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Congrès du Rdpc :Paul Biya clôt le débat sur la forme

Publié le 18 juillet 2011 par 237online @237online

Écrit par La Nouvelle Expression   

Lundi, 18 Juillet 2011 17:14

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Le président national opte pour une assise ordinaire qui présage la poursuite du renouvellement des instances dirigeantes du parti au pouvoir. Il laisse la polémique sur la caducité de son mandat pendant.
Paul Biya vient de trancher quant à la formule de la prochaine grand'messe du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Samedi, René Emmanuel Sadi, secrétaire général du comité central publie un communiqué ne laissant plus de place au doute. « Après consultation du Bureau politique et conformément aux textes de base du parti, le président national S.E Paul Biya convoquera le troisième congrès ordinaire du Rdpc avant l'élection présidentielle. »
Le texte vient ainsi clore le débat sur la forme du rendez-vous qui enflait chaque jour, à mesure qu'approchait la date du 21 juillet 2011, une borne marquant le terme du mandat du président national de cette formation politique. D'après certaines indiscrétions, Paul Biya a pu en mesurer le clivage au sein même du bureau politique, entre les partisans d'un congrès ordinaire et les mordus d'un rassemblement extraordinaire.

Les premiers y voient la poursuite de la logique refondatrice inaugurée le 04 avril 2007, avec l'arrivée de René Sadi à la tête du comité central et la désignation de secrétaires, ainsi que leurs adjoints, à la tête des organes spécialisés. A leurs yeux, le congrès ordinaire parachèverait l'œuvre de renouvellement des deux instances restées jusque-là en marge du mouvement. D'un côté, le bureau politique, décimé ces quinze dernières années, par des décès et des indisponibilités pour cause d'emprisonnement ou de démissions pour siéger au conseil électoral d'Elecam. De l'autre, le comité central du parti.

Service minimum

Une option risquée pour les soutiens du congrès extraordinaire, adeptes d'un service minimum sur l'ordre du jour. Ils estiment que la mise en œuvre de l'autre formule, à quelques semaines de l'élection présidentielle, comporte quelque danger parce qu'elle engendrerait des frustrations. Surtout, elle renforcerait l'emprise de René Emmanuel Sadi sur le parti en ce qu'il pourrait en profiter pour « placer ses hommes ». Ils confortent leur thèse en évoquant les cas de François Sengat Kuo, alors secrétaire politique, à l'issue du congrès de Bamenda ou de Joseph Charles Doumba au sortir du dernier rassemblement ordinaire en 1996.

Bien que Paul Biya ait définitivement pris fait et cause pour les premiers, il n'en demeure pas moins qu'au Palais des congrès ces derniers temps, l'on ne faisait point mystère du bouclage des travaux préparatoires à la tenue d'un congrès ordinaire. Dès qu'il en a eu l'opportunité, René Sadi a rappelé que le parti au pouvoir était paré à toute éventualité.

L'indication de la période de sa tenue risque d'amplifier l'autre débat sur la caducité du mandat du président national. La presse en a d'ailleurs fait ses choux gras, mettant à l'épreuve la posture de Paul Biya le « légaliste ». Pourtant, en la matière, le maître du calendrier a souvent pris des libertés. Alors que le deuxième congrès extraordinaire se tient le 07 juillet 2001, il attendra le... 21 juillet 2006, soit deux semaines après la fin de son mandat, pour en tenir le troisième.

Controverse

Pour faire taire la controverse politico-médiatique, Grégoire Owona se veut sentencieux sur le sujet, dans une interview à paraître à La Nouvelle Expression. « (...) le mandat du Président national du Rdpc n'arrive pas à son terme le 21 juillet. Certes, j'ai entendu beaucoup de gens, certains se présentant même comme nos camarades, dire cela : je souhaite marteler qu'ils ont absolument tort, parce que les textes qui gouvernent notre organisation sont peut-être subtils, mais d'une grande clarté. En effet, nos statuts stipulent que le Président national est élu au Congrès qui se tient, en principe, tous les cinq ans, cette période pouvant être abrégée ou prorogée sous certaines conditions. Nulle part dans ces textes, il n'est dit que le Président national est élu pour un mandat impératif de cinq ans. D'ailleurs, en revisitant l'histoire de notre Parti, il est loisible de constater que dès son second congrès, en 1990, le Président national a été reconduit à son poste après cinq ans et... trois mois ! Lors du congrès du 07 octobre 1995 il renouvelle un mandat commencé en... juin 1990. Si on suit la logique de ceux qui font une mauvaise lecture de nos textes, on devrait donc penser que le congrès du 07 juillet 2001 aurait dû se tenir en... octobre 2000 », souligne le secrétaire général adjoint du comité central

C'est donc en profitant des subtilités des textes du parti que Paul Biya s'octroie des marges de manœuvre. Toutefois, il est désormais lié par l'horizon qu'il s'est choisi.



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