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Al Copley trio au Café 't Leeuwke, Sint-Pieters-Leeuw, le 28 juin 2011

Publié le 28 juin 2011 par Concerts-Review

Al Copley en concert au 't Leeuwke, un dorpscafé en plein centre du village.
Une pub anecdotique: quelques affiches A4 bricolées, collées sur la vitrine du bistro! C'est le bouche à oreille qui fonctionne à merveille et à 20h30', une foule bigarrée se presse, déjà, dans le troquet: des autochtones, mais aussi la clique blues/roots de Bruxelles ( Jack, Bernadette+ 25 potes , Rocking Lee, George Tonla-Briquet, Luk photo Stiens, Renaud Patigny, René un habitué de Toogenblik and, of course puisqu'il co-organise l'événement, Cool Danny mit Fraulein)!

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Un coup de chapeau à ces braves gens: un free gig d'Al Copley dans une pièce à peine plus grande que ta salle de bain, ce sera dans les annales!
21h05, après avoir ingurgité quelques Stella, vu la chaleur moite régnant sur un Pajottenland attendant bravement que les éléments se déchaînent, tu te colles au podium car on vient d'ouvrir la cage aux fauves.

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Le local, Gerry Fievé ( Jake La Botz, Superslinger, D-Regulators et tout récemment Doghouse Sam & His Magnatones qui seront à Peer...) aux drums- Paul Ulrich, pas dopé, si ce n'est à la Stella, à la contrebasse et celui qui créa Roomful of Blues avec Duke Robillard, ou qui fut le premier pianiste des Blues Brothers ( je te cite pas les minables avec lesquels il a encore joué, t'insistes? OK, 2 : Stevie Ray Vaughan et The Fabulous Thunderbirds..), from Buffalo:

Al Copley au piano!
't Leeuwke a eu le bon goût de louer un Yamaha authentique!
En cuisine, Gerry a expliqué 2 ou 3 notions de Noordkaap au brave Al qui, fièrement, nous annonce: 't Leeuwke, ik hou van u ...
One, two, three... time to boogie, baby: le New Orleans blues:' Going back to the country', que tu retrouves sur l'album 'Live in Montreux'.
Sans transition les doigts papillonnent et attaquent 'Route 66' en version swing.
Oublie 't Leeuwke, le zinc vient de changer de nom: 'The Little Lion', un juke-joint du côté de Rosedale dans le Delta du Mississippi!
Le Yamaha est martelé à la vitesse v v prime, pendant que basse et drums impriment une cadence folle.
Yeah, yeah et sifflements admiratifs fusent dans ton dos.
Un standard de la Nouvelle -Orléans: 'Lawdy Miss Clawdy' , Lloyd Price c'était pas de la camelote!
N'espère pas avoir le temps d'aller te commander un breuvage désaltérant au comptoir, les cracks ont décidé de rockin down the house dans un style Jerry Lee Lewis diabolique...rock'n roll to your soul...
Al dégage un sentiment de joie et de bonne humeur communicatif, that guy makes you feel real good, t'oublies ton compte en banque à sec, tes voisins bruyants, la sale gueule de ton patron, les jérémiades de madame pour te laisser emporter aux rythmes imprimés par les doigts agiles.
It's time to slow things down: un blues à sortir tous les kleenex, car sa bonne femme a transformé son chez soi en room full of blues, toujours la même histoire avec les nanas!

On va pas s'apitoyer des heures, hein, les aminches, let's go: le twelve bar blues/rock'n roll nerveux 'Shake, rattle and roll' , repris en choeur par tous les lionceaux locaux et puis un downtempo sirupeux: 'Wandering baby' ( James Sugar Boy Crawford) qu'il a dépoussiéré mais qui sent encore les fifties et les champs de canne à sucre.
'No more honey' tout aussi rétro, Al est le King du jump blues/ barrelhouse blues!
La perle du premier set: un slow blues à la longue intro tragique, la main gauche caresse les graves, les doigts de la droite virevoltent, pendant que les gouttes de sueur perlent de son pif pour atterrir sur ses pompes, il n'en a cure, grimace, sourit, souffre tout à son jeu et après 5' pleure ...you're having your way and you don't wanna see me anymore... I tried to make you happy so your life you could enjoy.... l'éternelle litanie fredonnée par les pauvres bluesmen qui ont la bête manie de s'enticher d'ingrates ou de salopes de la pire espèce!
Une ovation après cette démonstration. Il nous présente ses compères et nous proposent deux titres qu'il a gravés avec les Blues Brothers, pour débuter avec le fameux ' One Bourbon, one Scotch, one Beer', l'estaminet est déjà depuis longtemps transformé en bain turc sans ottomans et la décence t'interdit de te promener à poil, aussi le brave Al augmente la dose: nine Bourbon, ten Scotch et cinq fûts de Stella!
On suit avec 'Flip, flop & fly' écrit par Big Joe Turner, Al se déchaîne, 't Leeuwke rugit ...flip, flop and fly I don't care if I die... Capone renverse son tabouret et finit assis sur son instrument!
55 minutes démentes!

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A short break, have a drink, on revient...
Fait intenable dans le sauna, tu te dis qu'aller en siffler une dehors où il fait un tantinet plus frais, et tailler une bavette avec Cool Danny et les autres organisateurs, c'est pas con comme plan!
Ben, con tu fus, car quand le Cop et ses acolytes se repointent, plus moyen de se faufiler face à la scène.
T'es coincé à l'entrée, t'entends que des bruits de conversations et, à part des ventres bedonnants et des faces hilares, tu vois que dalle des musicos.
Les fenêtres sont ouvertes, vais aller ouïr la suite du récital sur le trottoir, tu penses.
On est une trentaine à avoir imaginé ce dessein.
Bordel!
Tu crois avoir reconnu 'Good rocking tonight' comme ouverture et il poursuit avec le rock 'Hoy Hoy Hoy' de Roy Milton qu'il a enregistré sur 'Jump on it'.
Du stomping boogie/rock avec 'Riding along in my automobile' de Chuck Berry et un second Chuck: 'Sweet Little Sixteen', tu râles sec de ne pouvoir vibrer avec les gars dans le zinc!
Un swing et un rockabilly couverts par les palabres des zatlaps debout à tes côtés, tu pestes à nouveau pendant que le trio ébauche un slow: ' Someday'.
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Plic, plic, plic, de grosses gouttes viennent se fracasser à tes pieds, quoi encore? Saint-Pierre qui pisse sur Sint-Pieters-Leeuw?
Coup d'oeil aux étoiles... pas d'étoiles, d'énormes et lourds nuages, des éclairs ...on est chocolat, l'orage éclate:
L'orage a fait tomber sur nous toute la pluie du ciel
L'orage nous a surpris mais en attendant l'arc-en-ciel
Moi je me suis abritée sous ton grand ciré
Sous ton ciré tu m'as serrée...
Elle avait pas de ciré, elle m'a pas serré, j'ai détalé, juste à temps, des cataractes d'eau s'abattent sur le bled, heureusement ton carrosse est à 26 mètres.
Apocalypse Now!
Une prière à tous les dieux, ta carriole transformée en arche, où est Noé, où sont les rames?
Glou, glou, glou....
Home sweet home!
N'ai aucune nouvelle d'Al Copley!


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