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Zapata, en temps de guerre de Philipe Squarzoni (Bande dessinée, 2003)

Publié le 31 juillet 2011 par Florian @punkonline
zapata_en_temps_de_guerre_philipe_squarzoni.jpg« Nous ne sommes ni les seuls, ni les meilleurs. Nous n'avons pas la vérité ni réponse à tout. Pourvu qu'on suscite les bonnes questions ». Ces phrases du commandant Marcos résument l'esprit de cet ouvrage, continuité de Garduno, en temps de paix, s'attaquant à l'ordre néo-libéral.

ATTAC : taxation et éducation populaire

L'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne a pour origine le texte d'Ignacio Ramonet "Désarmer les marchés" paru dans le numéro du Monde Diplomatique de décembre 1997 : « Le désarmement du pouvoir financier doit devenir un chantier civique ». Il relançait l'idée de la Taxe Tobin : « Il s’agit de taxer, de manière modique, toutes les transactions sur les marchés des changes [...] Au taux de 0,1 %, la taxe Tobin procurerait, par an, quelque 166 milliards de dollars, deux fois plus que la somme annuelle nécessaire pour éradiquer la pauvreté extrême d’ici au début du siècle ».

Nait tout naturellement ATTAC en 1998 avec pour objectifs d'« Initier une critique puissante de la doctrine néolibérale et une renaissance de la contestation ; l'éducation populaire comme instrument de subversion politique [...] L'idée d'ATTAC est d'introduire des taxes globales pour réduire les effets pervers du libéralisme, projeter l'impôt à l'échelle internationale c'est en faire un instrument de maîtrise de la mondialisation et de partage des richesses ».

Selon la banque des règlements internationaux, « si les pays développés consacraient 0,7 % de leur PIB à l'aide publique au développement, on pourrait récolter 150 milliards de dollars pour les pays du Sud. Un impôt sur les investissements directs à l'étranger, qui sont souvent un moyen d'aller polluer les pays du tiers monde, générerait 193 milliards de dollars chaque année. En taxant à 50 % les 1000 premières entreprises multinationales, on récolterait 423 milliards de dollars. Et la mise en place de taxes écologiques, notamment sur le dioxyde de carbone, rapporterait encore 126 milliards de dollars. En imposant à 50 % les 225 plus grandes fortunes du monde, on obtiendrait encore 500 milliards de dollars ». L'argent est facile à trouver...

Dans les années 80, Ronald Reagan et Margaret Thatcher abaissent le contrôle des mouvements de capitaux faisant augmenter le nombre de paradis fiscaux ces dernières années où « on y propose toute une gamme de services : secret bancaire, absence de contrôle des changes, constitution de société fictive, anonymat, exonération fiscale, coopération internationale nulle » couvrant « drogue, racket, proxénétisme, contrebande, fausse monnaie, argent du sport, spéculation, évasion fiscale, financement des partis politiques, corruption ». Par ce biais, le crime organisé atteint jusqu'à 20 % du commerce international. On y retrouve aussi les banques françaises par le biais de filiales ou de succursales.

Seuls 3 % de la population n'a pas d'intérêt à voir la situation changer. Dans ces condition, l'information est capitale, car la vie politique vise à désapprendre d'où l'intérêt d'une participation plus active des citoyens dans leur destin. Aristote disait : « Est citoyen quelqu'un qui est capable de gouverner et d'être gouverné ».

Le progrès

En s'alliant, le capital et la science ont discrédité la notion de progrès. Par exemple, au moment de l'écriture du livre, le paludisme tuait plus d'individus que 30 ans auparavant et était plus mortel que le sida. La recherche s'investit plus dans la recherche d'un vaccin pour traiter ce dernier. La raison ? Le paludisme touche que les pays du sud où la population n'est pas solvable. Les progrès de la trithérapie ne sont quasiment accessibles qu'au Nord et il est interdit au Sud de produire des produits génériques. Il y a 300 ans, l'âge moyen était de 30 ans partout dans le monde. En 2003, il était de 75 ans au Nord et 53 ans au Sud.

Outre une santé inégalitaire, le progrès génère des catastrophes écologiques. « Il y a eu ces dernières années environ 1 000 marées noires, plus de 180 accidents chimiques qui ont tué 8 000 personnes et tous les ans plus de 6 000 espèces sont rayés de la planète. [Il y a eu] 4 millions de personnes irradiés à Tchernobyl en 1986, 60 millions sous la menace d'inondations en Inde et au Bengale, 200 millions menacés par la montée du niveau de l'océan. [...] Six millions de terres arables disparaissent chaque année. Les quantités d'eau douce disponible ont diminué de 40 %. 13 des 15 zones de pêche sont en déclin dans le monde".

L'alimentation

Les industriels de l'agroalimentaire affirment que les OGM sont la seule solution pour combattre la faim dans le monde. En fait, leur objectif est de vendre leurs produits aux agriculteurs, car en réalité le monde dispose suffisamment de ressource nécessaire pour nourrir la planète sans modification génétique. « Toute l'histoire de la génétique agricole consiste à déposséder l'humanité des facultés de reproduction et de multiplication du vivant pour la conférer aux investisseurs ». J.P. Berlan, chercheur à l'INRA.

Le problème alimentaire provient du partage du système alimentaire mondial en seulement six sociétés transcontinentales qui fixent le prix des aliments et vendent uniquement aux plus solvables. De plus, les pays du Sud ont peu de contrôle sur leur production agricole qu'ils fournissent au Nord.

Les États-Unis

Le cinéma étatsunien incarne des valeurs de solidarité, de générosité et d'abnégation pourtant loin des véritables valeurs du pays. Les États-Unis exercent un contrôle sur la planète depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, détenant environ 50 % de la richesse mondiale, ils mettent en place le système du "libre échange". Système promouvant la concurrence libre et non faussée. Pourtant, le pays subventionne massivement ses entreprises clés, étant donc en contradiction avec leurs exigences..

Par contre, les pays qui n'ont pas mis pas en place des politiques favorables aux entreprises étatsuniennes sur leur territoire ont vu leur gouvernement remplacé par des dictatures (Iran en 53, Brésil en 64, Chili en 73, Indonésie en 65, Grenade en 83), puis administré via le FMI qui imposait l'ouverture aux économies étrangères. Enfin, les États-Unis s'occupaient de former les militaires locaux pour contrôler la population. Cette période a été facilitée par la création d'un ennemi commun, le communiste. Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, le terroriste l'a remplacé.

D'autres sujets sont abordés comme les retraites, les guerres humanitaires, les fonds de pension, la françafrique, la Tunisie du général président Ben Ali répressive et restructurée par le FMI. À nouveau, ce livre trace un bilan peu élogieux du libéralisme et du mode de vie occidental qui n'est pas approprié pour notre environnement. En fil rouge, en guise d'espoir, la lutte des Indiens du Chiapas et l'émergence de mouvements comme ATTAC dont l'auteur est membre.


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