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Fuite du coton camerounais vers le Nigeria

Publié le 12 septembre 2011 par 237online @237online

Écrit par aproca   

Lundi, 12 Septembre 2011 08:45

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Fuite du coton camerounais vers le Nigeria
Les dispositions prises par la SODECOTON et la CNPC-Cameroun et l'Etat avaient pour objectif de relancer la filière coton Camerounaise. Ces dispositions étaient : L'assainissement de la liste des producteurs ; La sécurisation du crédit de campagne à travers le nouveau type des cercles de caution et la mise en place des équipes techniques dans les GP ; L'augmentation du prix du coton graine à 200 FCFA/kg de coton graine (prix le plus élevé en Afrique francophone) ; La subvention des engrais par l'Etat à hauteur de 6,8 milliards de FCFA ; La mise en place des unions et Fédérations des unions des producteurs. Le climat a également contribué favorablement : les pluies étaient plus ou moins bonnes et régulières.

Ces conditions ont permis à la SODECOTON et à la CNPC-Cameroun de prévoir une production estimée à 160 000 tonnes de coton graine.

L'entrée en jeu du géant Nigérian

Depuis le mois de janvier, les signaux prévisionnels de la saison agricole cotonnière clignotent au rouge. Une inquiétude qui s'est vite confirmée le 10 mars 2011 lors du bouclage de la saison cotonnière dans la région de Maroua-Nord regroupant une partie des producteurs du Diamaré, du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga. Ici, le constat est net : une importante partie du coton camerounais est clandestinement écoulée au Nigeria par des intermédiaires et trafiquants bien armés, organisés et qui n'hésitent pas à défier les forces de sécurité.

L'ampleur de la contrebande du coton est sans précédent. Finalement, ceux qui ont vendu le coton au Nigeria, n'ont pas aussi payé leur redevance de forfait de l'année dernière.

Depuis le mois de janvier, ce qui a conduit les planteurs à vendre leur coton au Nigeria, c'est le problème de prix. La Sodecoton achète le coton à 200 Fcfa et les trafiquants nigérians à 500 pour le kilogramme livré à la frontière côté Nigéria. Est-ce que c'est le producteur de coton camerounais qui gagne cette valeur ajoutée ?

Des aspects encore plus négatifs : une valeur ajoutée captée par les intermédiaires.

Les seuls planteurs bénéficiant pleinement de la hausse des prix sont ceux capables de livrer par leurs propres moyens leur coton aux centres de collecte des Nigérians or c'est rare de voir un producteur transporter lui-même son coton au Nigéria. Pour la majorité des producteurs de coton, la valeur ajoutée est captée par les intermédiaires entre acheteurs nigérians et planteurs camerounais, coincés dans une relation créancier-débiteur. Au final, les planteurs profitent peu de cette arrivée du marché nigérian.

En outre, la demande nigériane est à l'origine d'un mouvement de vols de coton et de conflits dans les Groupements de producteurs : faute d'accéder à la terre ou à des emplois alternatifs, certains tendent à voler le coton des autres producteurs pour les vendre aux intermédiaires Nigérians.

L'impact négatif

L'économie locale et nationale est ébranlée (manque des tourteaux de coton pour les animaux d'elévage, d'huile Diamaor, etc..), perte énorme d'emplois. Les incidences sont plus inquiétantes pour les années à venir, car le manque des sous-produits va se ressentir crucialement.

Les producteurs en impayés ne peuvent plus être membres de « cercles de caution solidaire » reconnus par la CNPC -Cameroun et par la SODECOTON et ne pourront pas bénéficier du crédit agricole et autres avantages.

Ainsi, les gains obtenus par les fraudeurs se sont fait sur le dos des producteurs ayant respecté leurs engagements contractuels.

Certaines Unions et Fédérations seront appelées à disparaître ou à fusionner. Leurs bureaux devront être intégralement renouvelés après assainissement de l'ensemble des groupements qui les composent.

La « fonction crédit agricole » de la CNPC-Cameroun est très fragilisée car après 2,5 milliards Fcfa d'impayés cumulés au cours des campagnes agricoles 2005/06 à 2009/10, elle se retrouvera avec un nouvel impayé de 3 milliards Fcfa sur la campagne agricole 2010/11 heureusement la situation des impayés à fin juin est revue à 500 millions de francs cfa sur la campagne 2010/2011.

Conclusion

Pour l'avenir, il faut développer des actions collectives en vue de combattre définitivement ce fléau qui menace la filière coton Camerounaise. Par ailleurs nous proposons à la Direction Générale de la SODECOTON de se pencher longuement sur cette problématique en créant une relation contractuelle avec les chefferies traditionnelles des zones à fuite de coton qui auront à combattre ce phénomène, de primer les producteurs ayant respecté les clauses des contrats de partenariat en vue d'une meilleure motivation. Un accent particulier devra être accordé aux relations de partenariat gagnant - gagnant avec les autorités administratives, les forces de maintien de l'ordre et les services de douanes.


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