoir cette figure tutélaire , avant d’admettre une vérité dans laquelle il laissera toujours une petite faille , histoire d’espérer encore un peu.

C’est le moteur d’un gamin, et celui maintenant du spectateur : combien de fois, je me suis laissé prendre au jeu de la caméra qui menait notre héros dans de possibles tréfonds, ou au bord de précipices indicibles. Rien que le fait de voler son vélo, me rendait malade.

[Critique cinéma] Le gamin au vélo

Le père et le fils, des retrouvailles fugaces, et une scène très émouvante

A ce stade, Jean-Pierre Dardenne, et  Luc Dardenne ont gagné, le plus simplement du monde. Leur mise en scène ne donne pas le tournis, mais l’écriture qui en découle parle d’amour, et encore d’amour, même dans le désarroi le plus intime. Entre la vie de la cité et les problèmes de société, ils effleurent plusieurs thématiques, avec beaucoup de pudeur et trop de retenue.

J’aurais aimé en savoir un tout petit peu plus sur l’histoire du père de Cyril que Jérémie Renier interprète avec la parcimonie que lui confère son personnage. On le devine, on le pressent, et c’est encore plus vrai pour  cette coiffeuse de banlieue qui accueille le gamin dans son intimité. Cécile de France , est parfaite dans sa posture de femme indépendante. Mais face à l’intransigeance de son nouveau pensionnaire, sa révolte sourde et menaçante, plus d’une famille d’accueil aurait baissé les bras. Samantha va se battre jusqu’au bout pour le gamin au vélo. Allez savoir pourquoi ?


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