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"On fait l'bilan calmement en s'remémorant chaque instant"

Publié le 11 juillet 2011 par Teazine
EUROCKEENNES 2011 : LE BILAN
Autant être honnêtes d'emblée : cette année, on a un peu moins aimé les Eurockéennes. C'est peut être dû au fait que nous devenons plus exigeantes, plus blasées, ou encore que nous sommes malgré nous de grosses connasses d'hipster. Mais on n'y croit pas trop, ou alors, si c'est vrai, ce ne sont pas les seuls facteurs qui ont fait que ce weekend à Belfort était un peu moins formidable que les trois précédents. Oui, "trois", car c'étaient nos quatrièmes Eurockéennes, alors nous pouvons nous permettre un peu de dire que "c'était mieux les autres années", même si quatre ans ce n'est pas forcément grand chose comparé à certains habitués du festival.
Première - et plus importante - fautive : la programmation. Cette année, c'était vraiment vaches maigres pour nous. Quand on a fait cette remarque en interview à Christian Allex, le directeur artistique des Eurockéennes, il nous a simplement demandé si on habitait Paris - lol. D'après lui, "la prog a été plutôt appréciée de tous les festivaliers. C'est unanimement reconnu qu'il y a eu plein de super moments [...], tout le monde a été super convaincu." Mouais, ben pas nous, ni la totalité de nos amis eux aussi présents à cette vingt-troisième édition. Certes il y a eu de bons concerts, mais en comparaison aux autres années, il y en a eu moins et on n'a pas forcément gagné en qualité non plus. C'était à nos yeux beaucoup mieux en 2010. Mais là encore on ne semble pas de l'avis de tout le monde. Christian Allex : " On s'est fait fracasser l'année dernière sur la prog alors que cette année on a eu un entrain incroyable. Moi j'aimais beaucoup la prog de l'année dernière, peut être plus pointue et plus exigeante."  Les adjectifs sont lâchés. Les Eurockéennes ont-elles laissé tomber la qualité, quitte à perdre leur clientèle plus érudite mais pour toucher davantage le grand public ? Le directeur artistique, tel un communiqué de presse vivant, explique juste que "la programmation de cette année est plus large et fait aussi la part belle à des artistes déjà connus comme Boys Noize ou Birdy Nam Nam. Il y a peut être un peu plus de points de repères qu'il y avait l'année dernière." Et effectivement, au final le festival y trouve son compte puisque l'affiche aura attiré près de 95 000 personnes (soit 15 000 de plus que l'an passé, quand même) faisant ainsi carton plein ou presque. Tant mieux pour eux après tout. La loi des grosses têtes d'affiche l'a emporté sur les middle names plus confidentiels. 
Concernant le budget, puisqu'il a son rôle aussi, il est resté quasi le même ces dernières années : 5,4 millions d'euros en 2011. Le festival français qui se rapproche le plus en taille et en budget est Rock En Seine, avec 5,2 millions et plus de 100 000 entrées. Et dans le match, c'est bien la prog de Rock En Seine qui gagne, comme quoi ce n'est pas juste une question d'argent. 
Chistian Allex est directeur artistique des Eurockéennes depuis onze ans déjà. 
Cette édition aura aussi été marquée par des changements de taille, entre réorganisation des scènes et du temps du festivalier. Alors, les Eurocks nouvelle formule, ça prend ou pas ? Dans l'idée, c'est vraiment chouette d'avoir enfin osé bousculer les habitudes du public, et c'était aussi une prise de risque à assumer. Dans la pratique, il y a des réussites mais aussi des ratés. 
