Magazine Culture

BLOOD ISLAND (Bedevilled) de Jang Cheol-soo

Publié le 08 août 2011 par Celine_diane
BLOOD ISLAND (Bedevilled) de Jang Cheol-soo
Moodoo. Enfer insulaire dans lequel survit Bok-nam (Yeong-hie Seo), battue par un mari incestueux et violée par un beau-frère débile. Tout cela sous l’œil indifférent et cruel des femmes de l’île, toutes soumises à la tyrannie violente des figures masculines. Lorsque débarque Hae-won (Seong-won Ji), citadine de Séoul, elle voit dans le retour de son amie d’enfance, un ultime espoir de fuite. Du pitch de base, Bedevilled (rebaptisé Blood Island pour sa sortie en direct-to-dvd) n’est rien de moins que le Grand Prix Gérardmer 2011. Scindé en deux parties (l’exposition des tortures psychologiques et corporels infligés à la jeune femme / la rébellion sanguinaire de cette dernière), le premier essai du coréen Jan Cheol-soo (ancien assistant de Kim Ki-duk) bascule de la noirceur d’un drame sans concession … à la barbarie du film du genre. A coups de serpe, l’héroïne charcute, tranche, poignarde, et ensanglante ses bourreaux, dans une libération allégorique de la figure féminine coréenne, étouffée par un univers patriarcal férocement omniprésent.
Car, oui, Blood Island se révèle bien plus que simple revenge movie (à l’instar des autres productions coréennes, friandes du même thème, tant elles ont à dire, et à crier). Il s’agit d’une œuvre subversive, où le sang des protagonistes éclabousse toute la société coréenne. Féminisme sauvage et étude sociologique en huis-clos se mêlent alors pour venir dénoncer l’atroce condition de la femme en Corée en Sud, trouvant dans le duel/duo féminin de Hae-won et Bok-nam matière à pointer du doigt le fossé entre les pratiques des villes et celles, encore follement rétrogrades, des campagnes (et ce même si la première est encore hantée par des schémas éducatifs lourdement tenaces). Au final, dans un mix de genres formellement intéressant, Blood Island s’avère un film politique, progressiste, qui illustre symboliquement ce désir sauvage de faire table rase du passé. Ou le cinéma, comme forme possible d’insurrection.
BLOOD ISLAND (Bedevilled) de Jang Cheol-soo
Grand Prix 2011 à Gérardmer / Disponible en DVD.

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Celine_diane 512 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines