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Ma petite maladie familière

Publié le 18 juin 2011 par Lana

Oui, la schizophrénie est grave, longue, pénible, tout ce qu’on veut, je ne le renie pas du tout, elle mène la vie dure, quand elle ne la détruit pas, fait peur à tout le monde et est synonyme de folie.

Mais comme pour tout, on finit par s’y habituer. Ca ne veut pas dire que c’est facile, loin de là. Mais je la connais, j’ai passé presque la moitié de ma vie avec elle. Elle est toujours là, même si je la perds de vue de temps en temps.

Ma petite maladie familière

Je viens de passer quinze jours dans le doute, incapable de tenir debout très longtemps, attendant les résultats des analyses de sang, pleurant devant l’incompréhension d’un médecin pour qui le problème est que je ne vais pas dormir avant minuit. J’ai eu peur, d’avoir une maladie et de ne pas en avoir. Une nouvelle maladie inconnue ou une absence de maladie qui ne veut pas dire absence de symptômes mais absence de solution. Recommencer avec l’inconnu, frapper à toutes les portes pour savoir, ne pas avoir de réponses, imaginer le pire, me battre avec le corps médical, non ça vraiment je ne peux plus.

M’être battue des années pour un traitement, un diagnostic, un diplôme, un travail, et recommencer ça, perdre mes acquis à cause de mon corps qui lâche, c’est trop. C’est la panique.

Quand mon médecin m’a dit que mon corps ne supportait plus le Seroquel, à cause de son agressivité lors de la prise, et m’a proposé le même médicament sans cet inconvénient, ça a été le soulagement.

Je pourrais me dire que c’est un peu la merde quand même, je n’avais jamais pensé à ça, que ce soit mon corps qui ne veuille plus des médicaments et non ma volonté. Je prends ce traitement depuis neuf ans, il me convient très bien, et voilà une nouvelle étape dans la maladie, que j’ignorais totalement: je ne supporte plus mon traitement. Considérant le nombre d’années que je peux encore vivre, ça peut faire pas mal de problèmes de ce genre à venir.

Oui, mais je suis soulagée. La schizophrénie et sa cohorte de problèmes, j’y suis habituée. J’ai déjà les armes au poing, j’ai  gagné pas mal de fois, même si j’ai été souvent mise à terre aussi. C’est la cause de mes pires problèmes depuis longtemps. C’est ma « petite » maladie familière.


Filed under: Réflexions personnelles

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