Parlons des scènes, par exemple. Ils ont réaménagé celle de la plage, en l'installant sur l'eau. D'une, c'est vraiment super joli de voir les groupes comme flotter, et de deux, on y voit beaucoup mieux qu'avant. Le petit défi technique a été relevé et la scène de la plage est devenue notre lieu préféré sur le site. En revanche, pour la Loggia, c'est une autre histoire. Légèrement déplacée, adieu la scène tranquille au milieu des arbres. Surtout, elle souffre maintenant d'un problème d'accueil. Sa capacité a diminué (la scène est désormais couverte) et l'entrée est une espèce d'escargot, autant dire qu'il est quasi impossible de s'y faufiler quand il y a un peu de monde (et il y en avait toujours). D'ailleurs, Christian Allex avoue de lui même qu'ils se sont "un peu ratés". La troisième et dernière scène à avoir été reliftéé est le Chapiteau. Rebaptisé "Esplanade Green Room" et mis aux couleurs d'Heineken, son sponsor, l'espace semble avoir gagné en capacité, sûrement grâce à la suppression du toit. Par contre, on galère pas mal pour y entrer et en sortir, c'est toujours bondé. Résultat : on y voit pas grand chose et l'ensemble manque sérieusement de charme. Quand on demande au directeur artistique si accepter un sponsor aussi important découle de problèmes d'argent, il réagit aussitôt : "Pourquoi, ça dérange ?" puis se défend : "Tant qu'on garde la liberté artistique..." et pointe du doigt un festival qui fait pire (Benicassim - "je ne pense pas qu'on en arrivera jusque là"). 
Ensuite, le gros travail a été de changer la "déambulation" du festivalier. Cette année, ils ont voulu "créer des accidents avec des compagnies de théâtre de rue entre les concerts" dit Christian Allex. Cela explique aussi la suppression de la cinquième scène, le feu Club Deville : un lieu en moins, c'est une économie de budget sur les artistes qu'on n'y programmera pas. L'argent gagné a donc aussitôt été investi dans le théâtre de rue. "C'est un choix. On voulait vraiment avoir ce théâtre de rue, et aussi le spectacle des Plasticiens Volants". Au final, était-ce vraiment utile ? Si nous avons bel et bien croisé quelques énergumènes à califourchon sur leur "Klaxonarion" et aperçu une bande de gens en costard avec des guitares au format jouet -et encore, il fallait tomber dessus- nous n'avons à aucun moment eu le temps ou l'envie suffisante pour assister à un spectacle plein - et nous ne sommes pas les seules dans ce cas. Quant au spectacle des Plasticiens Volants, il devait certes être très joli, mais combien de personnes ont fait l'impasse dessus en leur préférant les Arctic Monkeys sur la grande scène au même moment ?
Enfin, une chose nous a sérieusement manqué cette année : le Warm Up. C'était sympathique d'arriver dès le jeudi et de s'installer calmement tout en fêtant le début du festival au camping, en attendant les choses sérieuses du lendemain. Mais cette année, nada, le camping n'ouvrait que le vendredi matin et on avait à peine le temps de dire ouf que la moitié des concerts était passée. On a demandé pourquoi et on nous a répondu que c'était une trop grosse ingénierie d'ouvrir le camping dès le jeudi, cela les obligeait à travailler dans l'urgence. Mais le fait d'ouvrir le camping et le festival simultanément n'est-il pas lui aussi source de gros rush? La réponse est évasive, on s'interroge : serait-ce une fois de plus pour des raisons économiques ? Ne pourrait-on pas, alors, faire le Warm Up sans artiste comme cela a été fait pendant des années ? Est-on vraiment condamné a rater systématiquement les premiers concerts du vendredi lorsque l'on dépend des navettes bondées?
Somme toute, cette 23ème édition des Eurocks nous a plu, mais sans plus. On a beaucoup aimé  une  partie des changements et certains événements comme la nouvelles scène de la plage ou Arcade Fire, mais le reste nous a plutôt laissées indifférentes voire déplu. Parmi les gros malus, l'affiche trop passe-partout et la (trop) grande affluence qui, bien que bonne pour la santé économique du festival est étouffante voir exaspérante sur place. Les Eurockéennes ne restent pas moins un festival qui a une place importante pour nous, celui qui a vu la TEAm naître, alors on espère quand même que les organisateurs sauront nous promettre de bonnes surprises pour l'année prochaine.  

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