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Paris

Publié le 23 février 2008 par Lorraine De Chezlo
de Cédric KlapischComédie dramatique - 2h10
Sortie salles France le 20 février 2008
avec Romain Duris, Juliette Binoche, Albert Dupontel, Fabrice Luchini, François Cluzet, Mélanie Laurent, Karin Viard, Gilles Lelouche, Julie Ferrier, Sabrina Ouazani, ...
Pierre est jeune mais il vient d'apprendre qu'il est gravement malade : son coeur ne fonctionne plus, et le voilà condamné à rester chez lui le temps qu'il lui reste à vivre, en évitant de perdre ses forces. La déprime n'est pas loin. Heureusement, il y a sa soeur à qui il se confie et qui décider de s'installer chez lui, en enmenant ses trois enfants, pour profiter des jours qui restent. Et puis il y a ces personnes qui vivent, elles, qui travaillent, sortent, aiment, se plaignent, et qu'il observe depuis son petit balcon. Son Paris qu'il observe de haut, s'imaginant leurs vies, connaissant leur chance.

C'est un film choral avec de nombreux personnages qui évoluent dans un même lieu, en se frôlant, se rencontrant, ou s'ignorant. Un film comme il en a été fait souvent (Fauteuil d'orchestre, Babel, Collision). Mais Paris, avec ses airs de "film français classique", nous montre une capitale où les gens sont reliés non pas par leurs points communs mais par ce qui les oppose. Paris c'est le film de l'union des contraires. Cédric Klapisch a joué sur les antynomies. Il y a ce vieux Paris du tableau de l'historien Roland (Fabrice Luchini) et l'architecture moderne que son frère (François Cluzet) bâtit ; il y a l'activité essentielle et vitale pour la capitale qui bat chaque nuit à Rungis et les futiles défilés de haute couture qui rassemblent une autre catégorie sociale ; il y a les parigots habitant le même quartier depuis des générations et l'immigré camerounais que l'on suit jusqu'à son arrivée à Paris ; et surtout, il y a la mort soudaine de la vendeuse de Rungis à laquelle on assiste, et la mort attendue de Pierre (Romain Duris), qu'on ne verra pas...

Et puis, il y a cette envie de s'élever de ces gens qui souvent se retrouvent au sommet de tours, qui s'élèvent pour observer, contempler, disperser, se souvenir, jusqu'à la scène finale où Pierre, quasi allongé dans ce taxi, comme transporté dans un corbillard, lèvera les yeux au ciel pour contempler Paris depuis le bas pour une fois, et avec ce sourire aux lèvres... C'est incontestablement une sacrée distribution, avec sans surprise la spontanéité rayonnante de Juliette Binoche et les scènes animées par un Fabrice Luchini irrésistible.Certains sortent de la salle le sourire aux lèvres, moi c'était plutôt en pleurant à chaudes larmes... mais ça ne fait pas de mal, et ça faisait longtemps.J'ai aimé ce film... assez "capital" et sans conteste très émouvant.
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