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salut l'artiste !

Publié le 09 octobre 2011 par Newwavehooker
salut l'artiste !
Je ne suis pas fan de U2, je m'en fous un peu, mais j'aime beaucoup ce que dit Bono sur Steve Jobs dans une interview donnée à Rolling Stone :
"La grande leçon pour le capitalisme c'est que Steve Jobs n'a jamais pensé que les consommateurs avait raison, mais que LUI avait raison...et que les consommateurs respecteraient un point de vue esthétique et un parti pris fort, même si ce n'était pas ce qu'ils avaient demandé" Effectivement, c'est ce qu'on attend en premier lieu d'un artiste, mais rarement d'un industriel. Et c'est malheureusement le cas aujourd'hui dans la musique en général, on voit de plus en plus de "produits" à destination d'un marché, d'un public, et d'une cible plus que de véritable prise de parole, de créativité libre et personnelle. Effectivement, Steve Jobs est certainement plus proche de Bowie ou Jimi Hendrix que Will.i.am ne peut l'être. Il était certainement plus artiste dans l'âme que beaucoup d'artistes aujourd'hui. Ses choix, ses motivations, ses idées étaient fortes, franches, sans états d'âme, que ça nous plaise ou non. Pourquoi un culte aussi important autour de Apple et de Steve Jobs ? Sûrement cette petite dose de prise de risque et d'entêtement à sortir des objets contre toute attente et contre l'avis des experts. La sortie des iMac, iPod, iPhone, iPad, a souvent été source de moquerie pour beaucoup de journalistes, d'experts ou de consommateurs : "Ca ne fonctionnera jamais", "cet appareil ne sert a rien" " ce design est bizarre" "c'est un objet inutile", "c'est trop cher", etc etc.. Le but n'est pas de savoir si le marketing d'Apple est bon ou mauvais, ne venez pas me faire des commentaires sur la société de consommation, ou du blabla d'altermondialiste, le truc c'est de se rendre compte que dans chaque révolution numérique, qu'il y ait eu des concurrents avant ou après, la vraie révolution s'est faite autour de ce qu'avait imaginé Steve Jobs et Apple et pas de ce qu'attendaient les clients ou les études de marchés. Aussi cool que le marketing ait rendu Apple, personne n'a jamais été obligé d'acheter un iPod pour écouter de la musique, et pourtant, le design, la maniabilité et l'écosystème créé avec iTunes en a fait un leader. Il y avait des lecteurs mp3 avant, il y en a eu après, et des moins chers, rien n'y a fait. Que la firme soit leader ou pas, elle a donné le La. Quand Kevin Gage vice-président de Warner teck lança sa présentation powerpoint pour expliquer sa vision du business du Mp3 début 2000, la seule réponse de Jobs avant même qu'il ait terminé fut "You've got your head stuck up your ass"...pas besoin de traduction..Stevie Rotten ! Qui avait un "appstore" pour son téléphone avant le iPhone ? Et maintenant ? N'importe quel constructeur le fait. Le iPad ? "trop cher, pas assez de connectivité, un ordinateur portable peut mieux faire et moins cher..." et pourtant aujourd'hui toutes les marques veulent sortir leur tablette. Bref, l'idée n'est pas ici de faire un article sur l'informatique ou de défendre la secte Apple, mais il faut reconnaître que le monde des appareils informatiques n'a jamais fait d'aussi grand pas que quand Apple se lançait dans la bataille. Pourquoi d'autres marques ne le font pas, ou peu ? Parce qu'elles n'ont certainement pas des visionnaires à leur tête. C'est parce qu'il faut avoir un vrai sens artistique, une certaine dose de folie, un égo sans faille et un sens de la dictature créative pour faire de grandes choses, plus que des études de marchés, des tests consommateurs et du marketing de foire. Dire que sa création est géniale et est la meilleure, et vouloir le prouver, est beaucoup plus noble que de dire qu'on va vous servir exactement ce que vous attendiez. Oui Apple est opaque, fermé, bizarre, mais la créativité de la marque, sa manière de communiquer à toujours été un peu en marge. On post rationalise tout aujourd'hui. Dès que quelque chose a marché, on joue les blasés : "c'était écrit", "c'est normal", "c'est le marketing"...blablabla... Qui aurait misé 1cts en 2001 sur la main mise du marché de la musique digitale par une firme qui ne fabriquait QUE des ordinateurs ? Pourquoi ce ne sont pas les maisons de disques dont c'est le métier qui ont inventé ce nouveau business, incroyable non ? Qui aurait misé 1cts en 2005 sur une révolution dans la téléphonie mobile drivé par une firme qui n'avait jamais fabriqué 1 seul téléphone ? Il faut rendre hommage à Jobs, car en tout capitaliste et homme d'industrie qu'il était, il avait sa vision des choses. Il avait sa manière de voir et il voulait l'imposer aux autres. Oui ce n'est pas vraiment très industriel comme démarche et l'homme n'était pas vraiment connu pour être très conciliant avec les demandes des clients, mais tant mieux. Si seulement aujourd'hui les musiciens et les artistes étaient un peu plus Steve Jobs. Créer une demande sur quelque chose qui ne nous avait pas traversé l'esprit, tout simplement inventer et s'exprimer plutôt que réciter. Libre à nous de choisir, mais qu'on nous propose des choses auxquelles nous ne pensons pas plutôt que de nous servir du déjà vu, déjà cuit déjà réchauffé pour être sur que cela répondra à nos envies. C'est sûr, il y a plus de chances de se planter, et c'est bien ça le pire aujourd'hui : la création ne veut plus imposer une nouvelle donne, la création veut être dans la tendance, et la tendance c'est de plaire à tous. Pour l'industrie comme pour l'art, ne pas être dans la tendance c'est prendre le risque de ne pas trouver son public. Mais c'est aussi peut être faire évoluer le monde que de vouloir être en marge et être déterminé à suivre SA voie jusqu'au bout. Aussi imposant que soit devenu Apple, Jobs suivait sa voie, sa vision. Donc respect.

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