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La Peine du Menuisier

Par Lael69
La Peine du MenuisierMarie Le Gall
Le Livre de Poche
Paru en Janvier 2011
317 pages
6,50 euros

Prix Bretagne 2010
Prix des Lecteurs 2011

Quatrième de couverture : La narratrice grandit dans une atmosphère lourde de non-dits, dans une maison écrasée par le silence, dont les murs de pierre suintent le mystère… Son père n’est qu’une ombre solitaire. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain ? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil ? Elle aimerait poser des questions, mais on est taiseux dans le Finistère. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance, mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité. D'une plume à la fois vibrante et pudique, Marie Le Gall décrypte l'échec d'une relation père-fille.
Récit intime d'une relation père-fille marquée par le silence et la distance, La Peine du Menuisier raconte l'enfance de la narratrice, dans les années 50, en Bretagne. Née d'une mère mélancolique, soeur d'un enfant handicapé mental et fille du "Menuisier", la narratrice grandit tant bien que mal, entourée de non-dits et de secrets. L'ambiance dans la maison est austère, timide, imprégnée d'une tristesse infinie. Les morts et les vivants cohabitent, les uns se fuient alors que les autres sont encadrés et posés sur les murs. Le poids des photos est lié à un passé lourd d'émotions, un passé que la narratrice s'efforce de connaître pour enfin comprendre son histoire et le mutisme d'un père absent. Avec pudeur et délicatesse, Marie Le Gall nous plonge dans une atmosphère grise, nostalgique, tournée sans cesse vers l'Ankou. On a l'impression que la mort suit cette famille modeste et l'on voudrait briser le silence instauré consciemment. Les mots sont forts, vivaces, parfois poétiques...c'est l'écriture de la quête personnelle où l'on sent à quel point le récit peut exercer sa fonction exutoire et son évocation libératrice d'une narratrice qui se livre pour guérir. Emouvant certes, mais dramatique en soi et éprouvant, oppressant. Malgré des débuts difficiles, j'ai poursuivi ma lecture grâce à la fascination d'un pays, la Bretagne pour ses traditions familiales et sa religion. J'ai beaucoup aimé le portrait de jeunesse d'une enfant qui se faisait de la mort une amie, envoûtée par les cimetières et les photos des morts, surtout des enfants. Il y a là, la douleur mais il y a aussi beaucoup d'amour. Ce récit autobiographique est très beau par sa sobriété mais il me laisse comme un goût amer : celui des regrets, celui d'un gâchis familial.
Les avis de Sylire, BelleSahi, Cathulu, Aifelle, Esmeraldae,
Choco, Leiloona, Chiffonnette

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