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[Critique DVD] Requiem pour une tueuse

Par Gicquel

Mélanie Laurent, en tueuse à gages, je veux bien. Avec en prime un côté femme fatale qui rajoute du piment à son personnage, ça le fait vraiment. Mais lui affubler la panoplie d’une diva du contre alto, ça surprend, surtout depuis que je l’ai entendu réellement chanter.Je sais, il y a antériorité, mais quand même. C’est une  très bonne comédienne, pour la voix on repassera. Mais dans ce Requiem, magnifiquement doublé, la cantatrice de l’histoire passe  heureusement plus de temps à descendre ses semblables qu’à faire des vocalises.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le rôle, ambigu, donne tout le sel de ce thriller bien étrange qui présente d’emblée une marque de fabrique américaine (ce n’est pas un reproche) avant d’affirmer une personnalité plus conséquente. Quand les dés sont jetés (contrat en main, cible désignée …) la suite de l’opération se révèle effectivement d’une toute autre facture.

Notre héroïne doit éliminer un de ses collègues chanteurs à l’occasion d’un festival de musique classique. Mais comme le commanditaire n’est pas sûr de sa tueuse, il la fait surveiller par une tierce personne qui elle-même se méfie des autres festivaliers.

Un procédé casse-gueule pour le jeune réalisateur Jérôme Le Gris (premier film) qui se prend les pieds dans un scénario à l’écriture un peu facile. Il patine plus qu’il n’avance dans les couloirs de ce château suisse, où les portes ne ferment plus à clé.  Ce n’est pas flamboyant, mais assez intriguant pour entretenir le suspense et  suivre tous ces personnages, qui frisent la caricature (à la manière de …)  sans jamais verser dans le grotesque.

[Critique DVD] Requiem pour une tueuse

Agent secret, rangé des affaires, c'est du moins ce que Clovis Cornillac s'imaginait ....

Je pense notamment à Tchéky Karyo, qui retrouve quasiment sa panoplie abandonnée dans l’excellent « Nikita » de Luc Besson (et l’affiche m’y fait aussi penser). Avec plus de tendresse cependant pour sa jeune et belle protégée, qui se débrouille elle aussi très bien en tueuse patentée. Pour Mélanie Laurent, ce n’est pas le rôle de sa vie, et ce n’est pas le film pour lequel je me relèverais la nuit, mais au bout du compte, et sans trop savoir pourquoi, il ne me laisse pas indifférent.

Les bonus

Making of

Une véritable immersion dans les coulisses, sans commentaire, ni intrusion promotionnelle. Au cours de plusieurs scènes, on dissèque parfaitement le travail des uns et des autres, et même celui des hommes et femmes de l’ombre, chargés d’arrêter par exemple la circulation. L’ensemble est superbe

[Critique DVD] Requiem pour une tueuse

Entretien avec Mélanie Laurent (20 mn)

Un entretien beaucoup trop complice avec l’intervieweur pour y apprendre quelque chose. Je retiens malgré tout l’évocation de «  Nikita » et la façon dont la comédienne parle de son personnage. «  Il a très peu de texte, donc il fallait trouver quelque chose dans l’œil, dans l’observation, et inventer plein de chose. J’ai alors voulu en faire une intello et  que tout passe par le regard ».

Sur sa carrière, Mélanie Laurent reconnaît désormais qu’elle peut voir venir et surtout choisir. « Arriver  sur un plateau avec la boule au ventre, de peur de se faire engueuler, alors qu’on n’a pas encore ouvert la bouche, je n’en veux plus ». A tel point qu’elle vient de réaliser son premier film. La façon dont elle en parle, c’est le paradis ! Idem pour son album, mais là je ne partage pas du tout son enthousiasme. A chacun sa voix !


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