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Les Carnets Secrets de Nuremberg

Publié le 18 juillet 2011 par Olivier Walmacq

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genre: documentaire
année: 2007
durée: une heure

l'histoire: A ce jour, aucun film nous a fait pénétrer à l'intérieur des cellules des accusés de Nuremberg. A l'occasion du 60ème anniversaire du verdict, Les Carnets Secrets de Nuremberg lèvent le voile sur la face cachée du procès des grands cirminels nazis.

la critique d'Alice In Oliver:

Le 1er octobre 1946, à Niuremberg, le Premier Tribunal International de l'histoire condamne les principaux responsables du Parti Nazi: Hans Frank, Hermann Goëring, et Julius Streicher.
Goëring échappe à la sentence en se suicidant dans sa cellule (avec du cyanure). Pendant un an, ces responsables nazis ont été suivis par des psychologues et des psychiatres.
Leon Goldensohn fait partie de ces psychologues chargés d'entendre ces hommes, accusés des pires barbaries commises dans l'histoire de l'humanité.

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Leon Goldensohn

Après le Procès de Nuremberg, Goldensohn garde ses entretiens dans des carnets qui sont restés secrets jusqu'en 2004. En 1961, Goldensohn meurt et les carnets seront dispersés. Pourtant, ces carnets jettent une lumière crue sur les raisons qui ont poussé ces hommes à devenir des monstres.
A la base, Goldensohn est chargé d'enquêter sur les origines des crimes nazis et sur leurs raisons profondes.
Hans Frank est l'un des premiers responsables nazis à être interrogé par Goldensohn. C'était un nazi forcené qui avait pour obsession d'affamer le ghetto de Varsovie.
Dans ses carnets, Goldensohn le voit comme un schizophrène, une personnalité à deux facettes: le chez nazi et le dissimulateur.
Pendant le Procès, Hans Frank avouait sa responsabilité dans les crimes commis mais en rejettant la faute sur Hitler.
Il n'admet pas sa responsabilité individuelle. C'est d'ailleurs une position qui sera adoptée par presque tous les accusés.

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Hans Frank
Mieux encore, Hans Franck prétend ne pas connaître ce qui se passe dans les camps de concentration, notamment à Auschwitz.
Pour lui, sa seule faute est d'avoir été influencé par le charisme hypnotique d'Adolf Hitler. Pourtant, on a retrouvé un carnet appartenant à Frank, dans lequel ce dernier évoquait l'extermination des polonais, des ukrainiens mais surtout, des juifs.
Goldensohn effectue également un test de Q.I. A l'exception de Julius Streicher, tous ont une intelligence au-dessus de la moyenne.
Pour l'anecdote, Hermann Goëring demandera à passer le test deux fois, ne supportant pas d'être à la troisième place dans l'échelle de l'intelligence.
Goëring affiche une certaine arrogance pendant le Procès de Nuremberg. En 1946, il a 53 ans. C'est la deuxième personnalité de L'Etat.
C'est lui qui a créé la Gestapo et les camps de concentration. Il est le "digne" sucesseur de Hitler.
Goldensohn le décrit comme une personnalité cynique et n'éprouvant aucun sentiment de culpabilité. Hermann Goëring exerce une pression psychologique sur les autres accusés. D'ailleurs, il sera mis à distance des autres prisonniers.
Goëring se considère comme un personnage historique mais nie sa responsabilité dans le programme d'exttermination des juifs.
C'est aussi le premier accusé à passer à la barre.

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Hermann Goëring
En février 1946, le Tribunal diffuse des séquences tournées par les nazis dans les camps de la mort. Les accusés ne peuvent ignorer la réalité de ces camps.
Mais pour Goëring, cela ne constitue pas une preuve et accuse les russes d'avoir réalisé un film de propagande.
Oui, il a créé les camps de concentration, mais ces endroits ont été conçus pour enfermer uniquement les ennemis de l'Allemagne nazie.

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Rudolf Hess
Rudolf Hess reste un cas intéressant. Ce dernier parle pendant tout le procès et évoque le processus d'extermination. Rudolf Hess veut tout dire, tout raconter et se justifier en même temps. Toutefois, c'est en tant que témoin qu'il comparaît à Nuremberg et non pas en tant qu'accusé.
Il sera jugé quelques temps plus tard par un tribunal militaire et sera exécuté. Goldensohn évoque une personnalité psychopathe, à l'égo surdimensionné.
Rudolf Hess décrit ses meurtres avec une précision bureaucratique sans émettre la moindre responsabilité morale.
Quant à Julius Streicher, il continue de revendiquer haut et fort son antisémitisme. Il apparaît comme un fanatique aux yeux des accusés et constitue un véritable problème. Il est trop borné et radical.
Pour les autres, le discours de Streicher n'est pas une bonne tactique. En effet, les autres accusés nient leurs responsabilité pendant que Streicher vante l'Allemagne nazie et le programme d'extermination.

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Julius Streicher

Julius Streicher a 61 ans au moment du Procès de Nuremberg. Il déclare meux connaître les juifs qu'eux-mêmes.
Les experts psychiatriques sont d'accords pour dire qu'il souffre d'un déséquilibre mental. Mais pourtant, Streicher n'est pas fou.
Il s'agit davantage d'une personnalité paranoïaque, les juifs devenant une véritable obsession. C'est aussi lui qui a le plus faible Q.I. parmi les accusés.
Selon Goldensohn, ces entretiens avec tous ces accusés constituent un trésor psychologique. Tous ces hommes se font passer pour des fonctionnaires zélés.
Mais dans leurs déclarations, il n'y a aucune parole sincère ni aucune place pour le sentiment humain. Ils ont rayé de leur esprit toute responasbilité et ne font pas de distinction entre le bien et le mal.
Finalement, ils sont restés des nazis jusqu'au bout, entraînant toute une nation sur le chemin de la barbarie.
Voilà ce qu'il faudra retenir de ces entretiens, forcément nécessaires pour l'Histoire et le Devoir de Mémoire.

Note: 20/20


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