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Le chat du Rabbin

Par Metstacapuche @metstacapuche

Critique film : Le chat du Rabbin, réalisé par Joann Sfar et Antoine Delesvaux, avec les voix de François Morel, Maurice Bénichou, Hafsia Herzi, François Damiens… sortie cinéma 06/2011

Le chat du Rabbin

La poésie, l’humour et la personnalité de Joann Sfar m’avaient déjà intrigué dans Gainsbourg – Vie Héroïque, son premier projet en tant que réalisateur, mélange de biopic et d’hommage très personnel à l’artiste à tête de chou. Le chat du Rabbin a définitivement renforcé mon envie de découvrir pleinement l’univers et l’œuvre du dessinateur. Il semble que j’ai du pain sur la planche. Joann Sfar c’est quand même près de 230 albums de bandes dessinées qui se sont vendues à près de 900 000 exemplaires dans le monde entier. Et c’est aussi toutes ses activités annexes, la dernière en date étant sa participation majeure à la mise sur pied d’une exposition sur Georges Brassens, à l’occasion du 30ème anniversaire de sa mort, en Mars dernier à la Cité de la Musique à Paris.

Ce qui marquait déjà dans son dernier film, et qui est largement repris ici, c’est l’intérêt que Joann Sfar porte à la religion, juive entre autres, et son impact sur les relations entre personnes et entre peuples, avec toutefois une dérision certainement la plus juste, la plus légère et la plus éthique possible. Le chat du Rabbin livre une définition éclairée de ce que pourrait représenter l’amitié entre les peuples et les croyances, et sans omettre ni les incompréhensions ni les différences qui les séparent. Et si l’action prend place à Alger en 1920, je ne peux m’empêcher d’y décerner une actualité des propos vraiment exquise. Chaque personnage reflète un questionnement propre, moral et religieux, à une période de la vie qui le concerne, de l’adolescence à la vieillesse, et selon un sexe, une couleur de peau, une origine qui le définit… Ainsi, le chat du rabbin s’installe comme l’enfant ingénu, dont de la bouche, après avoir avalé un perroquet, sort la logique innocente et simple. Son maître quant à lui à l’apogée de sa vie, peut remettre en question sa légitimité et son expérience à chaque instant, confronté qu’il est aux idées et ambitions d’autres gouvernances.

Les dialogues sont incroyablement intelligents, fins et drôles. Les dessins sont éclatants de style, de générosité et de couleurs. Le chat du Rabbin devient l’un de ces films immensément riche et accessible que je voudrais partager avec un maximum de personnes. C’est un vrai support d’humanité, à la délicatesse rare, et dont tous les âges pourront se ravir.

8,5/10


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