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Le SNJC préoccupé par les abus répétés et encouragés contre les journalistes camerounais

Publié le 13 juin 2011 par 237online @237online
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Réuni le 09 juin 2011 à Douala, le Comité d’urgence du Bureau exécutif national du Snjc a examiné les événements récents graves dans le paysage médiatique national. A la suite de sa déclaration spéciale du 29 avril dernier à l’occasion de la fête internationale du travail et de la journée mondiale de la liberté de la presse, le SNJC a constaté avec regret, au-delà des proclamations de forme des différents acteurs sur la protection de la liberté de presse et du droit à l’information, la recrudescence des abus divers à

l’encontre des journalistes.

Ces actes attentatoires aux droits professionnels, à la liberté de l’information et au pluralisme d’opinion consacrés par la constitution camerounaise ainsi que les instruments régionaux et internationaux auxquels notre pays, par leur ratification, est partie liée, vont des licenciements abusifs aux agressions physiques barbares des agents des forces de l’ordre de même qu’une absence de volonté d’appui institutionnel véritable au développement d’une presse crédible. Les cas les plus récents sont dans l’ordre chronologique l’agression du journaliste Nyemb Popoli par des éléments des forces de police ; le licenciement des trois journalistes à Canal 2 et ST2 ; les menaces d’explosion sociale à Equinoxe Radio et TV ; l’annonce de la réduction de l’enveloppe de l’aide publique à la communication privée ; etc.

1- L’agression caractérisée du journaliste caricaturiste Nyemb Ntoogue Paul Louis, par ailleurs directeur de publication du journal le Popoli.

Dans la nuit du au 08 au 9 juin dernier,  il a été violemment pris à partie par des policiers ayant remarqué sa présence au moment où, sous les dehors d’une patrouille nocturne de sécurité, ils tentaient en réalité de rançonner des citoyens-clients et tenanciers dans une vente à emporter de la ville de Douala. Notre confrère, qui, en présence de son collaborateur infographe Joseph Mbappe, s’est pourtant bien présenté comme journaliste sortant du bouclage de son journal, s’en est sorti avec des contusions graves au niveau du visage et à l’œil. Bien que ses jours ne soient pas en danger, après plusieurs passées en cellule du commissariat de ses agresseurs, il reçoit depuis hier des soins dans un centre hospitalier de la capitale commerciale du Cameroun.

Le SNJC qui a pu identifier les agents de la police violents et agresseurs lors de cette opération, comme relevant du Commissariat du 11ème arrondissement de Douala, condamne fermement ces actes qu’elle qu’ait pu être la raison.

Le SNJC exige des plus hautes autorités policières et gouvernementales des sanctions appropriées afin non seulement de mettre fin à l’impunité des auteurs des violations des droits des journalistes mais pour montrer aussi qu’il ne s’agit pas d’une stratégie organisée aux plus hauts niveaux de l’Etat d’intimidation des journalistes réputés indépendants en cette année électorale.

2- Le licenciement de deux journalistes à Canal 2 International.

Dans la journée du 8 juin 2011, le SNJC avait appris la nouvelle du licenciement pur et simple, sans aucune procédure disciplinaire respectueuse des règles en vigueur aussi dans le Code du travail que dans la Convention Collective des Journalistes et métiers connexes, des journalistes Patrick Albert Eya’a et Guy Zogo, jusqu’à alors employés à la télévision privée Canal 2 International. Entre autres motifs de ce licenciement, le Président directeur général de ce groupe de communication privée, Emmanuel Chatue a évoqué dans les colonnes du quotidien Mutations du 09 juin 2011 un supposé « manque de professionnalisme et de patriotisme » de ces confrères).

L’évocation du « manque de patriotisme » intrigue d’autant qu’il n’est prescrit dans aucune charte ou code de déontologie en vigueur le respect de cette notion pour des journalistes en situation professionnelle. D’autant que cette décision grave intervient après la restitution par nos confrères de faits relatifs au match de football international ayant opposé le 04 juin 2011 à Yaoundé le Cameroun au Sénégal, rencontre suivie d’affrontements entre des spectateurs mécontents et les éléments des forces de l’ordre et de la sécurité, occasionnant plusieurs pertes humaines selon diverses sources médiatiques.

Nonobstant les tensions et les pressions vécues par les différents acteurs de cette affaire, le Syndicat des journalistes du Cameroun (Snjc), qui perçoit des pressions politiques derrière cette décision, dénonce d’une part la manière par trop cavalière de la direction de la télévision Canal 2 International ; et d’autre part les méthodes de certains services de sécurité, qui au lieu de rectifier les éventuelles incorrections diffusées par les médias, utilisent des voies de travers pour imposer leur vue.

