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Submarine

Par Metstacapuche @metstacapuche

Critique film : Submarine, réalisé par Richard Ayoade, d’après le roman de Joe Dunthorne, avec Craig Roberts, Sally Hawkins, Yasmin Paige, Noah Taylor, Paddy Considine… sortie cinéma 07/2011

Submarine

La bande-annonce enivrante de Submarine m’avait convaincu sans afficher le nom du réalisateur, simplement par son montage astucieux sur l’une des plus sublimes chansons de Jacques Brel. Alors quand il m’est apparu qu’il s’agissait de Richard Ayoade (également scénariste) aux commandes, je n’en fût que plus ému. Si vous ne connaissez pas encore Richard Ayoade, il est grand temps de vous remuer le/la cul(ture) et de jeter un œil à sa biographie. Il n’est nul autre que l’interprète génial de Moss dans la série humoristique et britannique The IT Crowd créée par Graham Linehan, certainement l’une des plus incontournables du moment pour ses personnages hilarants et sa maîtrise prodigieuse du comique de situation.

Submarine raconte à la première personne un épisode de l’adolescence d’Oliver Tate, ce en une introduction, 3 actes et un épilogue. A 15 ans, son raisonnement sur la vie et la manière de vivre est déjà très fondé, intelligible, peut-être pas intelligent, mais pétillant de bonne volonté, ce qui n’est pas le cas de la majorité des jeunes gens de son âge. Entre crise identitaire, quête amoureuse, et recherche de repères parentaux, Oliver Tate scénarise plus ou moins inconsciemment son quotidien comme dans l’un de ces films romantico-indépendants où la caméra s’éloigne de son sujet (lui en l’occurrence) en travelling arrière lors des instants les plus émotionnellement riches.

La qualité du scénario, de la mise en scène, des dialogues, du montage, du jeu des acteurs ne font aucun doute. Je suis face à un film mené d’une main de maître tant sur le fond que sur la forme. Chaque acte se construit sur une rythmique différente, conservant toutefois un fil rouge passionnant : la construction identitaire de cet adolescent comme les autres, mais pas tout à fait, face à des évènements dans lesquels il est plus ou moins impliqués comme sa première expérience sexuelle, le cancer de la mère de sa petite amie ou encore la relation illégitime entre son voisin gourou et sa propre mère. Le suivre dans son évolution ponctuée de situations drôles et légères autant que pesantes et marquantes est un pur bonheur. La délicatesse ironique et humoristique de l’ensemble en fait une œuvre décidément brillante.

Le cinéma britannique a décidément le vent en poupe depuis quelques temps, qu’il soit plus ou moins indépendant ou populaire : Good Morning England, Le Discours d’un Roi, We are four lions… et j’en passe.

8/10


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