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Le mardi c'est permis

Par Lecturissime

sans-un-adieu.jpgCette semaine je me suis intéressée aux meilleures ventes de romans policiers et notamment au maître du genre : Harlan Coben. J’ai donc opté pour le dernier sorti en poche « Sans un adieu ».

Ca commençait mal car dans l’avant propos l’auteur a devancé mes critiques en soulignant qu’il s’agissait d’une « œuvre de jeunesse », écrite quand il était encore je cite « ingénu » (non ce n’est pas une blague, il n’est plus ingénu…) :

« Je suis sans doute trop sévère, mais ne le sommes-nous pas tous avec nos œuvres de jeunesse ? Rappelez-vous cette dissertation que vous avez commise au lycée : vous avez eu la meilleure note de la classe, le prof a parlé d’ « inspiration », et puis, un jour, vous tombez dessus en fouillant dans un tiroir, vous la relisez et vous vous dites, atterré : « Bon sang, mais qu’est-ce qui m’a pris ? » » dit-il.

Du coup maintenant il a trouvé la solution : il ne relit pas ses romans, parce qu’on a beau dire les bonnes notes comme les bonnes ventes, on s’y habitue très vite…

Bref je me souviens d’avoir lu dans ma prime jeunesse quelques romans de lui, et sincèrement, je n’ai pas vu de différences entre ces œuvres plus « matures », et ce "jeune" roman…

L’histoire est on ne peut plus alléchante : prenez un couple béni des dieux tous les deux beaux et …c’est tout, beaux quoi. Ah non riches aussi, ça c’est important, très riches même. Quand même Laura « n’était ni aveugle ni stupide. Elle n’avait qu’à se regarder dans une glace pour comprendre ce que les autres lui trouvaient. Peu à peu, elle finit par accepter sa beauté. Par l’un de ces étranges retournement du destin, l’écolière ordinaire et boulotte était devenir top model. Tout le monde voulait l’approcher, lui ressembler… voilà que soudain elle avait des amis partout. Elle en vint à se méfier des gens, à douter de leurs motivations réelles. » (p. 28) Donc nous dirons beaux, riches et un peu intelligents... (un peu)

Enfin bref Laura a trouvé David –ou l’inverse je ne sais plus- et ils passent tout le début du roman à se dire des choses très intelligentes et profondes :

David : « Je t’aime, laura. Plus que tu ne saurais l’imaginer. » (p.63) « Tu crois que ta beauté m’aveugle, qu’on ne peut t’aimer que pour ton physique ? Conneries tout ça. » (p.108)

Laura : « Je te promets de prendre bien soin de toi » (p.21)

David « Vieillissons ensemble, Laura, et je te promets de te rendre heureuse jusqu’à la fin des temps. » (p.22)

Laura : « Je ne laisserai pas mon mari ne serait-ce qu’une seconde. » (p.19)

David : « T’ai-je dit que tu avais des jambes superbes ? » (p.19)

Laura : « J’ai peur de ce que je ressens, hoqueta-t-elle, la poitrine secouée de sanglots. Je t’aime tellement. » (p.109)

David : « Bas noirs et porte-jarretelles sont sur le lit. Mets-les et attends-moi, ma petite coquine. » (p.31)

David : « Je t’aimerai toujours, ne l’oublie pas. » (p.32)

Avez-vous bien compris ? Je pense que c’est essentiel de comprendre combien l’amour de David pour Laura et de Laura pour David est profond, sinon vous ne pourrez pas suivre la suite de l’histoire, donc est-ce bien clair ou vous en voulez encore ??? Allez pour le plaisir :

Laure : "Ne me quitte plus jamais, murmura-t-elle.

David : -Jamais. je te le jure." (...) "Je t'en prie, dit-il d'une voix douce, jure-moi que ce n'est pas un rêve."

Mais bababoum, malheur : David va mystérieusement disparaitre  (vous me direz face à tant de mièvreries, moi aussi je serais tentée de disparaitre...)

Bref, c’est là que commencent le « Suspense magistral, intrigue machiavélique à souhait, tension psychologique à son comble. » annoncés par l’éditeur.

Suspense magistral :

« Comment aurait-elle pu savoir qu’elle ne les reverrait jamais ensemble ? » (p. 481)

"Puis elle le regarda repartir en emportant son bien le plus intime, sans savoir qu'elle ne le reverrait jamais." (p. 330)Mais que va-t-il bien pouvoir se passer ??? Suspense...

Tension psychologique à son comble :

« Comment as-tu pu faire une chose pareille à papa ? Comment  as-tu pu lui mentir ainsi ? » oui, comment ????

«  A situation désespérée, solution désespérée. Dans ce cas, ça signifiait tuer. Il ne reculerait pas devant l’horreur de la tâche. Ses sentiments personnels devaient être mis de côté. » (p. 531) Oui vas-y tue-le...

Intrigue machiavélique à souhait :

« Son cœur cognait dans sa poitrine. La vérité se révélait encore plus tragique que tout ce qu’elle avait jamais pu imaginer. » (p. 513) Ah ça ! Si vous saviez ! Du grand art ....

Et la conclusion nous éclaire brillamment sur le monde et ses mystère : « Comme Judy le reconnaissait elle-même, l’amour rendait aveugle ; méchant et égoïste. Poussait à faire des choses dont on ne se serait jamais cru capable. » (p. 496)

Je vais vous dire, quand je sais que ce roman fait partie des meilleures ventes, moi ce qui me fait peur, ce n'est pas la disparition de David, mais l'existence de lecteurs capables de supporter ces pages...

 

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