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Récit de Voyage : arrivée au Japon

Publié le 19 juillet 2011 par Nicolas Koenig

Mai 2005. Mes premiers pas en dehors de l’aéroport de Narita se firent avec une appréhension non dissimulée. Comment regarder ce pays, ce peuple méconnu et souvent mal interprété ? Comment se comporter face à l’inconnu que l’on pensait si bien connaitre avant d’y avoir mis les pieds ?

Récit de Voyage : arrivée au Japon

L’intérêt du Japon réside dans le vécu quotidien des japonais, dans la façon dont ils ressentent leur culture. Au fond, où est l’essentiel de la culture japonaise ? Où commence- t-elle ? La réponse est simple : la culture japonaise commence par une perception particulière de la réalité qui n’existe qu’au Japon. Mais alors, qu’est-ce qu’un japonais perçoit de la réalité, qui n’existe pas dans les autres cultures ? La réponse est aussi très simple : il cherche à voir ou sentir les choses non seulement telles qu’elles sont objectivement, mais aussi en les remettant toujours en question : comment se fait-il que… ?

De ce fait, l’architecture japonaise, les arts martiaux, l’art du thé, ou les jeux vidéo répondent à ce mode de vie. Il en va de même quant à l’historique du pays. Les japonais y voient une façon d’accepter l’ambivalence de la vie moderne : plongée de force dans la société de consommation depuis l’ère Meiji (vers 1870), la plupart des japonais pense néanmoins que leur vie sociale actuelle serait meilleure si elle était basée sur leur culture avant-Meiji. Mais par dessus tout, les japonais sont conscient que leur ancienne civilisation, contrairement aux autres grandes civilisations antiques, s’est perpétuée dans le temps jusqu’à nos jours. La principale difficulté rencontré par le Japon pour se faire comprendre à l’extérieur c’est justement la spécificité de sa culture. A première vue pourtant, les japonais font ce que nous faisons aussi. Cependant, en réalité, ils font autre chose, en tous cas en suivant un processus et des intentions complètement différents. Un bel exemple pour illustrer cet état de fait est la chanson Sayonara Nippon, où il est dit que plus personne n’est là pour nous le dire, mais ce qui est beau dans la fleur ce n’est pas la fleur, c’est le coeur des choses qui nous la montre ainsi.

Au Japon, la façon courante de désigner la forme des choses se dit saguta katachi. Si le second terme (katachi) se traduit aisément par forme, le premier n’a pas d’équivalence dans notre langue et pourrait se traduire par « ce qui est à l’origine de »… Les japonais cherchent à voir la réalité avec les deux aspects des phénomènes. Ils utilisent communément le mot kokoro (intraduisible également, désigne le coeur des choses), pour se référer à cette perception unique du monde qui les entoure. A bien y réfléchir, la langue japonaise en elle même constitue déjà un voyage. Alors, plutôt que de développer un récit de voyage au Japon comme on en trouve à la pelle, j’ai choisi de parler d’un aspect précis de cette langue fascinant tant de monde.



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