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Rivière tremblante d’Andée A. Michaud

Par Ngiroux

Rivière tremblante d’Andée A. MichaudDeux narrateurs se partagent le roman, Marnie et Bill nous racontent leurs drames, deux disparitions déchirantes, à trente ans d’intervalles, l’une au cœur de l’enfance, l’autre, un père pleurant sa fille.

Michael Superman Saint-Pierre, fils de Jeanne Dubé et de Victor Saint-Pierre, a disparu dans les bois de Rivière-aux-Trembles le 7 août 1979. Le village a été rapidement assiégé par des policiers déguisés en apprentis croquemorts, les chiens renifleurs lâchés,« le village a été envahi de jappements et de hurlements exprimant mieux que n’importe quel cri humain la pesanteur du drame ayant déplié ses ombres sur la légèreté de l’été. La vérité, c’est que Michael est probablement mort au fond des bois, son corps disloqué charrié par la rivière jusque dans la gueule des coyotes et des loups, à moins qu’un prédateur au visage trop humain se soit jeté sur lui pour des motifs que seule la folie peut expliquer.» Après une fuite de vingt-trois ans, la mort de son père ramène Marnie Duchamp à Rivière-aux-Trembles.

En parallèle, une petite fille nommée Billie. Billie Richard. Huit ans et neuf mois.  Cheveux bruns.  Yeux noisette.  Portait au moment de sa disparition un manteau rose à capuchon, un papillon dans ses cheveux, deux papillons sur ses chaussettes. Ressemblait aussi à un ange. La piste de Billie se perdait à la sortie de son école, à croire qu’elle s’était volatilisée dans les dernières lueurs de ce jour de janvier, sans rien laisser derrière elle, pas même une mitaine sale ou une de ces barrières en forme de papillon qu’elle perdait sans cesse. Trois ans plus tard, Bill Richard, divorcé, funestement seul,  se réfugie dans ce petit village de Rivière-aux-Trembles pour oublier, ensevelir son chagrin, tenter un nouveau départ. 

Mais à peine quelques jours après l’arrivée des deux éclopés. Michael Faber, douze ans, disparaît mystérieusement, on découvre sa bicyclette dans un fossé, une CCM dix vitesses au bleu étincelant.

La titulaire du Prix du Gouverneur 2001 nous offre, beaucoup plus qu’un polar,   ce tourment monté d’une main de maître, mot après mot, phrase après phrase, lentement l’auteur construit ce suspense psychologique d’une écriture poétique, envoûtante, onirique.  Un roman marquant qui impressionne.



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