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Les Écrits Français

Par Bruno Leclercq

Je citais dans le billet précédent un article d'André Salmon tiré de la revue Les Écrits Français. Il m'a semblé intéressant de revenir sur cette revue, même si je ne possède pas beaucoup d'informations à son sujet. Si l'on en croit le catalogue de la B.N.F., la revue fut publiée de décembre 1913 à mai 1914 et ne connut donc que 6 numéros [I-II, n° 1-6], avec un n° spécimen en novembre 1913. Voici le sommaire du numéro 2 du 5 janvier 1914 :
Variétés (L. Werth et les Cahiers d'Aujourd'hui, les Bibliopoles, Les Archives de la parole, etc) par André Salmon. La Forme des dieux, poème par René Ghil. Le départ du potier, poème par Ch. André Grouas. Derrière les portes d'airain (conte) par Victor-Emile Michelet. Balzac et Brunetière par Jean Florence. La langue française est-elle en décadence comme langue internationale ? par Gabriel Arbouin. A propos du Comte de Gobineau par Mario Meunier. A la manière de nos plus précieux fantaisistes (Paul Fort, P.-J. Toulet, André Salmon, Guillaume Apolinaire, Francis Carco, Tristan Derème, Max Jacob) par Jean Pellerin dont le volume de pastiches Le Copiste indiscret ne paraitra quaprès guerre. Confessions posthumes : M. Henri de Régnier (pastiche) par Emile Zavie. La poésie par Claudien (qui peut bien se cacher derrière ce pseudonyme qui dès ce numéro 2 remplace Fernand Fleuret "qui a dû assurer inopinément un travail de longue haleine") . Les Romans par Louis Latourette. Critique et esthétique générale : M. Remy de Gourmont et M. Paul Souday par Jean Florence qui se penche sur la première série des Promenades Littéraires de Remy de Gourmont et sur Les Livres du Temps de Paul Souday. Comparant les deux critiques il voit en Paul Souday "l'homme qui juge, qui prononce, qui dit oui et qui dit non", dont "l'allure est beaucoup plus polémique que celle de M. de Gourmont. Et, chose curieuse, elle est beaucoup moins provocante." Pamphlets, violents portraits de Henry Lapauze et Georges d'Esparbès par Janus (Tel un Laurent Tailhade, ce Janus possède une plume empoisonnée qui fait mouche et foudroie). Entre Revues par Henri Vandeputte. Les Arts plastiques : Signac, Flandrin, Vuillard par Roger Allard. Chronique dramatique par Aurel. Entr'actes par André Warnod. Théâtre édité par Paul Lombard. La Musique par Paul Castiaux. Questions d'Histoire par Louis de Monti. Questions de Philosophie, avec L'Innocence utile (1), par Jean Paulhan qui n'est alors que l'auteur de Les Hain-Tenys Merinas (Geuthner, 1913), un recueil de poésies populaires malgaches remarqué par Apollinaire, sa présence dans la revue peut s'expliquer par le fait qu'il entretenait d'excellentes relations avec André Salmon depuis 1907 (2). Curiosités poétiques par Francis Carco. Notre littérature à l'étranger (Charles-Louis Phillipe en Allemagne) par Fernand Crémieux. Fastes et Funérailles (Anatole France, Roger Marx, Jules Claretie) par André Dupont, pseudonyme de Louis de Gonzague Frick et Conférences : M. Laurent Tailhade en Odéonie par le même Louis de Gonzague Frick toujours sous le pseudo d'André Dupont. Les autres compte-rendus de conférences ; M. André Salmon aux "Noctambules", M. Roger Allard parle de Léon Deubel, M. Gaston Picard conférencier et Notes, ne sont pas signés.
Le quatrième de couverture de la revue révèle d'autres collaborateurs :
Fernand Divoire, Alexandre Mercereau, André Billy, André du Fresnoy, Sylvain Bonmariage, Maurice Lanoire.
On retrouve de nombreux amis de Guillame Apollinaire dans ces listes, il n'est donc pas étonnant de le retrouver au sommaire du premier numéro où il donne le poème "Fantôme de nuées" (dans une note du numéro 2 il regrette que les typographes de cette revue "qui ne sont pas encore faits à ses habitudes" aient ajouté une ponctuation parasite à son poème).
Louis de Gonzague Frick, poète rare, partage la direction de la revue avec Marc Brésil et Louis de Monti de Rezé, il signe ici sous le pseudonyme de André Dupont la rubrique Fastes et Funérailles où il éreintent Anatole France (Fastes), Roger Marx et Jules Claretie (Funérailles), il donne aussi le compte-rendu d'une conférence de Laurent Tailhade à l'Odéon avant une représentation de Scribe. Pour plus de renseignements sur Gonzague Frick on peut se reporter à la revue Supérieur inconnu (n° 20, 2001).

(1) Ce texte a été réédité en 1994 par L’Échoppe éd., avec des vignettes à l'encre rouge de Pierre Alechinsky.
(2) http://www.andresalmon.org/

André Salmon

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