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Senegal : L'opposition en marche contre la réforme de Wade

Publié le 23 juin 2011 par Africahit

L'opposition politique et associative au président Abdoulaye Wade prévoit de manifester ce jeudi contre le vote à l'Assemblée d'un projet de réforme constitutionnelle instaurant un poste de vice-président. Et permettant au futur président de pouvoir être élu avec seulement 25 % des suffrages.

La société sénégalaise est en ébullition et la journée risque d'être chaude à Dakar voire un peu partout dans le pays. Vent debout contre un projet de loi constitutionnel qui doit être voté ce jeudi à l'Assemblée nationale, l'opposition et diverses associations ont déjà organisé jeudi de nombreuses manifestations « spontanées » dans plusieurs quartiers de la capitale, dans sa banlieue ainsi que dans de nombreuses régions dont Kaolack, Fatick (centre) et Ziguinchor (sud).

À Dakar, la mobilisation qui s'est transformée en émeutes, les policiers sont intervenus brutalement et ont interpellé de nombreux militants du mouvement de jeunes « Y en a marre », dont deux célèbres rappeurs : Cyrille Touré « Thiatt » et Malal Tall « Fou malade ».  Même à Paris, l'ambassade du Sénégal a été brièvement occupée par des opposants.

En cause : la volonté du chef de l'État Abdoulaye Wade d'instaurer un vice-président élu ; et surtout, le « ticket » formé par le candidat à ce poste et celui à la magistrature suprême, qui pourrait remporter l'élection avec seulement 25 % des voix, seuil qualifié de « minimum bloquant » en cas d'absence de majorité absolue au premier tour.

De "super" ministre à vice-président ?

« Dans le cas où aucun des tickets n'aurait 25%, (...) les deux tickets les mieux placés se retrouveront alors au second tour » avec application de la règle de « la majorité relative », a précisé mercredi soir à la télévision publique RTS Abdoulaye Babou, député de la mouvance présidentielle.

Mais à huit mois de la présidentielle de février 2012, à laquelle Abdoulaye Wade a annoncé qu'il se représenterait, la suspicion de voir ce dernier chercher à « placer » son fils aux plus hautes fonctions de l'État est dans tous les esprits. Car la réforme envisage qu'en cas de vacance du pouvoir, le président sera remplacé par le vice-président qui aura toutes ses prérogatives – y compris celle de nommer ou révoquer le nouveau vice-président. Et beaucoup soupçonnent M. Wade de vouloir se faire réélire avec un minimum de voix, pour ensuite céder le fauteuil à son fils et « super » ministre Karim Wade.

Amendements

Reste qu'on ne connaît pas exactement la nature du texte qu'examineront jeudi les députés en séance plénière, puisque celui-ci a subi « 35 amendements » en commission technique, a expliqué le député Babou, sans donner plus de détail. Mais le gouvernement a d'ores et déjà prévenu qu'il ne renoncerait pas au projet en dépit du tollé dans l'opposition et la société civile.

Jeudi, opposants et partisans du texte sont autorisés à manifester autour de l'Assemblée nationale, mais chaque camp dans un espace bien précis, a indiqué le ministre de l'Intérieur Ousmane Ngom dans un communiqué diffusé mercredi soir par la RTS. Il a appelé à des manifestations pacifiques « jusqu'à leur dispersion ». Qui risque d'être un peu plus rapide que ce que les militants espèrent... 


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