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The hills run red

Publié le 14 juin 2011 par Flow

The hills run red.

(réalisé par Dave Parker)

Image réflexive.

 

 

Le néo-slasher, dans mon esprit, est né et mort avec Scream. Les films suivants ont essayé (tant bien que mal) de se fondre dans la brèche mais n'ont jamais rien compris aux puissantes mises en abyme de Williamson. D'où ma surprise lorsqu'on m'a parlé de ce film (trop) méconnu et qui rebondit efficacement sur le sujet. Le neo-slasher lives my friends!

 

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Un étudiant en cinéma est obsédé par un vieux slasher: The hills run red, renommé pour être le film le plus réalistement horrible jamais crée. Malheureusement, interdit en salles dès sa sortie, il a totalement disparu de nos jours (tout comme le réalisateur). Accompagné de sa petite amie, de son meilleur ami et de la fille du géniteur du long-métrage, il se rend sur les lieux du tournage. Mais malheureusement pour la petite bande, le boogeyman Babyface est bien réel... Et il n'est pas très amical.

Slasher référentiel.

Ce film est avant tout un slasher tourné vers le passé. De manière nostalgique on assiste au massacre de quelques adolescents partis dans une forêt inhospitalière. Il reprend les mécanismes d'un Vendredi 13. La forêt, les jeunes, la vue subjective du tueur mongol et baraqué dont on ne voit que la main (dans un premier temps). On retrouve même le fameux feu de camp (passage obligé de tout slasher forestier qui se respecte) où les personnages parlent de la terrifiante légende du serial killer détraqué. Cette première partie du film n'est pas très engageante car trop banale et classique.

Dans la deuxième partie, un peu plus enlevée (car plus libérée) on lorgne du côté de Massacre à la tronçonneuse avec la famille de dégénérés massacreurs. Là aussi, on retrouve tout ce qui a fait le succès du classique de Tobe Hooper. L'ambiance poisseuse (sans égaler le maître forcément), la maison isolée, le tueur imposant et enfantin, le patriarche déglingué et les multiples cadavres hantant les lieux.

Ce petit slasher est donc séduisant par son syncrétisme visuel appliqué. Il y a évidemment d'autres références mais je préfère m'en tenir aux plus évidentes (en clair, je ne les ai pas toutes comprises). Mais il y a une dimension encore plus intéressante dans ce DTV passé à tort inaperçu. C'est la mise en abyme du genre qui renvoie à l'excellent film de Craven.

Déconstruction du cinéma horrifique.

Si d'un côté le réalisateur s'applique à créer un patchwork visuel attrayant, faisant du film un héritier sérieux du genre, il prend plaisir à déconstruire l'idée de terreur et de réalisme. Il livre ainsi une réflexion intéressante sur l'essence du film d'horreur mais également sur le cinéma en général. Il tend un miroir au spectateur et lui demande ce qu'il attend d'un tel film et la direction que doit prendre ce dernier (chose assez rare). Le cinéma est une image réflexive de la réalité mais à quel point doit elle être déformante ou réaliste?

Tout d'abord, et pour rassurer les allergiques à Scream (et/ou Craven), ce néo-slasher en reprend le thème et le procédé de mise en abyme mais il s'en éloigne par le ton. Là où le premier s'engouffre dans un registre assurément humoristique et parodique, ce dernier préfère rester sérieux. Sans perdre la force du procédé en route.

Qu'attendons nous d'un film d'horreur? Les protagonistes de l'histoire partent à la recherche du film qui est censé livrer la réponse. En chemin, ils se rendent compte de l'ironie de leur périple qui les fait ressembler aux adolescents amateurs de drogue et de sexe qui peuplent les slashers. Du coup, ils baisent pendant dix bonnes minutes (pour satisfaire le spectateur tant la gratuité de ces scènes est incomparable) et se moquent des règles du genre: panne de voiture, la neutralisation des téléphones portables (qui trouve ici une mise en pratique assez comique)... Puis le réalisateur prend de la hauteur. Ils cherchent le film mais ce dernier est en réalité encore en tournage...et ils en sont les héros! Mise en abyme parfaite...

Deux personnages (dont je garde l'identité secrète) s'affrontent alors quant à la direction que doit prendre le long-métrage (le leur et donc celui que nous regardons)! Le premier se range du côté des réalisateurs/auteurs. Type Carpenter. Il pense qu'un film d'horreur doit focaliser ses scènes de terreur sur l'émotion du spectateur. C'est le seul moyen pour qu'il soit réussi et vraiment réaliste dans l'horreur. Le second est amateur de tortures en tout genre et de masochisme. Le spectateur est un voyeur et en veut pour son argent. C'est la théorie mise en pratique par Saw et tous ses clones.

Le réalisateur ne prend jamais position dans ce conflit et laisse le spectateur seul juge. Mais il parvient à le faire réfléchir à la question tout en satisfaisant habilement les deux camps avec du torture porn et de l’émotion.

Une bonne surprise que ce film injustement méconnu. Efficace et doublé d'une réflexion vraiment pas conne sur le genre. Que demander de plus?

Les+ :

- Acte final virant à la dissertation.

- Bonne ambiance.

- Boogeyman charismatique (pour une fois).

Les- :

- Première moitié plus faiblarde.

- Pas vraiment original (mais on s'en fout).

 

Note:

2


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