3- Le licenciement du Journaliste Serges Alain Godong.

Le Snjc a appris et examiné le licenciement en mi mai 2011 du journaliste Serges Alain Godong. Recruté deux mois plutôt seulement pour une mission contractuelle de deux ans à la direction de production de la chaîne de télévision privée STV2, le nouveau directeur de la production a été accusé bizarrement « d’usurpation de titre » du fait d’avoir été présenté comme « Directeur général » par une publication de cette chaîne.

Nonobstant le silence de notre confrère, le SNJC condamne avec la plus grande fermeté la tentative de la direction de ce groupe de communication de ruiner ainsi l’image et le crédit de ce journaliste universitaire réputé assez indépendant. Le SNJC qui appris au cours de ses recherches que nouvellement arrivé, le Journaliste avait clairement annoncé son intention de diversifier la production de programmes de la chaîne afin de faire face à la concurrence, craint que ce dernier n’ait été victime de son ambition professionnelle et citoyenne. Et que dans la réalisation de cet objectif stratégique, il avait entrepris de faire réaliser, aussi bien dans la diaspora qu’au Cameroun, des reportages et interviews d’acteurs politiques et sociaux pas toujours en phase avec le pouvoir camerounais. Cette initiative serait la cause véritable de son licenciement rapide.

4- Les menaces anonymes à l’encontre du patron du groupe Equinoxe.

Le SNJC a appris avec étonnement l’existence des menaces de mort proférées par des sources anonymes à l’encontre du directeur général du groupe privé Equinoxe TV et Radio, Theophile Mbiamou ainsi que sa famille par des personnes prétendant défendre les travailleurs victimes des abus de cet employeur. Le SNJC condamne de manière non équivoque ces moyens d’expression si tant est qu’elles viennent, comme subodoré, des membres du personnel mécontent de leur traitement ou même leurs proches.

Tout en invitant les autorités policières à faire au plus vite la lumière sur ces menaces, le SNJC invite la direction de Equinoxe TV à organiser des discussions transparentes sur la situation sociale au sein de cette entreprise de presse.

Le SNJC est disposé à contribuer au succès d’une telle initiative afin de préserver les intérêts des travailleurs de ce groupe ainsi que l’outil de production.

5- L’annonce de la baisse du montant de l’aide gouvernementale à la communication privée.

Le SNJC a aussi appris avec surprise l’annonce par le ministre de la communication de la révision à la baisse (135.000.000 Fcfa contre 150.000.000 Fcfa en 2010)  de l’enveloppe annuelle d’aide publique à la communication privée.

Tout en réaffirmant notre position séculaire, connue depuis 2005, notamment sur la nécessité de l’institution d’un dispositif législatif transparent d’appui de l’Etat au développement des médias privés, le SNJC invite les plus hautes autorités à revenir sur leur décision et à mieux structurer la gestion de l’enveloppe de 250.000.000  Fcfa considérée en 2009 comme un acquis.

6- En conclusion.

Cet ensemble de vexations perpétrés ces derniers temps par divers acteurs publics et privés à l’encontre des journalistes camerounais en particulier, des médias en général, survenant au lendemain d’inquiétantes déclarations du ministre de la communication lors des manifestations institutionnelles de la 21ème  la journée internationale de la liberté de la presse le 03 mai dernier à Douala où le ministre Issa Tchiroma Bakary, accompagné de trois autres membres du gouvernement, avait clairement laissé transparaître la volonté du gouvernement d’exercer un contrôle plus serré sur les contenus éditoriaux des médias camerounais au prétexte en évoquant de possibles menaces sur la nation en cette année d’élection présidentielle, le SNJC, qui s’en était d’ailleurs ému en indiquant que le rôle social des journalistes, selon les différentes codes et chartes en vigueur dans ce métier, contrairement à la volonté proclamé des autorités camerounaises d’uniformiser les contenus,  était,  de « rechercher, de traiter et de diffuser tous les faits ainsi vérifiés dans l’intérêt exclusif des différents publics cibles », appelle les pouvoirs publics à s’engager par des actes concrets à favoriser l’éclosion d’une presse responsable libre et responsable parce que viable et pluraliste.

Le SNJC réaffirme sa disponibilité à jouer, en toute responsabilité et ouverture, son rôle en tant que partenaire social, en vue d’une réflexion globale, sous la conduite et la responsabilité des pouvoirs publics institués et compétents, pour une meilleure organisation de l’exercice des différentes professions médiatiques au Cameroun.

Premier Secrétaire Membre du Comité Exécutif de la FIJ


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