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Fernand Ouelette

Par Florence Trocmé

Fernand Ouellette est né à Montréal le 24 septembre 1930 ; c'est un fils d'un artisan, ouvrier ébéniste. Il fait des études en sciences sociales. Dans le courant des années 50, il découvre son maître en poésie, Pierre Jean Jouve avec qui il correspond. Jouve l'encourage à publier Ces Anges de sang (1955).  De 1960 à 1991 il est producteur d'émissions culturelles à Radio-Canada.  En 1966, il produit des émissions sur Jouve ; elles serviront de base, en 1967, à un numéro historique de la revue Liberté (Montréal) sur Jouve, qu'il dirige. Ouellette rencontrera personnellement Jouve à Paris en décembre 1967, puis en février 1972.  
La vie et l’œuvre de Fernand Ouellette sont très riches ; l'encyclopédie participative Wikipédia donne une biographie et une bibliographie détaillées. Pour décrire son entrée en poésie, nous emprunterons quelques lignes à la préface de Georges Leroux pour la récente anthologie Sillage de l'ailleurs — choix de poèmes (1953-2008), préface de Georges Leroux, Typo, 2010, diffusé en France par la Librairie du Québec à Paris) :  
« (…) c'est bien comme une quête entreprise au sein du plus grand enfermement, celui des années cinquante, que cette œuvre libératrice s'est développée et a engendré la lumière même qu'elle voulait atteindre. Les premiers recueils — Ces Anges de sang (1955), Séquence de l'aile (1958), —, ceux qui ont accompagné toute la génération marquée par les révoltes et les découvertes de ces années fébriles, furent publiés à l'Hexagone, dans l'effervescence de la création de formes nouvelles et ils furent suivis au cours des années soixante par des poèmes qui confirmèrent la puissance du projet poétique, Le Soleil sous la mort (1966) et Dans le Sombre (1967). De cette première œuvre ont surgi comme autant de rameaux, les grandes suites poétiques qui l'on conduit jusqu'à l'œuvre la plus récente, L'absent (2010). »  
Ajoutons que les premiers poèmes ont été repris dans le volume collectif Poésie – Poèmes 1953-1971 (1979), et nommons en outre un recueil de 1977, Ici, Ailleurs, la lumière et les grands cycles des années 2000 : L'Inoubliable (3 volumes Chroniques I, II et III, 2005 à 2007), L'Abrupt (2 volumes, 2009). Fernand Ouellette est co-fondateur de la revue Liberté créée en 1959 autour de Jean-Guy Pilon. Sauf mention contraire, Fernand Ouellette est publié par les éditions de l'Hexagone (créées par Gaston Miron).  
Fernand Ouellette a publié des romans (Tu regardais intensément Geneviève, 1978 ; Lucie ou un après-midi en novembre, 1985), des essais (Les Actes retrouvés, 1971 ; Depuis Novalis, errance et gloses, 1973), une autobiographie (Journal dénoué, 1974), une biographie de référence d'Edgard Varèse (1966, puis 1988 chez Christian Bourgois).  
La correspondance et les archives de Fernand Ouellette concernant Jouve, mais aussi Anaïs Nin, Henry Miller et Edgard Varèse (notamment) font l'objet d'un fonds aux Archives nationales du Canada (Bibliothèque nationale du Canada). Dans son ouvrage anthologique Poésie du Québec (Seghers, 1966), Alain Bosquet cite sept poèmes de Fernand Ouellette. L’œuvre du grand compositeur québécois Gilles Tremblay, L'Origine, d'après un poème de L'Abrupt, a été créée en janvier 2011 par l'orchestre symphonique de Montréal dirigé par Kent Nagano. Fernand Ouellete a obtenu de nombreux prix littéraires au Québec. Le 23 juin 2008, le Grand Prix international de poésie de langue française Léopold Sédar Senghor lui a été remis à Paris à la Sorbonne par La nouvelle Pléiade, présidée par Sylvestre Clancier, président du P.E.N. Club français.  
Dans un long entretien de 1990 avec  Noël Audet, Fernand Ouellette donne dans ces lignes quelques clefs pour sa poésie : « F.O. : Le poème, c'est l'instant où j'ai l'illusion de surmonter le tragique et, inévitablement, il y a rechute, après. N.A. : Oui bien sûr. Comme le disait Rimbaud, c'est la fusion des contraires. F.O. C'est par cette fusion des contraires que j'ai l'impression de pouvoir surmonter le tragique, le temps d'un éclair. C'est la concentration a-temporelle du texte poétique qui me donne cette impression, cette joie. C'est pourquoi la poésie doit être intense, sans quoi elle n'existe tout simplement pas. Surmonter le temps, c'est aussi surmonter ce qui lui appartient: la mort et le tragique. Je crois que ce n'est pas tout à fait une illusion, car il y a une tension de tout l'être dans le poème. En somme, dans l'instant poétique, il y a une sorte de résolution des contraires qui me donne l'éclat d'une percée tragique. »  
 
Sites 
La page de Wikipedia sur Fernand Ouellette .  
L'entretien  de Noël Audet avec Fernand Ouellette : « L'irradiation poétique »  
Sur le site du quotidien québécois Le Devoir, une page consacrée à des ouvrages récents de Fernand Ouellette et une page sur la revue Liberté.  
Sur le site de la Fondation Nelligan, les principales études sur Fernand Ouellette.  
Sur le site de la Société des Lecteurs de Pierre Jean Jouve : une page consacrée à Fernand Ouellette et à son numéro de la revue Liberté consacrée à Pierre Jean Jouve et un Tombeau de Jouve.  
 
 
[Jean-Paul Louis-Lambert]


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