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Carnets de déroute-Chapitre 6 : Grand final labellisé Björk

Publié le 18 février 2008 par Bertrand Gillet
Chapitre 6, sixième partie

Deuxième station :
King Of Leon, des fils de pasteur sudiste qui se posent en dignes successeurs de Creedence Clearwater Revival dixit les Inrocks et là, une pensée fulgurante me traversa l’esprit : s’il vous plaît, les mecs, réécoutez Creedence, hein, non ? Quant à King of Leon, le show fut à mon sens passablement mauvais, le fait d’arborer barbe négligée et cheveux longs ne suffit pas pour entrer dans le club très fermé des vrais musiciens. Ma tête bourdonna, mes jambes vacillèrent, lorsque j’entamais la troisième station : Faithless. Ce chapitre se passe de commentaires tant Faithless représente tout ce qu’il y a de plus épouvantablement kitch, nul, exécrable, glauque, bête, gerbant, hardcore pour ne pas dire pornographique, mais que fait la censure, je vous le demande ? Les rois du trip-bof revenaient sur le devant de la scène avec leur unique tube Insomnia : et en plus ils hantent vos nuits ! La souffrance atteignit une sorte de paroxysme cataclysmique lorsque la fin du concert annonça l’arrivée imminente de Björk. Quatrième et dernière station : Björk donc. J’avais à peine eu le temps de dire Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band que tous les festivaliers étaient venus s’agglomérer contre nous pour voir le deuxième plus important concert de Rock en Seine millésime 07. Puis, pendant deux bonnes heures, je n’ai pas dit deux heures bonnes, ce fut la mise en croix, la douleur, puis la lassitude, l’exaspération confuse mais compréhensive car si Björk possède son propre univers, sa théâtralité techno-pop lasse rapidement. Certes, la production était luxuriante, les décors impressionnants mais cela suffit-il ? Ok, Jimi brûlait sa guitare, mais avant, il en jouait et avec quel talent. On a souvent fustigé Iron Maiden pour ses shows grandguignolesques, mais finalement, vous remplacez le chanteur braillard adepte du grand écart par un petit bout de femme à la voix aigue, les musiciens aux moumoutes peroxydées par des danseuses contemporaines et tout le monde crie au génie. Je nie. Björk n’est ni plus ni moins que du Iron Maiden de salon. Une forme musicale d’art contemporain où le n’importe quoi est érigé en valeur universelle, mais où sont passés mes délicieux Kinks, les éternels Stooges et les classieux membre de The Band pour ne donner qu’un éphémère aperçu de tout ce qui trouve grâce à mes yeux. Mon ami ayatollah et moi quittâmes les lieux pour attendre la fin du set, aux portes du festival, puis rincé par la pluie et les décibels le petit groupe s’en retourna aux calmes turpitudes du quotidien. Quel constat devais-je tirer de mon premier festival ? Qu’il serait sans doute le dernier, préférant à ces grandes messes rock l’intimité d’une petite salle sombre, où le musicien sur scène est un peu plus qu’un petit point noir s’ébrouant dans la nuit panoramique. Je dis non aux festivals bariolés de barrés laids, de poufs stylisées, de petits rastas cramés comme des mégots dans un cendrier. Adieu, je pars vers l’Ouest. Plus de Parc, plus de Saint-Cloud priez pour nous. Fin de l’expérience, à vous les studios d’enregistrement.
 

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