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Poezibao a reçu n° 188, dimanche 9 octobre 2011

Par Florence Trocmé


Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.  
Devant l’afflux de livres, Poezibao n’est plus en mesure de présenter chaque livre reçu de façon détaillée. Tous les livres reçus seront donc cités mais une partie seulement d’entre eux fait l’objet d’une présentation plus complète, accessible en cliquant sur « lire la suite de… » 
 
•Georges Oppen, Poésie complète, José Corti 
•Martin Richet, L’Autobiographie de Gertrude Stein, Eric Pesty 
•Paul Blackburn, Villes, suivi de Journaux, José Corti 
•Dominique Quélen, Câble à âmes multiples, Fissile 
•Pascal Poyet, Draguer l’évidence, Eric Pesty 
dir. JF Chaussy et Eric Giraud, Contemporanéités de Gertrude Stein, Éditions des archives contemporaines 
•François Zénone, Le Ressassement, Fissile 
Revue Europe, n° 990, Walt Whitman 
•Guy Viarre, Descriptions du petit, Fissile 
•Léon-Gontran Damas, Black-Label et autres poèmes, Poésie/Gallimard

Sur ces dix livres, plus de détails en cliquant sur « lire la suite… » 
 
et aussi : 
Revue Doc[k]s, n° 13/14/15/16, sommaire complet 
revue États provisoires du poème XI, Cheyne Editeur, 20,50 € 
•Michael Lentz, Mourir de mère, Quidam éditeur, 16 € 
•Deborah M. Hess, Palimpsestes dans la poésie, L’harmattan, 22, 50 €, en savoir plus 
•Brigitte Maillard, La simple évidence de la beauté, Atlantica, en savoir plus, 8 € 
Revue Supérieur Inconnu, spécial Sarane Alexandrian, 12 € 
Revue Traction-Brabant, n° 42, en savoir plus 
 

•Georges Oppen, Poésie complète, traduction Yves di Manno, José Corti, 2011, 23 € - site de l’éditeur 
 
Né en 1908 dans l’État de New York, George Oppen passe une partie de sa jeunesse en Californie. À la fin des années 1920, il rencontre Charles Reznikoff et Louis Zukofsky, avec lesquels il fonde la confrérie secrète des « objectivistes », dans le sillage d’Ezra Pound et de William Carlos Williams. Avec Mary, la compagne de sa vie, il s’établit près de Toulon en 1930 : c’est en France que seront d’abord imprimés les livres de l’Objectivist Press, avant le retour à New York et la publication de son premier recueil : Discrete Series, en 1934. L’année suivante, Oppen adhère au Parti communiste américain et cesse totalement d’écrire, pour se consacrer à ses activités militantes. En 1942, il s’engage dans l’armée américaine et sera grièvement blessé durant la bataille du Bulge, seul survivant de sa patrouille. Après la guerre, victimes de la répression maccarthyste, George et Mary Oppen sont contraints de s’exiler au Mexique, où ils vivront jusqu’à la fin des années 1950. C’est là qu’Oppen renoue avec l’écriture, après vingt-cinq ans de silence. Il regagne le territoire américain en 1960 et son deuxième recueil : The Materials, paraît en 1962, suivi de This in Which (1965), puis de Of Being Numerous (1968), son livre majeur, qui lui vaut le prix Pulitzer. Son influence s’étend sur une nouvelle génération de poètes, à mesure que les « objectivistes » reviennent sur le devant de la scène. Ses Collected Poems sont réunis en 1975. Un ultime recueil : Primitive, s’y ajoute en 1978. Il s’éteint en 1984, au terme d’une longue maladie. 
 
 
•Martin Richet
, L’autobiographie de Gertrude Stein, Eric Pesty, 2011, 14 € 
 
Ce portrait de Gertrude Stein, le livre de Martin Richet le construit à travers diverses formes, souvent minimales : quatrains composés de vers d’un mot, palindromes, acrostiches sur le nom de l’auteur, traductions litterales ou déplacées par la postérité de Stein… (prière d’insérer) 
 
 
•Paul Blackburn
, Villes, suivi de Journaux, traduit par Stéphane Bouquet, José Corti, 2011, 22 € - sur le site de l’éditeur 
 
Publié en 1967, Villes est le premier livre de taille de Paul Blackburn. Il regroupe des poèmes écrits dans les années 50 et 60 et le livre est organisé si l’on peut dire géographiquement : New York – la France (qu’il n’aime pas tellement, voire qu’il déteste) – New York – l’Espagne (qu’il aime beaucoup) – New York. Les poèmes sont très majoritairement écrits autour de trois motifs : l’errance dans les rues & les parcs ; les femmes ; les voyages en train et en métro.
À partir de la fin de 1967, Paul Blackburn commença de composer des poèmes au jour le jour. Ces années-là semblent marquer une sorte de pause heureuse dans sa vie, induite par la rencontre de Joan et la naissance de son fils Carlos, en 1969, lesquels sont des personnages récurrents de ces pages. En décembre 70, on diagnostique un cancer de l’œsophage à Paul Blackburn. Il continue à écrire, et à fumer, considérant la mort avec un détachement volontaire. Après sa mort, Robert Kelly réunira les poèmes épars dans le volume de Journal
 
 
•Dominique Quélen
, Câble à âmes multiples, Fissile, 12 € 
 
« D'un doigt expert éprouver le tranchant. Parfait. Rien qui accroche. Aucune trace de corrosion. Servira à larder de trente ou quarante coups. Ce sera au praticien à déterminer le nombre exact. » 
Sur ce livre, lire cette note sur le site Sitaudis 
 
