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La double guerre des boutons

Par Abelcarballinho @FrancofoliesFLE

Suicidaire ? Absurde ? A l'occasion de la sortie quasi simultanée de deux “Guerres des boutons” qu'on peine à distinguer, retour sur ces batailles de reprise qui égrènent l'histoire du cinéma.

A ma droite, La Guerre des boutons. A ma gauche, La Nouvelle Guerre des boutons. C'est le match du mois, entre les deux adaptations concurrentes du fameux livre de Louis Pergaud. La version de Yann Samuell, avec Alain Chabat, est la première à monter sur le ring - pardon, à sortir en salles -, le 14 septembre. Prévu, à l'origine, pour la fin du mois, le second film, signé Christophe Barratier (avec Kad Merad), s'est aligné en hâte, pour le 21 septembre.

Ce n'est pas, loin s'en faut, la première fois que les spectateurs voient double : souvenez-vous de la « guerre » des libertins qui opposa Les Liaisons dangereuses, de Stephen Frears, et Valmont, de Milos Forman, d'après le roman de Choderlos de Laclos. Aucun domaine n'a échappé à l'effet doublon : le fait divers (L'Adversaire, de Nicole Garcia, et L'Emploi du temps, de Laurent Cantet), le « biopic » (Truman Capote et Scandaleusement célèbre), l'animation (Fourmiz et 1 001 Pattes). Même Blanche-Neige fait actuellement à Hollywood l'objet de deux projets différents. Parfois, l'un des « concurrents » renonce, tel le cinéaste Baz Luhrmann, qui abandonna Alexandre le Grand à Oliver Stone...

LA GUERRE DES BOUTONS de Yann Samuell - Sortie le 14 septembre 2011
Avec Eric ELMOSNINO, Mathilde SEIGNER, Fred TESTOT, avec la participation d'Alain CHABAT
Adapté du bestseller français au succès international, LA GUERRE DES BOUTONS est une comédie familiale tendre, drôle et poignante, qui traite avec finesse et profondeur les thèmes de l'indépendance et de la solidarité, des petites et grandes batailles de l'enfance, et du passage à l'âge adulte.



Bande-Annonce HD de La nouvelle guerre des boutons, le 21 septembre au cinéma, réalisé par Christophe Barratier avec Laetitia Casta, Guillaume Canet, Kad Merad et Gérard Jugnot.


Mars 1944. Alors que la planète est secouée par les soubresauts de la guerre mondiale, dans un petit coin d'une campagne française se joue une guerre de gosses... Car, depuis toujours, les gamins des villages voisins de Longeverne et Velrans s'affrontent sans merci. Mais, cette fois, leur guerre va prendre une tournure inattendue : tous les petits prisonniers se voient délestés des boutons de leurs vêtements, en sorte qu'ils repartent presque dénudés, vaincus et humiliés. Ce conflit porte désormais un nom : la « guerre des boutons ». Et le village qui aura récolté le plus de boutons sera déclaré vainqueur... En marge de ce conflit, Violette, une jeune fille d'origine juive, fait battre le cœur de Lebrac, le chef des Longeverne. La véritable origine de Violette sera-t-elle dénoncée et découverte ?

Les producteurs des deux Guerre des boutons (Marc du Pontavice et Thomas Langmann), eux, ont joué le bras de fer jusqu'au bout. Pis : jusqu'ici, chaque fois que deux films traitaient le même sujet, ils s'arrangeaient pour ne pas se croiser. Par exemple, Coco avant Chanel, d'Anne Fontaine, et Coco Chanel et Igor Stravinsky, de Jan Kounen, sont sortis à plus de huit mois d'intervalle. Cette fois, la lutte pour les faveurs du public sera impitoyable. C'est d'autant plus étonnant et suicidaire qu'on ne saisit pas bien l'urgence de reprendre (deux fois !) cette histoire malicieuse, mais totalement datée et rétro (Pergaud l'écrivit en 1912, Yves Robert l'adapta avec talent en 1962). Du rififi pour rien dans le cinéma de papa ?
source: Telerama.fr


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