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Super 8 de J. J. Abrams

Par Geouf

Super 8 de J. J. AbramsRésumé: Alors qu’ils sont en train de tourner un film amateur, un groupe d’ado est témoin du déraillement catastrophique d’un train de l’US Air Force. Le lendemain, l’armée débarque en force pour récupérer la mystérieuse marchandise transportée par le train. Mais il semblerait que quelque chose se soit échappé du train. Une chose qui commence à voler toutes sortes d’appareils en ville…

Attendu depuis de nombreux mois par les nostalgiques des 80’s, Super 8 débarque enfin sur les écrans de ciné du monde entier. Et comme à son habitude, le réalisateur J. J. Abrams a tenu à garder secrète la véritable teneur de son film, ce dont on lui sera gré, tant on a l’impression que la mode actuelle est de dévoiler tout le film dans la bande-annonce.

Super 8 narre donc les aventures d’un groupe de pré ados d’une douzaine d’années, tentant de réaliser un film d’horreur amateur alors qu’ils sont confrontés à une menace qui les dépasse, mais dépasse encore plus les adultes. Produit par Spielberg via la mythique société Amblin, Super 8 offre exactement ce qu’il annonçait : un hommage aux années 80, à tous ces films pour gosses qui osaient mêler aventure et drame, rire et frisson.

Le principal défaut de Super 8, c’est que l’hommage tombe un peu trop souvent dans le décalquage servile et qu’on ne peut s’empêcher de ressentir une grosse impression de déjà vu. Le scénario suit grosso modo la trame d’ET, en mixant avec les Goonies, on retrouve des personnages tirés des Dents de la Mer (le shérif) voire même des scènes reprises telles quelles (la fausse mort d’Indy dans La dernière Croisade, l’attaque de la caravane dans Le Monde perdu). Ce ne serait pas un gros problème si le tout n’était pas aussi mécanique et parfois artificiel (le méchant assez unidimensionnel, certains rôles secondaires purement fonctionnels).

Super 8 de J. J. Abrams

Pourtant, tout n’est pas mauvais dans Super 8, à commencer par l’aspect visuel du film. On sent une nette évolution d’Abrams dans la gestion des scènes d’action depuis Mission Impossible 3 et Star Trek, celui-ci emballant notamment une impressionnante scène de déraillement en début de film. On saura aussi gré au réalisateur de ne pas surexposer sa créature, la transformant en menace invisible mais omniprésente (excellente scène de l’attaque de la station service).

Mais c’est surtout dans ses moments intimistes que le film marque des points. En gros, toute l’intrigue sur le tournage du film amateur par la bande d’amis est extrêmement réussie et délivre son lot d’émotion. Le plus intéressant reste le voyage intérieur de Joe, le jeune héros, pour qui cette aventure sera l’occasion de faire le deuil de sa mère, décédée dans un banal accident d’usine (l’intro du film est à cet égard magnifique, Abrams réussissant à poser nombre d’enjeux émotionnels en quelques plans bien trouvés). Le jeune Joel Courtney est excellent de bout en bout dans le rôle de Joe, et apporte fraîcheur et spontanéité à celui-ci. A ses côtés, l’étoile montante Elle Fanning (déjà excellente dans Somewhere de Coppola) prouve qu’elle est tout aussi douée que sa grande sœur Dakota (espérons juste qu’elle fasse de meilleurs choix de carrière par la suite). C’est d’ailleurs elle qui est au centre des scènes les plus touchantes du film : lorsqu’elle épate ses amis en jouant une scène à la perfection, ou lorsqu’elle visionne avec Joe des vidéos de la mère de celui-ci.

Super 8 de J. J. Abrams

Dommage dès lors qu’Abrams fusille toute cette belle cohérence dans un dernier acte totalement raté, tombant dans de nombreux travers des blockbusters actuels. Les personnages secondaires sont « oubliés » temporairement (le meilleur ami de Joe, purement et simplement zappé alors qu’un intéressant triangle amoureux se dessinait), certains nœuds émotionnels sont dénoués en un dialogue (la rivalité entre les pères de Joe et Alice) et surtout la résolution de l’intrigue sur le monstre est d’une rare incohérence. Un travail de sabordage assez rageant qu’Abrams tente de rattraper in extremis par un dernier plan symbolique très émouvant. Quelques instants de grâce qui permettent de gommer légèrement l’aspect lisse et mécanique d’un film au demeurant très divertissant, mais qui aurait pu offrir tellement plus avec un peu plus d’audace et d’originalité. Les gosses adoreront probablement, mais leurs parents se diront qu’ils ont déjà vu ça en mieux avant…

Note : 6.5/10

USA, 2011
Réalisation : J. J. Abrams
Scénario : J. J. Abrams
Avec : Joel Courtney, Elle Fanning, Kyle Chandler, Riley Griffiths, Bruce Greenwood, Noah Emmerich

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