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Interview : Yodélice

Publié le 30 août 2011 par Swann

Forgeron du renouveau folk en France, Yodélice fait aussi office de pionner en matière de chansons en anglais. L’anglais, pendant longtemps a fait grincer des dents il y a six ans, aujourd’hui, ce n’est plus un problème. La France assume, les chanteurs assument, et tant mieux…Langue de Shakespeare vs celle de Molière…on s’en fout, et comme pour montrer que le débat est obsolète, les organisateurs des Francofolies avait osé l’impensable : aligner que des groupes chantant en anglais le jour de la fête nationale…parmi eux, Yodélice que j’ai rencontré ce jour-là.

 Revenons un peu sur l’histoire de Yodélice, comment est né le groupe ?

 Je suis partie à 16 ans étudier dans une école de musique qui s’appelait à l’époque The Musical Institute, je découvre l’indépendance dans une ville comme Londres il y a presque 15 ans de ça, loin de toute crise. C’était une ville complètement cosmopolite, et culturellement très riche, et je me retrouve dans une école à partager ma passion avec 250 élèves qui arrivent des quatre coins du monde…C’était sans doute pour moi les plus belles années de ma vie.

La France ne pouvait-elle pas t’offrir les mêmes possibilités ?

 Non, parce que même avant d’aller à Londres, j’ai cherché des écoles de musiques en France, le problème c’est que j’avais un bagage académique pas assez solide, c’est-à-dire que j’ai fait du conservatoire pour le piano quand j’étais très  jeune, mais j’ai commencé la musique un peu comme n’importe quel gamin pas du tout dans l’optique d’en faire un métier mais plus pour l’apprentissage d’un instrument. Et au final, c’est vraiment la guitare qui m’a séduite et révélé pour la musique, j’avais donc cherché des écoles de musique contemporaines en France, et il n’y avait rien et les seules écoles qu’il y avait c’était aux Etats-Unis, mais c’était un peu loin et un peu trop cher, et on nous avait dit que l’EMI à Los Angeles devait ouvrir une succursale à Londres et je crois que je dois faire parti de la deuxième promo de cette école.

Tu as dit à une époque que tu voulais faire un film retraçant l’histoire de Yodelice, est-ce encore d’actualité ?

Ouh la ! non je n’ai jamais dit que je voulais faire tout un film sur la longue carrière de Yodelice qui a trois ans (rires) ! Ce n’est pas vraiment ça, en fait j’avais très envie de faire un DVD live, mais trouver un moyen de faire une proposition artistique à travers ce DVD. Rester dans la personnalité de Yodelice, proposer quelque chose d’assez onirique, avec des passages de fictions. Parce que sortir un DVD genre « Yodelice à l’Olympia », et avoir le live de la première à la dernière chanson avec des morceaux de coulisses je ne trouve pas ça intéressant, pour voir un live, le mieux c’est de se déplacer, parce que ça ne rendra jamais pareil à la télé. Alors effectivement, c’est un projet qui est toujours en cours, qui n’a rien à voir avec un documentaire sur la vie du groupe parce que ça n’aurait pas de sens sur un groupe aussi jeune, mais on veut rester dans la proposition artistique. Cela demande vachement de temps et d’investissement. Je voulais le faire pour la fin de l’année, mais finalement je pense que ça va prendre beaucoup plus de temps.

Peux-tu nous rappeler d’où vient le nom du titre de ton deuxième album, Cardioïde ?

Cardioïde c’est une forme de micro, c’est par exemple la forme des micros des chanteurs. En fait, il y a plusieurs types de micros, il y a ceux dont la membrane enregistre tout autour, d’autre à droite, d’autre à gauche, et puis il y en a qui sont unidirectionnel, c’est-à-dire qu’ils ne captent que le son qui leur vient de face, comme ceux des micros de chanteurs donc. J’aimais assez cette idée de trajectoire, cette espèce de trucs qui tracent à l’image de notre aventure. Et ce que je trouvais joli, c’est cette idée que le son c’est de l’électricité, et que chaque son a son schéma mathématique, et la forme du son d’un micro cardioïde c’est un coeur. Et moi je trouvais ça joli, d’autant plus que quasiment tout le deuxième album je l’ai composé sur les routes. A l’époque dans Yodelice on était trois, j’avais une grosse caisse au talon, et j’ai écrit tout un tas de chansons avec des rythmes extrêmement binaires, parce que rythmiquement j’étais vraiment limité, c’était un peu comme une pulsation cardiaque… Et puis dans le mot « cardioïde » il y a cette dimension scientifique, de laboratoire que je trouve séduisante, donc ça s’est presque imposé comme une évidence. Je ne sais plus comment c’est venu, peut-être dans une discussion banale de studio « qu’est ce qu’on met comme micro ? Pourquoi pas un cardioïde ? »

Est-ce que tu pourrais chanter un jour en français ?

 Oh, j’ai déjà essayé. Mais en fait, je ne sais pas si j’ai ce talent. Moi je ne crois pas avoir le talent des mots, chez moi, l’émotion elle passe beaucoup plus par la musique, par les sons, par les rythmes. Je suis plus sensible à la musique instrumentale. Un thème instrumental, à chaque fois que l’on va l’écouter, selon l’humeur dans laquelle on va être va nous raconter des choses extrêmement différentes. Alors qu’avec un texte du coup, la musique on l’ancre dans une réalité et ça raconte ce que ça raconte et pas autre chose à moins d’avoir un texte à plusieurs lectures…Pour l’instant je n’ai pas encore eu le déclic naturel pour écrire en français. Après je n’ai rien contre, j’aimerais bien.

 Parles-nous du clip de More Than Meets The Eyes, qui peut faire un peu penser à une comédie musicale…

 On s’est bien marré ! On s’est dit « qu’est-ce qu’on va faire ? Ben on va danser»…Mais on est tous raide comme des balais, donc c’était quand même assez drôle…En fait, un soir tard, on s’est dit qu’on était tous des petits spermatozoïdes dans une énorme testicule (rires) Je ne déconne pas ! On a été voir des découpes de testicules sur internet et on ne trouvait pas ça très joli, mais on s’est dit qu’un œil ça avait la même forme. Bon, on a été au bout d’un délire de potes.

 Qui est-ce qui réalise vos vidéos ?

 C’est Eliott Bliss, le gardien de l’image du projet Yodélice. Je travaille avec lui depuis la fin du premier album. J’ai élaboré avec lui tout l’univers de ce personnage. C’est un pote depuis pas mal d’année et un artiste qui a un talent pour le dessin, la réalisation, la photo. Il est auteur, cinéaste, il a fait des docs. C’est quelqu’un qui a une sensibilité artistique incroyable et par moment on a des sortes de miroirs artistiques, des moments on peut dire n’importe quoi et on a l’impression que tout devient possible, j’aime travailler avec lui.

Propos recueillis par Sabine Swann Bouchoul


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