 
•Pascal Poyet, Draguer l’évidence, Eric Pesty, avec un CD, 15,50 € 
 
« L’on inscrirait volontiers le travail de Pascal Poyet dans une mouvance informelle d’écriture, mais pourtant assez repérable d’auteurs pour lesquels la grammaire (au sens linguistique aussi bien) reste un champ d’investigations toujours neuf : aux côtés donc de Bénédicte Vilgrain, Marie-louise Chapelle, Emmanuel Fournier ou Anne Parian…. » 
 
 
dir. JF Chaussy et Eric Giraud, Contemporanéités de Gertrude Stein, Éditions des archives contemporaines 
 
Parmi les écrivains associés à ce vaste aréopage qu’on nomme la Modernité, Gertrude Stein est sans doute une de celles, sinon celle, qui résiste encore le plus, aujourd’hui, aux lectures convenues. Marquée par une poétique intransigeante, volontairement en marge de toutes formes de stéréotypes littéraires, l'œuvre de Stein, sans concession, rend parfois perplexe les lecteurs peu habitués à sortir des sentiers battus. Rares sont les œuvres qui divisent encore à ce point les littéraires. De plus, personnage flamboyant, attisant les haines aussi bien qu'elle attirait les fidèles, elle aura eu son premier succès public à soixante ans avec un livre, Autobiogaphie d Alice Toklas, qui, aussi remarquable soit-il, provoqua un malentendu en ce qu'il reste encore le plus accessible de cette œuvre protéiforme. Comment lire, traduire et écrire Gertrude Stein, aujourd'hui? Comment expliquer la fascination, la passion, aussi bien que l'incompréhension qu'elle peut encore provoquer? Ce livre, issu d'un colloque qui a eu lieu à Montréal en septembre 2008, vise justement à faire le point sur cette œuvre grâce à l'apport d’une foule de spécialistes en provenance de France, des États-Unis, du Québec aussi bien que du Canada anglais. Les textes abordent l'abstraction et la complexité de ce travail, les difficultés et les enjeux de sa traduction, sa logique poétique et langagière, les influences qui s'y dessinent, et des sujets encore peu abordés comme le rapport de Stein à la judaïté ou à la politique. Il s'agit d’une somme importante qui permet de faire le point à travers des regards multiples, à défaut d'une lecture totalisante à laquelle l'œuvre ne peut que se refuser, de toute manière. Gertrude Stein (1874-1946)  
Née à Alleghany (Pennsylvanie) dans une famille d'émigrants juifs allemands, Gertrude Stein a passé son enfance en Californie (Oakland), puis a suivi les cours de psychologie de William James à Radcliffe College (Harvard) avant de commencer des études de médecine à l'université John Hopkins qu'elle interrompt en 1901. Immigrant en France en 1904, détachée du territoire de sa langue maternelle, coupée de sa matrice culturelle et linguistique, elle se détache également de la langue de son territoire d’expatriation, le français, en ne lisant et n'écrivant presque exclusivement que dans un anglais qu’elle se réapproprie de façon singulière. Le domicile de Gertrude Stein et de sa compagne Alice Toklas, le 27 rue de Fleurus et son importante collection d'art, devient le salon de l'avant-garde américaine et européenne. L'œuvre moderniste de Gertrude Stein expérimente de façon inédite le langage et une multiplicité de genres : prose, poésie, autobiographie, essai, portrait verbal et théâtre
 
•François Zénone
, Le Ressassement, Fissile, 2011, 10 € 
 
« non prémédité / le ressaut / d'une phrase / dont je ne mesure pas / la distance prise pour me rejoindre »  
 
 
Revue Europe, n° 990, Walt Whitman 
 
Le sommaire complet de ce numéro qui comporte deux importants dossiers, l’un sur Walt Whitman, l’autre sur Paul de Roux 
 
 
•Guy Viarre
, Descriptions du petit, (aphorismes), édition définitive augmentée de nombreux inédits et accompagnée de dessins de Daniel Nadaud, 104 p., 15 €. Fissile 
 
« Cadavre des auteurs. Et des plus grands. Qui ont brûlé leur cervelle en laissant à leurs mauvais papiers le soin de tout dire, de tout justifier, et même l'injustifiable. » 
 
 
•Léon-Gontran Damas
, Black-Label et autres poèmes, Poésie/Gallimard, n° 469, 160 p., 5 €
 
Avec ses amis Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas est considéré comme le troisième « père fondateur » du mouvement de la négritude.
Né à Cayenne en 1912, il connaît une enfance chaotique, et son parcours scolaire puis universitaire le mène successivement à Fort-de-France, à Meaux, à Paris. C’est là qu’il prend pleinement et douloureusement conscience de son identité « nègre », celle-ci s’exprimant dès ses premiers poèmes avec le soutien des surréalistes, notamment de Robert Desnos, en 1937, sous le titre de Pigments. Animateur du « Mouvement de la renaissance guyanais », il se lance dans l’action politique.
Il est élu député de 1948 à 1951, puis opte pour une carrière de journaliste. Il multiplie les conférences à travers le monde, compose une anthologie des littératures francophones d’outre-mer et, finalement, accepte un poste d’enseignant à l’université Howard de Washington où il meurt d’un cancer de la gorge en 1978. L’œuvre poétique de Léon-Gontran Damas exprime, clame, revendique un profond sentiment d’appartenance raciale, mais sans éclats lumineux ni accents triomphants.


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