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A Confederate General from Big Sur, de Richard Brautigan

Par Polidjin

Ce roman existe en version française, mais n’est actuellement plus en vente, alors qu’il l’est toujours en anglais, notamment dans cette version (suivi de Dreaming in Babylon et du Hawkline Monster). Cette brève critique a donc sa place sur nos pages.

A Confederate General from Big Sur, de Richard Brautigan
Dans ce roman protéiforme, paru en 1964 et symbolique de l’esprit beatnik duquel pourtant Richard Brautigan restait en marge, l’imagination comme les hommes se laissent libre cours. Personnages azimutés, rencontres foldingues: Lee et Jesse, les deux marginaux qui tiennent lieu de héros, trimballent leur oisiveté dans le monde d’une nouvelle période mythologique, celle des sixties. Et pas n’importe où : dans le berceau même de la contre-culture beat, la Californie. Les personnages qu’ils y rencontrent ne sont guère étonnés par leurs comportements étranges, quand ils ne sont pas plus farfelus qu’eux! Parallèlement à leurs aventures fantaisistes nous sont révélées par courtes scènes celles du Général Lee Mellon, le prétendu ancêtre confédéré de Lee. C’est avec une grande maîtrise que Brautigan mélange les genres et les formes, nous contant l’histoire du militaire comme la fresque historique qu’elle aurait pu être, ou insérant la correspondance échangée par Lee et Jesse . Surtout, il propose non pas une fin, mais plusieurs (et même « 186 000 fins par seconde », titre de l’une d’elles), ouvrant ainsi la porte à l’imagination, une manière d’affirmer avant l’heure que celle-ci doit être au pouvoir. Mais l’écriture est elle aussi ciselée, et la poésie, dont Brautigan était aussi auteur, affleure même dans des évocations triviales mais envoûtantes : « She didn’t have any clothes on and the sight of her butt renewed my faith in evolution ». A Confederate General from Big Sur est une porte d’entrée vers un monde d’ores et déjà disparu, où des individus s’écartaient des normes pour vivre en toute simplicité, en accord avec leurs aspirations à des bonheurs simples et avec leur imagination. Richard Brautigan nous permet tout simplement de jouer de la nôtre, pour nous transporter aux côtés de Jesse et Lee, et nous laisse choisir de quelle façon les quitter, à regret.


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