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Quand je pense…

Publié le 28 juin 2011 par Legraoully @legraoully

Graoulliennes, Graoulliens, amical bonjour de la pointe Bretagne ! Quand je pense…

Quand je pense à la Grèce, à ses édifices prestigieux et millénaires découpant leur blanche silhouette sur le bleu du ciel, défiant le temps, couronnant les reliefs gorgés de soleil et parsemé d’oliviers farouches où le regard se perd ou dominant les mers que redoutaient tant les Achéens et qui s’insinuent dans les immenses replis des côtes au sein desquels l’homme prend la mesure de sa petitesse, de même que dans ces montagnes aux charmants villages où le voyageur fatigué trouve refuge avant de gagner les hauts lieux de Mycènes, Olympie, Delphes et, bien entendu, Athènes, cités mères des arts et des sciences par la grâce de leurs poètes, philosophes, sculpteurs, peintres, danseurs, musiciens, géomètres, historiens, sites que tant de faits héroïques, d’œuvres séculaires et d’actes fondateurs chargent à jamais d’histoire…

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Quand je pense au Portugal, patrie de Magellan, Vasco de Gamma, et de tant d’autres navigateurs qui, pour rendre le monde enfin lisible aux hommes qui l’habitaient, ont bravé les superstitions et les flots luttant contre les côtes rugueuses aux fantastiques grottes naturelles et ont quitté les plaines vallonnées écrasées de soleil où le jaune vif, le rouge pourpre, le bleu sombre et le vert éclatant dansent en une symphonie colorée autour des chênes-lièges noueux et aux abords des champs de blé aux étendues infinies, plaines qui sont autant d’antichambres pour les petits villages blancs où le temps semble s’être arrêté et les grandes cités claires bâties sur les larges fleuves d’un azur ne trouvant de rival que dans celui des azulejos dont l’art séculaire fait le juste orgueil du pays, cités accueillant les lieux de culte à l’architecture flamboyante et où la légendaire paciênçia des citadins rend la vie si douce…

QUAND JE PENSE…

Quand je pense à l’Espagne et à son peuple qui a su réapprendre à profiter de la vie après la disparition de la chape de plomb franquiste, donnant libre cours à son esprit festif et convivial dans un cadre où, certes, les montagnes pelées et néanmoins verdoyantes accueillent des villages blancs et rouges qui sont autant de petites touches de peinture, que ne renieraient pas Velasquez, le Greco, Goya et tant d’autres, dans une nature indomptable, mais cadre dans lequel dominent les vestiges d’une civilisation musulmane foisonnante, arabesques architecturaux ciselés jusque dans les moindres détails, à tel point que l’observateur ne sait plus où donner de l’œil émerveillé devant ces dentelles de pierre multicolore consacrant le pays comme étant à tout point de vue le pont entre l’Europe et l’Orient et s’ajoutant à la langue la plus chantante et la plus chaleureuse qui soit au monde, la langue qui fut celle de Cervantès et de Garcia Lorca pour ne citer que ces ambassadeurs immortels du génie humain…

QUAND JE PENSE…

Quand je pense à la France, qui aurait pu n’être que la nation du raffinement que tant d’autres nations lui ont envié, dont les châteaux de nos rois et de nos ducs et leurs jardins dignes du coup de pinceau d’un Renoir, d’un Manet ou d’un Gauguin demeurent les témoins fidèles et sans âge, si elle n’avait eu pour écrin les côtes sauvages de ma terre bretonne sur laquelle souffle le vent salé du large, les nobles montagnes impénétrables du Jura si cher à notre ami Jérôme, la goutte d’eau perlée de soleil du Sud où réside notre poétesse Carmen, autant de bienfaits naturels qui ont vu naître Rabelais, Racine, Diderot, Victor Hugo, Albert Camus pour ne citer qu’eux parmi les plus prestigieux représentants de la langue la plus riche et la plus romantique de tout l’Occident, dont l’apparente rationalité n’est que le garde-fou dont elle s’est dotée pour dompter sa propre exubérance…

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Bref, quand je pense à toutes ces merveilles, tous ces trésors que renferment ces pays qui paient aujourd’hui les pots cassés des jeux de petit garçons des crânes d’œuf de l’économie de marché, ces terres fabuleuses dont la souveraineté même est menacée par les appétits grossiers du capitalisme sauvage, je n’en veux que d’autant plus à tous ces connards incapables de reconnaître d’autre valeur que celle de l’argent, qui ne se font aucune idée de la beauté de ce à quoi la nature et le génie humain peuvent donner le jour parce que leurs sens sont gâtés à tout jamais par le temps qu’ils ont perdu en manipulant des sommes virtuelles en pianotant sur un clavier, à ces seigneurs vivant sous vide dont la seule raison d’être réside dans le but criminel et dérisoire de gagner plus d’argent qu’il n’en faut pour faire vivre une ville, à ces politiciens incompétents ou complaisants qui confondent la défense l’intérêt des peuples qui les ont élus avec l’enrichissement des déjà riches… Oui, quand je pense aux beautés non quantifiables de ces pays, je voue une haine irrémédiable à ces décideurs qui les ont, délibérément ou non, condamnés à la faillite et à la médiocrité, ne faisant aucun cas, faute de pouvoir s’en faire seulement une idée, des richesses que ces terres renferment… Allez, kenavo !


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