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Brandon SANDERSON - Well of Ascension/Puits de l'ascension

Par Eden2010
Brandon SANDERSON -  Well of Ascension/Puits de l'ascension

Brandon SANDERSON : The Well of Ascension/Le Puits de l’ascension : 7,5/10

Ce deuxième volume de la trilogie des « fils des brumes »,ou « Mistborn » en VO maintient le rythme du premier tome et surprend même par son réalisme (toute proportion gardée, n’oublions pas qu’il s’agit d’un livre fantasy).

Si vous venez de tomber sur ce commentaire et que vous n’avez pas encore lu le premier roman, je vous invite à vous reporter sur mon commentaire concernant « Mistborn / L’empire ultime » :http://edenlalu.centerblog.net/192-brandon-sanderson-mistborn-empire-ultime-810

Mais voici l’intrigue du deuxième volume :

Vin, Elend et les survivants du groupe de Kelsier ont donc vaincu le Lord Ruler/Seigneur Maître. Le deuil de Kelsier est difficile et prendre sa place s’avère impossible, d’autant plus que Kelsier est devenue une légende à lui tout seul.

Mais il faut aller de l’avant et Elend prend, presque naturellement, la couronne afin d’aider le peuple meurtri bien qu’il soit très loin d’être à l’aise dans ce rôle. Le jeune homme a des idées très précises quand il s’agit d’améliorer la gestion de l’Empire – mais bien peu d’expérience.

A ses yeux, il faut impérativement faire participer le peuple, nobles, marchands, mais surtout les skaa, ceux qui, hier encore, étaient des esclaves.

Son royaume sera basé sur des principes égalitaires, et le roi sera assisté d’une assemblée composé par des représentants de ces trois groupes.

Elend est convaincu que tous verront qu’il souhaite une société égalitaire, qu’ils lui feront confiance, mais cela n’est pas si simple.

Car si la théorie est bien belle, Elend se trouve vite confronté à une réalité bien moins agréable : le peuple ne voit en lui qu’un jeunot sans expérience ni charisme, les nobles ne le prennent pas au sérieux et personne n’écoute vraiment ses idées.

En quelques mois l’empire est plongé dans le chaos, les factions les plus diverses se disputant le petit peu de pouvoir qu’ils peuvent obtenir, aucun consensus, sur aucun sujet, ne peut être obtenu.

De fait, la ville se retrouve sans dirigeant.

C’est dans cette ambiance tendue que non pas une, ni deux, mais trois armées se présentent devant les portes de Luthadel, avec l’objectif de reprendre la ville, le pouvoir et de réinstaurer l’empire tel qu’il existait avant la disparition du Lord Ruler, avec les skaas au travail sous l’administration des nobles.

Autre chose attire encore plus les envahisseurs : la fortune caché au sein de la ville, cette énorme réserve d’atium dont parlent les rumeurs. L’atium, ce métal éminemment précieux aux allomanciens qui leur donne une puissance inouïe.

Pendant ce temps, Vin découvre de plus en plus ses pouvoirs, elle devient chaque jour plus puissante, bien plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Elle se met alors à douter d’elle, de ce qu’elle est, de ce qu’Elend pense d’elle, de son rôle …

Lorsqu’elle fait la connaissance d’un mystérieux Mistbornappartenant à un camp ennemi, son trouble devient plus pesant encore ; Vin ne sait plus quelle est sa place dans les évènements.

Mais le véritable danger vient d’ailleurs, ni des armées, ni des luttes de pouvoirs internes et la paralysie du gouvernement, ni même de la famine menaçante.

Vin est la première à le deviner lorsqu’elle aperçoit une étrange silhouette dans les brumes : car les brumes se font menaçantes et on raconte qu’elles ont tué des paysans …

Peut-être faut-il s’intéresser aux mythes oubliés, ceux qui parlent du "héros des siècles", ceux qui parlent du "puits de l’ascension" ? Le danger est-il réel ? Faut-il penser à Luthadel ou s'intéresser au monde plus vaste, quitte à abandonner la ville  ?

Ce volume est astucieux, puisqu’il reprend l’histoire là où les autres s’arrêtent fréquemment : après la victoire des héros.

Pas de "et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" ici.

Le tyran est mort, mais les problèmes ne font que commencer.

Et, finalement, ce n'est que maintenant que le véritable danger menace !

L’idée de rendre l'après-victoire si difficile est excellente, c’était réaliste, le peuple qui, d’un coup, prend gout au pouvoir et oublie bien vite qui l’a libéré, les luttes de pouvoir, les votes de méfiance, les armées, les stratégies, tout cela est intelligent sans être lourd.

Le seul hic dans ce volume est peut-être par moments le coté statique de la situation :Vin, Elend, Sazed, Ham, Breeze et tous les autres se trouvent dans Luthadel à réfléchir sur le meilleur moyen de maintenir le pouvoir, imposer l’autorité d’Elend, choisir une stratégie politique et vaincre les armées puissantes qui campent devant les murs de la ville en les montants les unes contre les autres.

C’était un peu long, peut-être, bien qu’il n’y ait aucun ennui ni aucune répétition, et toutes les idées et évolutions sont fines et logiques. Mais n’oublions pas que ce roman, en livre de poche, comporte tout de même 763 pages.

L’ensemble reste excellent et j’ai vraiment adoré certains aspects ; déjà ce petit jeu de puzzle avec les légendes, qu’on suit, qui nous sont distillées par petits bouts, transmis par Sazed. Et cette menace encore vague : et si ce qui a jadis été vaincu risque-t-il de revenir ?

Avec Sazed on espère découvrir plus, on veut savoir ce qui s'est réellement passé il y a mille ans et ce que prédisait cette prophétie qui parlait du "héros des siècles".

Donc, passionnant.

Un petit coup de cœur pour OreSeur, le kandra que Vin contraint de prendre la forme d’un grand chien. J’ai adoré cette créature mystérieuse venue des brumes, dont l’humour, involontaire mais grinçant, m’a vraiment étonné.

Et les koloss étaient inventifs, alors même qu’ils étaient si simples. Leur description, leurs émotions si simplistes, j’ai vraiment apprécié.

Le grand plus de cette petite série de trois romans est que d’un coté nous suivons nos héros dans les évènements actuels, dans leur quotidien si agité, nous les assistons dans la nouvelle société, dans les guerres, observons avec eux la naissance d’une nouvelle religion autour de Kelsier alors que, de l’autre coté, nous avons ce fil rouge, d’abord presque invisible mais de plus en plus tangible, qui nous amène vers le danger le plus terrible, celui qui menace de détruire le monde tout entier!

Pour l’instant, ce danger absolu reste dans l’ombre, s’approchant à pas feutrés, et pourtant son poids devient de plus en plus pressant.

Et un mot sur la fin, sans rien dévoiler : elle est phénoménale !

Ce qui nous amène donc au tome ultime : le héros des siècles / The hero of ages.....

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