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La forêt des Mânes, Jean-Christophe Grangé

Par Craklou

J'ai dévoré Miserere cet hiver, mais il fait malheureusement partie des romans que j'ai lu il y a trop longtemps pour vous en faire une critique, ou alors à l'occasion d'une relecture. J'ai lu trois ou quatre autres Grangé il y a quelques années, avec plus ou moins de succès. Bref, c'est toujours une surprise avec cet auteur de savoir comment la lecture va se passer. Suspense...

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A Paris, Jeanne Korowa, brillante juge d'instruction à la vie affective désastreuse enquête avec François Taine sur une série de meurtres particulièrement sauvages : démembrements, cannibalisme, et mises en scène macabres. Trois plantureuses Vénus atrocement dévorées, trois tableaux sanglants entre rituel et folie. Abusant de son autorité, Jeanne fait installer des micros dans le cabinet d'Antoine Féraud, le psychanalyste qui reçoit chaque semaine son ex petit ami, et tombe par hasard sur une séance étrange où un père révèle les pulsions sanguinaires de son fils autiste et son passage à l'acte. Autisme, fécondité, préhistoire : trois pistes qui mèneront Jeanne, au Nicaragua, au Guatemala, puis dans les marais argentins. Au terme de sa quête, dans la forêt des Mânes, elle découvrira une vérité qu'on aurait préféré ne jamais connaître.

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Comme à son habitude, Grangé nous emporte dans un monde pas si paranormal que ça, malgré les apparences. Comme à son habitude, des meurtres absolument atroces entraînent le lecteur à la poursuite d'un tueur carnassier (il faut savoir changer des nazis, et des dictateurs africains). Comme à son habitude, les révélations valent le détour.

Vous avez compris, trop de Grangé tue (parfois) le Grangé. L'auteur a découvert une recette qui marche plutôt bien, il faut le reconnaître, et s'emploie méthodiquement à nous la reservir avec un nouveau couple coupable/enquêteur. Ca a des bons côtés, j'ai été agacée dans la prochaine lecture dont je vous parlerai d'accrocher carrément à l'histoire mais d'y trouver un style assez inexistant : certes Grangé n'est pas Proust, mais je trouve personnellement qu'il déploie dans ses romans un style fluide et très agréable à lire, avec un mélange assez homogène de descriptions, dialogues et intrigues. C'est encore une fois le cas ici, et c'est plutôt plaisant. En revanche, si l'intrigue n'a rien, en soi, de déjà vu chez lui, ses mécanismes en revanche me semblent un peu usés ; par ailleurs, j'ai un poil regretté, et il me semble que ce n'était pas le cas dans d'autres de ses romans, que l'auteur fasse beaucoup (trop) appel au hasard : en témoigne par exemple la façon dont Jeanne se trouve mêlée à l'histoire (c'est à dire en mettant sur écoute le psy de son trompeur de copain et en assistant depuis chez elle à toutes les séances dudit psy, même celles ne concernant pas du tout chéri-chéri, tout ça combiné au fait que son collègue/super ami se retrouve saisi de l'affaire et l'invite sur le coup en espérant un peu plus qu'un apéro amical à charge de revance). Bon, on est d'accord, c'est un peu gros.

Le personnage de Jeanne m'a absolument agacée, mais c'est plus une question de personnalité que d'écriture ; ça ne m'a dont pas empêché d'apprécier l'histoire (contrairement à certain(e)s d'entre vous).

Donc, pour un petit bilan, 1 - un soupçon de déjà vu pour les mécanismes de la narration et une once d'intrigue tirée par les cheveux, 2 - un thriller assez haletant tout de même, et ce ne sont pas les quatre heures de train pendant lesquelles je l'ai dévoré qui diront le contraire (surtout si on considère que même deux bouteilles de coca light n'ont pas réussi à me faire quitter mon fauteuil tant j'avais hâte de comprendre l'histoire). So : un Grangé que je ne mettrai pas au niveau de Miserere par exemple, mais qui se lit assez agréablement (d'autant plus j'imagine si ce n'est pas le 4e ou 5e que vous dévorez ; à ce point là, il est sans doute illusoire d'ailleurs de vouloir que l'auteur reparte systématiquement sur une autre façon de constuire ses intrigues surtout quand onr este dans le même registre "thriller").


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