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[Critique DVD] Citizen Kane

Par Gicquel

Citizen Kane est le premier film d’un jeune homme de vingt-cinq ans : Orson Welles. Génial homme-orchestre, il est à la fois le réalisateur, le scénariste, le producteur et l’acteur. Ce qui en 1941, tient du prodige et place aussitôt le film sur un piédestal, dont il n’est jamais redescendu.On dit encore aujourd’hui que c’est l’un des plus grands films de tous les temps.Ce qui a l’inconvénient de placer la barre à une telle hauteur, que le niveau d’exigence du spectateur, maximum, risque d’être difficilement atteint. Non pas que j’ai boudé mon plaisir devant une telle œuvre, bien au contraire,mais sa réputation fait que la moindre anicroche me paraît suspecte.Il y a beaucoup d’hystérie dans la mise en scène et l’ensemble est plutôt braillard.

[Critique DVD]  Citizen Kane

Un peu à l’image de notre héros (effet de mimétisme ?) dont le parcours est raconté de façon très singulière. Et c’est là, l’une des plus grande réussite de ce film : son scénario, qui prenant prétexte de la mort de l’intéressé, dépêche un de ses  journalistes, afin d’enquêter sur l’homme.Notre Rouletabille rencontre  toutes les personnes qui ont pu approcher Kane de près ou de loin, et  découvre la vraie personnalité de ce milliardaire hors du commun…

D’incessants flash-back jalonnent alors le récit ,et le mystère des dernières paroles du défunt, renforcent les balises d’un itinéraire peu commun .On doit cette belle écriture à Herman J. Mankiewicz, sur laquelle le réalisateur Orson Welles , conduit l’acteur avec une énergie débordante.Pour conter les aventures extraordinaires d’un gamin d’origine modeste , et dont l’héritage maternel va le rendre aussi puissant qu’abject .

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Dans la réalité, William  Hearst, alors grand patron de presse se sent particulièrement visé, et fait tout pour interdire le film.Ce qui rajoute une auréole au chef d’œuvre annoncé.Peut-être aussi pour son image si  particulière (parlait-on alors de cadre ?) et sa composition quasiment millimétrée.Je pense aux portraits des amis de Kane au début de son ascension vers la gloire, ou à ceux de sa première épouse, en  « photos »  illustrant l’étiolement de leurs relations…Ce n’est pas seulement très beau, mais c’est aussi une narration à part entière, à l’instar des décors gigantesques, dans lesquels tout homme un jour ou l’autre réussit à se perdre.

[Critique DVD]  Citizen Kane
Le destin d’un gamin d’origine modeste va être chamboulé…

L’illustration parfaite de la toute puissance d’un homme, qui sur l’autre versant, se retrouve rapetissé dans une chambre conjugale, en proie à la colère d’une séparation.

Depuis, plus d’un cinéaste s’est un jour ou l’autre inspiré de ce film.Je me demande alors dans quelle mesure un comédien comme  Marlon Brando , n’a pas étudié les différentes postures d’Orson Welles, interprétant le personnage de Mr  Kane, prisonnier mégalomane ,d’une paranoïa tout aussi maladive. Du « Parrain » au colonel Kurtz de «  Apocalypse now », quelques similitudes peuvent apparaître.

Mais c’est une autre histoire, un autre chef d’œuvre.

 A noter

Ce film s’ inscrit dans la Collection « Classiques de poche RKO » – 12ème vague !  Avec également « Pris au piège » de Edward Dmytryk, « Un mariage compliqué (Holiday Affair) » avec Robert Mitchum, et Janet Leigh ,   « Nid d’espions » (The Fallen Sparrow), avec John Garfield et Maureen O’Hara, « La Femme aux revolvers » (Montana Belle), avec Jane Russel et « Love Affair » (Elle et lui),  de Leo McCarey .


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