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Guggenheim, le monstre sacré

Publié le 07 octobre 2011 par Lifeproof @CcilLifeproof

SERRA the matter of time 2004 Richard Serra, The matter of time, installation, 2004

Tous les accros à l’art, dont je fais partie, sont allés visiter au moins une fois le musée Guggenheim de Bilbao. Il y a encore quelques mois, ce lieu n’était pour moi qu’un rêve, un nom qui résonnait dans ma tête tel le Saint Graal.

Désormais, je peux le dire « j’y étais » !

Très souvent, dans ce type de situation où l’attente est très forte, le risque d’être déçu est énorme. Il n’en fut rien : whaouh !

Une fois passée la surprise de voir enfin, et en vrai, cette architecture hallucinante de Frank Gehry, on pénètre dans l’antre et on tente de comprendre comment tout cela tient. Les murs intérieurs sont également tout en courbes spiralées mais blancs, hé oui, nous sommes dans un musée ne l’oublions pas et la déco « white cube » domine.

A chaque changement d’espace, je me penche à la balustrade pour comprendre où je me situe dans l’édifice. Je ne le comprends jamais tout à fait et j’en suis ravie.

Par contre, en regardant par la baie vitrée, j’ai vu de très près les fines plaques de métal brillant tout simplement jointes les unes aux autres et qui forment la fameuse coque étincelante, marque de fabrique et de reconnaissance de ce musée.

Pour rajouter une couche à ma déstabilisation physique, j’entre dans la salle consacrée à Richard Serra. D’immenses sculptures de fer, également en courbes, me font complètement tourner la tête. L’artiste a créé des sortes de labyrinthes où telle Alice aux pays des merveilles, j’ai suivi le lapin blanc. Bien que n’ayant pas mangé de gâteau, il m’a semblé être bien petite entre ces lames d’acier.

Expérimenter le temps, là est le but de l’artiste, c’est d’ailleurs pour cette raison que cette installation permanente de huit sculptures se nomme La Matière du temps.

 

John Bock, PALMS 2007
John Bock, Palms, installation, 2007

Autre œuvre vertigineuse, Palms de John Bock, l’artiste le plus baroque du XXIè siècle dont les œuvres ne cessent de me surprendre. Du coffre d’une vieille voiture américaine des années 1950 sortent des tentacules rouges monstrueuses et luisantes. Aussi énigmatique que foisonnant, ce travail met au défi toute tentative de description voire d’interprétation. Le plus important me semble être l’énergie déployée par l’artiste. Force est de constater qu’une œuvre de John Bock se vit mais ne se raconte pas.

Nous terminons l’expérience dans une caverne factice comme il se doit dans le monde culturel et non naturel du musée. Thomas Hirschhorn a encore frappé à coups de kilomètres de gros scotch marron et de tas de livres de philosophes et autres penseurs de notre civilisation. La lumière artificielle des néons ne permet pas de filer la métaphore platonicienne mais nous évite des chutes malheureuses qui auraient pourtant rendu heureux Jean-Baptiste Clamence.

Le lapin n’est plus en retard, moment de grâce en milieu muséal.


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